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Le bruit des avions est-il négociable ? (2001)

Analyse secondaire de 84 entretiens qualitatifs issus de trois pré-enquêtes psychosociologiques de 1998 portant sur le vécu des situations sonores par les riverains des aéroports d'Orly et de Roissy-CdG)

 

 

 

Contrat ADEME N° 99 10 037

   

1 ‑ Introduction et hypothèses                            
1.1 Exposé de la problématique                                 
1.2 Les dix principaux sites retenus                                        
1.3 Déroulement de cette étude                                                
1.3.1 Limitations imposées par « le terrain »                                                    
1.3.2 Échec d’enquêtes informelles en milieu sinistré                         
1.3.3 L’impact des accidents                                                            

2 ‑ Objectif de l’étude : l'analyse secondaire des trois préenquêtes de 1998 
2.1 Le dégagement d’un tronc commun entre les trois préenquêtes             
2.2 Le recodage de variables intermédiaires en vue des analyses factorielles        

3 ‑ La structure de l'échantillon                    
3.1 L'incidence des variables sociologiques                                 
3.2 Les tris à plat des 84 dossiers                                 

4 ‑ Les attitudes des 84 interviewés selon les trois groupes issus de l'ACP  
4.1 L'analyse factorielle des correspondances : hypothèses de travail et choix des variables    
4.2 Résultats de l'analyse factorielle des correspondances : trois groupes d'attitudes    
4.3 Les sites et les individus selon les trois groupes d’attitudes          
4.4 Les « cas » du groupe A : faiblement gênés par le bruit d'avions         
4.5 Les « cas » du groupe B : fortement gênés par le bruit d'avions                 
4.6 Les « cas » du groupe C : moyennement gênés par le bruit d'avions        

5 ‑ Conclusions            
5.1 Les différences entre cette synthèse sur 84 cas et les trois préenquêtes      
5.2 Les trois groupes d’attitudes issus de l’ACP                                     

6 ‑ Annexes                    
6.1 Comptes-rendus des 84 entretiens, par groupe de gêne         
6.2 Construction de l'indicateur de « territorialisation », « TRT »       
6.3 Construction de l'indicateur de qualité de vie « IQV »
6.4 Recodage de l'identité des 84 interviewés                        
6.5 Variables présentes dans les trois groupes de l'ACP (actives et passives)   

 

 

   

1 ‑ Introduction

   
   

1.1 Exposé de la problématique

   
   

En 1998 la DGAC a effectué un grand sondage auprès des riverains des aéroports de la région parisienne, en prévision des remous que ne manquerait pas de susciter le choix, imminent, entre une nouvelle piste à Roissy ou un nouvel aéroport ailleurs en région. Trois préenquêtes qualitatives (psychosociologiques) furent confiées à trois équipes aux approches méthodologiques relativement différentes, afin de préparer ce grand sondage. L'objet de cette commande était de décrire les attitudes psychosociologiques des riverains d'Orly et de Roissy soumis à différents niveaux de bruit d'origine aéronautique, de les analyser et d'en déduire une typologie. Pour cela, des entretiens explorant les divers champs psychosociologiques nécessaires au diagnostic de gêne ont été menés auprès d'un échantillon de trente personnes réparties sur dix sites autour des aéroports d'Orly et de Roissy. L'analyse des résultats de ces entretiens a tenu compte des différents types d'habitat (individuel, collectif...), de la catégorie socioprofessionnelle des habitants ainsi que de l'exposition au bruit des avions. Les trois équipes étaient l'INRETS, l'IPSHA et Europsyt. Ces équipes recueillirent respectivement 28, 30 et 26 entretiens utilisables, dont l’analyse de contenu est exposée dans trois rapports séparément (1). L'ADEME a chargé l'IPSHA en juin 1999 de procéder à la synthèse de ces rapports, et des 84 entretiens. Concernant cette analyse secondaire et la synthèse des entretiens des trois préenquêtes, la lettre de commande de l’ADEME définit ainsi notre rôle :
« L’IPSHA (Manuel Periáñez), sera principalement responsable de la relecture critique des enquêtes de la phase exploratoire, en collaboration avec les deux autres équipes retenues si possible, et de compléter une analyse la plus ouverte possible sur le plan de la caractérisation de la gêne, en la rapportant aussi finement que possible aux caractéristiques acoustiques des lieux d’enquête ».

 

1 - Bruno Vincent, Michel Vallet, novembre 1998, Entretiens qualitatifs auprès de riverains de l’aéroport Charles de Gaulle Roissy-en France, et proposition de questionnaire, INRETS, rapport LTE n°9807 ;
Yves Lescot, Pierre Barjonet, C. Philips-Bertin, avril 1999, Etude des représentations sociales du bruit et des stratégies d’adaptation aux nuisances sonores : le cas de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, Europsyt-France ;
Manuel Periáñez, octobre 1998, Analyse des attitudes psychosociologiques liées aux situations sonores des riverains des aéroports d’Orly et de Roissy-CdG, IPSHA, commande DGAC n°98002375.

   

1.2 Les dix principaux sites des trois enquêtes de 1998

   
   

Les dix sites des trois préenquêtes de 1998 figurent dans la colonne centrale du tableau ci-dessous (l’équipe LTE a fait trois enquêtes à Deuil, Roissy et Mitry-Mory, lieux non-prévus au départ).
La compilation des plaintes « aéronautiques »  des 30 entretiens de la préenquête IPSHA avait fait apparaître un classement subjectif par ordre de gêne décroissante tout à fait étonnant quant à l’indépendance entre la gêne exprimée, la distance aux pistes, et l’indicateur LAeq de 1997 (repérage approximatif sur les cartes du bruit fournies par la DGAC, non disponibles pour la zone Orly) :

   
   

Gêne subjective

SITES

LAeq 1997

 

fort bruit d’avions

St Mard (à 13 km à l’Est de Roissy‑en‑France) ;

55-60

Le Mesnil Aubry (à 10 km au Nord‑ouest de Roissy‑en‑ France) ;

55

Iverny (à 19 km à l’Est de Roissy‑en‑France) ;

<55

Goussainville (à 4 km au Nord‑ouest de Roissy‑en‑France) ;

55-60

moyen bruit d’avions

Le Mesnil Amelot (à 5 km de Roissy‑en‑France à l'Est) ;

60

Villeneuve St Georges (à 7 km à l'Est de l'aérogare d’Orly) ;

 

Sannois (à 20 km à l'Ouest de Roissy‑en‑France) ;

<55

faible bruit d’avions

Montmorency (à 16 km à l'Ouest de Roissy‑en‑France) ;

<55

Gonesse (à 6 km à l'Ouest de Roissy‑en‑France) ;

55-60

Bullion (à 30 km à l'Ouest de l'aérogare d'Orly).

 

 

 

   

Ces disparités sont sans doute attribuables aux « émergences » d’immeubles et autres accidents du relief, ainsi qu’à des phénomènes acoustiques complexes. Ceci montre déjà la nécessité de mesures acoustiques précises dans les locaux même où ont eu lieu les entretiens semi-directifs, pour que la méthode qualitative prenne tout son sens, une condition méthodologique qui n’est que trop rarement remplie !
Il paraît remarquable que les distances aux aéroports ne semblent pas bien refléter la situation sonore rencontrée sur place, ce pour plusieurs raisons : les trajectoires d'envol et d'approche des plans de vol, la distance aux extrémités des pistes ou à leur axe, le relief exposé ou non... Les différents documents mis à notre disposition concernant les niveaux de bruit mesurés autour des deux aéroports (mesures obtenues par le système Sonate) se révèlent difficiles à utiliser concrètement : d'une part, ils ne concernent que très partiellement les mêmes sites, d'autre part, même à proximité d'une station Sonate les situations sonores peuvent fortement varier selon le type d'habitat. Nous avons ainsi vu des situations individuelles relativement bruyantes dans des sites assez calmes loin d'un aéroport, lorsque l'interviewé habite un appartement à un étage élevé d'un immeuble qui reçoit le bruit directement à vol d'oiseau (cas de Mme 01 à Sannois, ou de M. 03 à Montmorency), et inversement nous avons vu des personnes plus proches des sources de bruit en être relativement protégées par le fait que leur maison dans un village se fondait dans la masse du bâti, qui ne le répercutait qu'indirectement (cas de Mme 02, à Gonesse). Il aurait fallu dans l'idéal, pour une recherche de corrélations proprement dite, disposer des mesures de bruit chez chacun de nos trente interviewés, et cela pour la période où nous les avons visités. Encore faudrait-il distinguer entre le bruit intérieur et extérieur aux logements, la qualité d'atténuation acoustique du bâti variant elle-même fortement.
Nous avons noté, cependant, l'impression subjective que chaque endroit visité nous a laissé sur le moment. Ces notes se laissent classer, selon l'intensité des bruits d'avions que nous avons pu y entendre, en trois catégories :

   
   
  • Sites à fort bruit d'avions : Villeneuve St Georges, Goussainville, Le Mesnil Amelot
  • Sites à moyen bruit d'avions : Gonesse, Le Mesnil Aubry, Montmorency
  • Sites à faible bruit d'avions : Iverny, Bullion, Sannois, St Mard.
   
   

Par la comparaison avec le vécu subjectif des sites par les interviewés, on verra que ce classement du bruit perçu subjectivement par un visiteur, même motivé, diffère notablement de celui de gens qui vivent là toute l’année, tel qu'ils le manifestent dans leurs attitudes.

   
   

1.3 Déroulement de cette étude

   
   
1.3.1 Limitations imposées par « le terrain »
La difficulté de la prise de RV au téléphone dans certaines zones nous avait elle-même donné des résultats intéressants. En effet, si les entretiens que nous avons pu faire se sont toujours déroulés dans une bonne ambiance, parfois même excellente, ceci ne doit pas cacher le danger d'un biais important sur l'échantillon, lié non pas aux enquêtes mais à l'auto-exclusion d'une sous-population qui nous parût, au téléphone, bien être la plus « nuisancée » à de multiples égards.
Au début de ce travail, nous nous attendions à une prise de contact facile dans les communes les plus atteintes par le bruit des avions, et plus laborieuse dans celles plus tranquilles, où le thème « santé environnement » paraît moins évident. Or, c'est plutôt l'inverse qui se produit.
Lors des coups de fil pour la prise de rendez-vous pour les enquêtes sur le bruit des avions, nous avons noté un grand malaise, voire de la franche hostilité dans certains sites, qui ont conduit à des refus massifs de participer à l'enquête notamment dans des HLM de Goussainville et des pavillons à Villeneuve-Saint-Georges.
Une sous-population spécifique, qui pourrait être la plus « nuisancée », a t-elle échappé à toute investigation ? Les refus massifs d’enquête dans certaines zones de Goussainville et de Villeneuve St Georges tend à le faire craindre. Il y aurait alors un biais important, non seulement dans les trois petites préenquêtes, mais bien sur l’échantillon du grand sondage ! Biais lié à cette auto-exclusion de la part d’une couche sociale qui donne au téléphone l’impression de se situer aux limites du quart-monde.
Un grand nombre de personnes habitant certaines zones urbaines de ces deux communes (des zones pauvres habitées surtout par des personnes âgées) semblent avoir perdu tout espoir depuis trop longtemps, et refusent désormais toute enquête. Aucune enquête n’a jamais changé quoi que ce soit à leur sort, déclarent certaines d’entre elles. Ces personnes sont excédées par le cumul de difficultés dont le bruit des avions n’a été, jadis, que le point de départ. A Villeneuve St Georges, en particulier, le bruit a provoqué la dépréciation de l’immobilier, le départ de leurs amis et connaissances, et leur remplacement par des populations socialement défavorisées et « à problèmes » , souvent d’origine immigrée, culturellement bruyantes elles-mêmes, et source de sentiments d'insécurité. Nous avons eu des commentaires ouvertement racistes au téléphone, à plusieurs reprises. Il semblerait qu'il s'agisse d'une part importante des populations de certaines communes devenues selon les termes de nos interlocuteurs des « dépotoirs sociaux ».
L'enquête a donc nécessairement dû se limiter... aux personnes qui l'acceptaient, et ne pouvait pas décrire les attitudes du sous-groupe sans doute le plus atteint par les nuisances aéronautiques, groupe dont l'étude relève sans doute des méthodes ethnographiques, comme par exemple celle des « tribus »  de jeunes banlieusards antisociaux, du quart-monde urbain, etc.
Une autre dimension de cet effet socio-urbanistique de la nuisance sonore constante depuis trente ans semble être, sur un mode analogue, l'auto-selection par ce jeu du roulement des départs, des ventes et rachats et des relocations, d'une proportion anormale de malentendants, à en juger par leur difficulté de communication au téléphone (à moins que ceci ne recoupe la remarque précédente, au sujet du grand nombre de personnes âgées dans certaines communes).
   
   

1.3.2 Échec d’enquêtes informelles en milieu sinistré
Nous nous sommes rendu à Goussainville à trois reprises au début de février, où il s’est rapidement avéré qu’il fallait abandonner tout espoir d’enregistrer au magnétophone les conversations avec des clients de bistrot, et dans la rue lorsqu’il ne faisait pas trop froid. Des personnes nous ont signalé l’existence d’une « zone »  interlope, ressemblant à un bidonville, et abritant sans doute des activités illégales (dealers ?) dont les acteurs prenaient soin d’éviter que des étrangers en puissent être témoin : en effet, nous n’y fûmes pas bien reçu (« vous êtes flic, ou quoi ? »).
Dans le périmètre de la rue du 6 juin 1944 existent trois blocs HLM en réfection, dont les habitants avaient refusé au téléphone toute prise de RV pour une enquête. L’astuce a consisté, lors des deux expéditions suivantes, à nous faire passer pour un candidat-locataire, inquiet du bruit des avions, auprès de piétons habitant manifestement là. Si l’on excepte le conseil, souvent prodigué, de surtout aller vivre ailleurs, les commentaires ainsi suscités nous ont semblé relativement banaux, c’est à dire comparables en tout point à ceux déjà entendus chez d’autres interviewés des catégories d’attitudes très négatives envers le bruit d’avion (les groupes D et E).
Par quoi, dès lors, se justifie une éventuelle catégorie F ? Notre impression est que nous sommes en présence d’une attitude moins déterminée par l’acoustique que par la quasi-désinsertion sociale. Ces gens qui cumulent presque tous plusieurs problèmes aigus, ressemblent souvent à notre interviewé Bull01 (le chômeur RMIste vivant à deux avec 4000 F/mois) : ses problèmes sont tels, que le bruit des avions paraît dérisoire. Le niveau de bruit objectif à Goussainville ne permet pas ce bel détachement, il semble symboliser un rappel constant de la déchéance de ce type de tissu urbain. Le bruit des avions est pris comme celui de la réussite économique, celle des pilotes très bien payés, des voyageurs d’affaires, des touristes ayant encore des loisirs de luxe... La question de la gêne n’est alors plus entendue au sens acoustique, mais dans ce registre du succès et de l’échec social, et le refus d’enquête semble probablement lié au refus de tout ce qui ressemble à l’administration, à la police, aux sociologues, et au voyeurisme supposé de la part de ces moins mal lotis envers la pauvreté et le malheur de ceux qui ont été laminés par la crise. La honte d’être pauvre, que l’on ne lisait plus que dans les romans de Zola ou d’Hugo, existe de nouveau.
Seule une approche de type ethnologique, consistant pour l’essentiel à vivre quelques mois sur place, pourrait tirer au clair si le bruit des avions, au delà de cette dimension, joue un rôle plus positif, si l’on ose dire, dans la mesure où il délimite le territoire d’une communauté d’exclus, leur procurant tout de même une sorte d’identité... mais à quel prix !

   
   

1.3.3 L’impact des accidents
Le hasard a voulu que les premiers entretiens ont eu lieu pendant la grève d'Air France de juin 1998, et nous nous sommes inquiétés de l'incidence de cette grève, mais il s'est immédiatement avéré que les personnes interrogées nous parlaient sur la base de leur expérience de plusieurs années sous le bruit des avions, en faisant parfois référence à la grève par des formules qui montraient leur lucidité quant au calme apparent ce jour-là: « en ce moment, on les entend beaucoup moins, mais normalement... » , etc.
La grande majorité des trente entretiens ont été cependant effectués tout de suite après cette grève, ici aussi sans autre incidence que quelques remarques concernant les seuls avions d'Air France, aux sujet desquels deux ou trois interviewés croient avoir remarqué que c'est bien cette compagnie qui vole le plus « la nuit »  au dessus de chez eux.
Le reste du travail de terrain s'est déroulé de façon on ne peut plus classique.
La crainte d’un accident était un élément important dans le vécu quotidien des riverains d’aéroport ; à Goussainville (mais pas seulement dans cette commune) le souvenir du crash et des morts du Tupolev 144 au début des années 1970 était resté très vivace, et il ne faut pas s‘étonner qu’après la réalisation de ces angoisses, lors de la tragédie du Concorde écrasé sur Gonesse, plus aucun entretien ne soit possible qui ne porte que sur le bruit et la gêne et les nuisances : l’accident du Concorde est le seul et unique sujet de conversation lors de demandes de rendez-vous téléphoniques auxquelles nous avons procédé pour re-interviewer ceux des riverains qui sont apparus de l’analyse factorielle comme étant des « cas-type ». Nous y avons finalement renoncé. Il sera probablement impossible de parler d'autre chose avant longtemps...
La sensibilité aux risques d’accident serait d’ailleurs un sujet de recherche en lui-même : nous avons été surpris par le commentaire d’une personne interviewée par l’équipe LTE (interview n°13, p.27 du rapport) : « Si les avions suivaient leurs couloirs, il n’y aurait pas de problèmes. Après l’accident en Hollande, nous n’avons pas entendu d’avions pendant deux mois ». Cette personne suppose donc qu’un accident survenu n’importe où dans le monde, mais ayant coûté la vie en majorité à des riverains (le cargo 747 Israélien s’était écrasé sur des HLM de la banlieue de Schiphol) a une influence directe sur le comportement des navigants et des contrôleurs ailleurs dans le monde ; et elle sous-entend que l’accident était dû à une faute de leur part (non-respect des couloirs)... Or, nous n’avons, à l’inverse, pas entendu le moindre éloge funèbre du commandant de bord et de l’équipage du Concorde de Gonesse, qui, lui, a quitté le couloir aérien, peut-être dans l’espoir de rejoindre Le Bourget, mais peut-être aussi pour épargner des vies à Gonesse... Voilà donc une dimension subjective du problème qui, pensons-nous, mériterait une analyse approfondie.

   
   

2 - Objectif de l'étude : l'analyse secondaire des trois préenquêtes de 1998

   
   

2.1 Le dégagement d’un tronc commun entre les trois préenquêtes

   
   

Le problème central de cette analyse de contenu se donnant l’ambition d’aller davantage au fond des choses, est moins celui de la disparité relative des approches qualitatives de chacune des trois équipes, que celui du statut de l’interprétation : s’il est aventureux, d’une part (sauf longue écoute de type psy) de prétendre mieux saisir les situations individuelles que ne le fait la parole consciente des interviewés, d’autre part cela l’est tout autant de tenir leur discours pour fondé alors qu’il peut, souvent, n’être que défensif : autant, alors, se borner aux sondages. Nous avons tenté de lever, du moins partiellement pour les enquêtes IPSHA, cette difficulté, en procédant à une nouvelle écoute de chaque enregistrement et à son évaluation par deux « psy »  (méthode classique de « modération mutuelle »  des évaluations). Nous avions commencé à voir lors de la phase de 1998 qu’il existe des modes assez différents d’être gêné par les survols.
Cependant, nous avons travaillé également dans la perspective de la récupération des données des deux autres études qui n’avaient pas la même vision du bruit que nous. Nous croyions que le tronc commun entre les trois préenquêtes devait être trouvé au niveau d’un recodage de ces données à l’intérieur de la typologie en six groupes d’attitudes à laquelle notre travail de 1998 avait abouti, suivi de croisements de variables relativement simples. Afin d’explorer cette voie, nous avons procédé au croisement de la batterie de questions portant spécifiquement sur le bruit d’avion avec notre typologie de 1998 en six groupes d’attitudes. Récapitulons brièvement ci-dessous ces groupes d’attitudes :

   
   
  • Groupe A : Ne sont pas gênés du tout par le bruit des avions, car ils vivent de et pour l'aviation ;
  • Groupe B : Ne sont que peu gênés par le bruit, mais sont vigilants quant au trafic aérien ;
  • Groupe C : Sont gênés par le bruit, mais moins que par d'autres soucis ou nuisances ;
  • Groupe D : Sont très gênés par le bruit, mais le surmontent tant bien que mai ;
  • Groupe E : Sont révoltés par le bruit, et ne le supportent qu'en militant contre les avions ;
  • Groupe F : Les sinistrés par le bruit, qui sont partis vivre ailleurs.
   
   

Le « module F » :
Nous avions repris en 1998 expressément le même « module »  de questions spécifiques sur la gêne du bruit des avions que l’on retrouve dans la majorité des sondages depuis trente ans, aux fins de comparaison. L’IFOP l’a utilisé en 1982 (« les répercussions du bruit des avions sur l’équilibre des riverains des aéroports », Jacques François). Michel Vallet reprend le même module, à quelques détails près, dans le projet de questionnaire pour le grand sondage qu’il allait confier à MV2 (page 6 du projet, fax à l’IPSHA du 03/07/98). Nous l’avons complété par quelques questions, de la façon suivante :

   
   

(IPSHA - outil de l’enquête 1998, Volet « F ») - « le bruit aéronautique :

F 11 - empêche de suivre une conversation dans la rue ?
F 12 - empêche de suivre une conversation chez vous ?
F 13 - gêne pour regarder la télévision ?
F 14 - empêche d'ouvrir la fenêtre, d'aller sur le balcon ?
F 15 - empêche de flâner dehors, à la belle saison ?
F 16 - empêche de s'endormir le soir ?
F 17 - vous réveille le matin de bonne heure ?
F 18 - vous réveille pendant la nuit ?
F 19 - Pensez-vous que le bruit des avions à une influence sur votre santé ?
F 20 - Pensez-vous que le bruit des avions à une influence sur la santé de certaines personnes ? »

   
   

Le résultat des croisements :
Nous avons croisé :

  • les groupes d’attitude avec le « module F »;
  • les dix sites, les groupes d’attitude et le « module F »;

Nous voulions évidemment examiner s’il existe une cohérence des réponses individuelles aux questions F11 à F20 davantage selon les situations géographico-acoustiques ou selon l’incidence de la personnalité et des situations existentielles des personnes telles qu’elles finissent par se concrétiser dans leurs attitudes (attitudes ventilées sur les cinq groupes décrits ci-dessus). Il s’agit donc d’une tentative pour départager l’incidence respective de l’objectivité et la subjectivité dans la verbalisation de la gêne. Le dépouillement de ces tableaux faisait tout d’abord apparaître, concernant la subjectivité, des effectifs très inégaux selon les groupes d’attitudes, et un nombre assez constant de personnes qui ont préféré ne pas répondre à cette batterie de questions très directives (cela se comprend par la rupture de ton introduite dans un entretien semi-directif par ce module importé de l’univers des sondages). Peut-on, ensuite, affirmer qu’il existe une bonne cohérence dans les réponses aux questions, selon ces groupes d’attitudes ?

   
   

groupes

N

dont sans-réponse au « module F »  majoritaires

Cohérence
(N oppositions / N de cas)

Groupe A

1 cas

-

-

Groupe B

4 cas

2

0,5

Groupe C

6 cas

1

1,16

Groupe D

8 cas

2

0,75

Groupe E

6 cas

2

0,66

 

25 (dont 5 couples=30)

7

 

   
   

Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessus, où les couples ont été comptés pour une seule opinion :

  • les deux attitudes exprimant le plus de gêne sonore (D, E) totalisent 14 sur les 25 cas ;
  • les deux attitudes exprimant le moins de gêne sonore (A, B) ne totalisent que 5 sur les 25 cas ;
  • le groupe central C, qui rassemble 6 cas, semble bien constituer un refuge pour les indécis si l’on se fie à l’indice de cohérence de 1,16 : dans ce groupe, l’on est nettement moins d’accord sur ce qu’il faut penser du bruit des avions que dans les autres... (cet indicateur est construit simplement en divisant le nombre d’opinions minoritaires par le nombre de cas).
   
   

Cet ensemble montre, à notre sens, une bonne cohérence subjective à l’intérieur des groupes d’attitudes que nous avons cru discerner lors de la phase précédante.
Il montre également l’importance de la gêne, dont nous allons maintenant examiner si elle se localise sur certains sites, où si elle reste davantage liée aux réactions individuelles.

   
   

Site

N groupes

Id des groupes

Dist. des gpes

Cohérence

Bullion

2

B, C

1

1

Villeneuve St G.

2

D, E

1

1

Gonesse

2

C, D

1

1

Goussainville

2

D, E

1

1,5

Iverny

3

B, C, D

1

1,6

St Mard

3

C, D, E

1

0,0

Montmorency

3

B, D, E

2

1,3

Sannois

2

B, D

2

1

Le Mesnil Amelot

2

A, E

4

0,0

Le Mesnil Aubry

2

D, E

1

0,0

   
   

La faiblesse des effectifs, et le hasard, ont voulu qu’il n’y ait pas deux personnes dans la même attitude envers le bruit des avions sur le même site... Ceci reflète sans doute le choix des sites par la DGAC, il s’agissait de dix sites nuisancés (sans sites-témoin loin du bruit) : c’est bien ce que l’on observe. Seul Bullion échappe aux attitudes de gêne maximale, sur tous les autres sites on trouve l’attitude E ou D... Peut-être existe t-il une faible tendance indiquant une plus grande gêne sur les sites présentant les attitudes D et E à la fois : Villeneuve, Goussainville, St Mard, Montmorency et Le Mesnil-Aubry. Mais l’expérience de ce terrain nous souffle que si cela paraît raisonnable concernant les deux premières localités, il s’agit en revanche d’un artefact plus que probable pour les trois dernières. La méthode, cependant, paraissait valable pour intégrer à ces tableaux le matériel d’enquête des deux autres équipes, dès qu’il serait disponible les effectifs passeraient de 30 à 90 cas.

   
   

La réorientation des objectifs lors de la réunion du 24 février à l’ADEME
Cependant, lors de la réunion du 24 février 2000 à l’ADEME, cette approche par la méthode des cas, que nous avions commencé par l’analyse affinée des 30 protocoles de l’enquête Ipsha, a été abandonnée au profit d’une approche par ACP (analyse factorielle en correspondances principales) susceptible de réaliser la synthèse des trois rapports de préenquête (Europsyt, LTE, Ipsha). En effet, il était probable que, sur 90 dossiers, des cas nettement plus exemplaires apparaissent pour chacun des groupes dégagés par une ACP. La priorité a donc été donnée à la collecte des deux autres rapports, qui n’ont été obtenus qu’à la fin du mois de mai 2000 (pour le dernier, du LTE). Ces deux rapports, LTE et Europsyt, ne contiennent hélas pas d’annexes livrant les transcriptions intégrales des enquêtes, mais leur comptes-rendus sont assez détaillés (ceux du LTE sont souvent minutieux), et permettent de coder un certain nombre de variables communes aux trois enquêtes, sans trop d’hétérogénéité.

   
   

2.2 Le recodage de variables intermédiaires en vue des analyses factorielles

   
   

Notre premier souci a été de reconstituer, pour l’ensemble des dossiers, l’IQV propre à l’Ipsha (indice de qualité de vie), en le comparant tout d’abord à la « note de qualité de vie » du LTE. Chez LTE cette note est, en fait, auto-attribuée par l’interviewé. La relecture des protocoles LTE montre souvent une minimisation, pudique peut-être, de l’étendue de leurs soucis et problèmes de la part de ces interviewés, et nous sommes souvent intervenu pour « déclasser » cette note vers le bas.
De façon plus générale, nous avons intégré en colonne dans un tableau Excel chaque variable intéressante et paraissant « codable » quant au matériel disponible, pour chacune des trois équipes ; le tableau de données comporte ainsi une cinquantaine de variables, dont certaines étaient à « reconstruire » quand leurs données manquaient chez telle ou telle équipe, en retournant aux protocoles individuels du contenu des enquêtes. Le taux de « sans réponse » a été considéré comme une donnée intéressant en soi dès lors qu’il est comparable entre les trois sources de données.
Quelques regrets, déjà au niveau des variables les plus factuelles : la durée d’occupation du logement, les revenus du ménage, la situation dans l’axe des pistes ou par leur travers (et à quelle distance), la possibilité de fuir les avions au vert dans une résidence secondaire et quelques autres variables qui se sont révélées importantes lors de précédantes études qualitatives de gêne ne sont que partiellement représentées, parce qu’elles n’ont été recueillies que par deux des trois équipes, voire par une seule. Force était donc de relire attentivement les 84 protocoles de l’ensemble du corpus afin d’en reconstruire le plus grand nombre (à l’exception des revenus mensuels du ménage, inutiles à évaluer : attribuer aux ménages des revenus moyens correspondant à leur catégorie socioprofessionnelle ferait double usage avec celle-ci). Ce travail de collecte terminé, nous avons « inventé » d’autres variables, issues du matériel présent dans les trois enquêtes, et susceptibles de devenir des « variables actives » dans les analyses factorielles : le souci était ici d’avancer vers une synthèse plus large. Certaines de ces variables sont davantage « diagnostiques » que factuelles (l’interviewé ne parle pas, consciemment, de ces dimensions). Ainsi, les trois principaux problèmes, par ordre d’importance décroissante, dans la vie des interviewés, est davantage un diagnostic de notre part qu’une évaluation des interviewés eux-mêmes, du moins dans le cas des protocoles Europsyt et LTE. Il en va de même pour la variable « territorialisation », due au chercheur Guillaume Faburel, et à celle « conscience politique du problème », suggérée par Bernard Barraqué du LATTS.
L’ensemble de ces variables et des facteurs ou modalités qu’elles intègrent est présenté dans le paragraphe 4.1 de ce rapport.

   
   

3 - La structure de l'échantillon

   
   

3.1 L'incidence des variables sociologiques

   
   

L’échantillon (qu’il serait plus juste d’appeler un groupe informel, les rendez-vous n’ayant pas été tirés au hasard) se compose de 84 individus, dont 42 femmes, 34 hommes et 8 couples ; ils sont âgés de 19 à 82 ans et nous les avons répartis en trois classes d’âge (jeunes, adultes, vieux ; respectivement 19, 51 et 14 personnes. Les interviewés sont presque tous mariés (67 cas sur 84), ils constituent en majorité des ménages avec 2 ou 3 enfants.
Le type d’habitat dominant est le pavillon (38 cas), ou la maison de village, les HLM étant très minoritaires (5 cas seulement). Il y a 64 propriétaires et 20 locataires. Dans 69 cas sur les 84,ils habitent là depuis plus de cinq ans, et depuis plus de 30 ans pour 11 d’entre eux (c’est à dire qu’un certain nombre d’interviewés habitaient sur place avant la création de l’aéroport CdG). Dans 24cas, ils ont vécu leur enfance dans la région de l’aéroport, dans 24 autres leur origine est le HLM de banlieue ; ils sont d’origine rurale dans 18 cas et urbaine dans 44 cas.
Leur catégorie socioprofessionnelle est modeste le plus souvent : seuls 8 interviewés appartiennent à une profession libérale ou sont cadre supérieur... 28 sont fonctionnaires, 24 sont cadres moyen.
Concernant l’IQV, il est moyen pour 16 cas, très positif ou positif dans 47 cas, très négatif ou négatif dans 19 cas.
Concernant le bruit, celui qui est mentionné comme le plus gênant est celui des avions dans 62 cas ; 13 cas se plaignant avant tout d’autres bruits mécaniques et 6 cas donnant la priorité aux nuisances de voisinage. Les 62 cas de plaintes concernant les avions sont cependant nuancés en diverses catégories. Par rang de préoccupation, on ne trouve plus que 36 personnes ou couples donnant au bruit d’avion le premier rang parmi les nuisances dont ils souffrent, contre 24 et 24 qui leur donnent le second et le troisième rang. Ces nuances s’accentuent dans la distribution par type de gêne, où nous trouvons 8 types de gêne attribuée aux avions et leur attitude consciente en réponse (page 12).
Le sommeil est perturbé, sans précisions, dans 21 cas, et dans 4 cas cela constitue un problème grave.
Les décollages sont plus gênants que les atterrissages pour 24 interviewés, mais c’est le contraire pour 9 d’entre eux, 11 personnes déclarant équivalente la gêne du bruit des décollages et des atterrissages.
L’installation dans la région de l’aéroport s’est faite en toute connaissance de cause dans 46 cas sur 84 ; ces interviewés précisent ensuite que la gêne, à l’époque, leur avait paru supportable, et l’on pourrait les additionner aux 30 qui déclarent s’être installés là « en sous-estimant le bruit des avions ».
L’évaluation de la gêne sur une échelle de 10 points utilisée par l’équipe LTE donne, reconstruite pour la soixantaine d’entretiens des deux autres équipes, 13 personnes en gêne maximale (note 10), 14 ont une note de gêne entre 9 et 7, 23 entre 6 et 4, et 24 se situent en dessous de la note 3.
L’image de l’aviation paraît relativement indépendante de la gêne due au bruit : 35 personnes en ont une image positive, et chez seulement 4 interviewés le bruit rend cette image négative.
La mise en concurrence du bruit d’avion avec tous les autres problèmes dans l’existence actuelle des interviewés semble assez parlante : si 34 personnes se déclarent en priorité gênées par le bruit des avions, 28 personnes sont, elles, avant tout préoccupées par la mutation sociale négative, la délinquance et la dégradation des relations humaines.
L’activisme antibruit ne semble concerner que 18 de nos 84 interviewés, 31 n’ont que moyennement conscience de la dimension politique de ce problème et pour 35 d’entre eux cet aspect est très secondaire.

A l’attention du lecteur studieux nous présentons ci-dessous l’ensemble des tris à plat des variables retenues pour le recodage des 84 entretiens.

   
   

3.2 Les tris à plat des 84 dossiers

   
   

Localisation

N

 

Type d'habitat

N

Bullion= 1

7

 

1= pavillon

38

Deuil= 2

1

 

2= appartement

17

Gonesse= 3

11

 

3= maison de ville

24

Goussainville= 4

9

 

4= HLM

5

Iverny= 5

7

 

Total répondant

84

Le Mesnil Amelot= 6

10

 

 

 

Le Mesnil Aubry= 7

8

 

Statut d'occupation

N

Mitry Mory= 8

2

 

1=locataire

20

Montmorency= 9

8

 

2=propriétaire

64

Roissy= 10

2

 

Total répondants

84

St Mard= 11

11

 

 

 

Sannois= 12

4

 

 

 

Villeneuve St Georges= 13

4

 

 

 

Total répondants

84

 

 

 

         
Durée de l'installation de l’interviewé
dans son logement actuel
N
 
Parcours résidentiel
N

1= moins d’un an

0

 

1= enfance dans la région de l’aéroport

24

2= de 1 à 3 ans

15

 

2= vient de province, origine rurale

0

3= de 3 à 5 ans

4

 

3= vient de province, origine urbaine

9

4= de 5 à 10 ans

10

 

4= vient de Paris intra-muros

7

5= de 10 à 20 ans

28

 

5= vient de la banlieue, maison indiv

0

6= de 20 à 30 ans

10

 

6= vient de la banlieue, HLM

24

7= plus de 30 ans

11

 

7= vient d’un habitat précaire (caravane)

2

8= sans réponse

6

 

8= sans réponse

18

Total répondants

84

 

Total répondants

84
 

     

Sexe

N

 

Taille du ménage (nombre réél)

N

1= femme

42

 

1

9

2= homme

34

 

2

20

3= couple

8

 

3

8

Total répondants

84

 

4

28

 

 

 

5

14

 

 

 

6

1

 

 

 

7

3

Age

N

 

8

1

1= jeunes

19

 

Total répondants

84

2= matures

51

 

 

 

3= vieux

14

 

Nombre d'enfants

N

Total répondants

84

 

1=1enf

9

 

 

 

2=2enf

28

État-civil

N

 

3=3enf

19

1= marié(e)

67

 

4=4enf

3

2= concubins

4

 

5=5enf

4

3= célibataire

8

 

6=6enf

1

4= divorcé(e)

3

 

20=sans enfants

13

5=veuf/ve

2

 

21=sans réponse

7

Total répondants

84

 

Total répondants

84

         

Catégories Socio-Professionnelles

N

 

Fonctionnaire:

N

1= inactifs (retr, chôm, f. foyer)

20

 

1=fonctionnaire

28

2= petit fonctionnaire, ouvrier

12

 

2=non-fonctionnaire

54

3= employé bur, commerçant, technicien

23

 

3=non situable

2

4= fonctionnaire, cadre moy

21

 

Total répondants

84

5= prof libérale et assimilés

5

 

 

 

6= cadre sup et assimilés

3

 

Cadre moyen:

N

Total répondants

84

 

1=cadre moyen

24

 

 

 

2=non cadre moy

58

Isolation acoustique

N

 

3=non situable

2

1= isolation acoustique existante

36

 

Total répondants

84

2= isolation acoustique absente

9

 

 

 

3= sans réponse

39

 

Appréciation de l’isolation acoustique

N

Total répondants

84

 

1= très efficace

6

 

 

 

2= efficace

6

Origine urbaine/rurale

 

 

3= moyenne

2

1= origine urbaine

44

 

4= inefficace

7

2= origine rurale

18

 

5= sans réponse

63

3= sans réponse

22

 

Total répondants

84

Total répondants

84

 

 

 

         

 

 

 

Appréciation de la vie locale

N

Animation/désertificat

N

 

1= vie locale très appréciée

18

1= vie locale animée, taux d’équipement urbain satisf

8

 

2= vie locale appréciée

21

2= processus de désertification urbain réel

20

 

3= vie locale moyennement appréciée

4

3= crainte de désertification

4

 

4= vie locale peu appréciée

15

4= vie locale morne

10

 

5= vie locale pas du tout appréciée

14

5= sans réponse

42

 

6= sans réponse

12

Total répondants

84

 

Total répondants

84

   
   

Appréciation globale de l’environnement, y compris social

N

 

Raison donnée pour l’installation

N

1= très positif

31

 

1= enfance, racines, parents sur place

18

2= positif

5

 

2= profiter d’une bonne occasion immobilière

15

3= moyen

46

 

3= proximité du lieu de travail

18

4= négatif

2

 

4= mutation (enseign, admin, entrepr)

3

Total répondants

84

 

5= trouver le bon air et le calme de la campagne

14

 

 

 

6= fuite du stress parisien

4

Indicateur de Qualité de Vie - IQV

N

 

7= solution d’urgence en attente

7

1= très positif

14

 

8= sans réponse

5

2= positif

33

 

Total répondants

84

3= moyen

16

 

 

 

4= négatif

11

 

Rang du bruit des avions parmi les sources de gêne mentionnées

N

5= très négatif

8

 

1= rang 1

36

6= sans réponse

2

 

2= rang 2

24

Total répondants

84

 

3= rang 3

24

 

 

 

Total répondants

84

         

Toutes sources de gêne mentionnées par l’interviewé (y compris social), sans hiérarchisation

N

 

Type de gêne face aux avions, et attitude consciente exprimée par l’interviewé

N

1= bruit des seuls avions

20

 

1= gêne:augmentation gle du bruit, du trafic

12

2= bruit des avions, et retombées de kérosène

11

 

2= gêne: augment. bruit saisonnier, ou selon le vent

6

3= bruit des avions, et bandes de jeunes

9

 

3= gêne: invalidation du jardin malgré isolat. acoust.

4

4= bruit des avions, et bruit routier

7

 

4= gêne: aff subjective, interrupt communication

17

5= bruit des avions, et mauvais voisinage

4

 

5= gêne: mutation sociale, délinqu. plus gênants qu’avions

6

6= trois sources de gêne, dont avions

24

 

6= gêne: voisins, odeurs, route, etc. plus gênants qu’avions

18

7= autres sources de gêne

9

 

7= gêne: acceptée contre avantages (trav, logt, etc)

15

Total répondants

84

 

8= gêne nocturne, non respect couloirs de vol

6

 

 

 

Total répondants

84

         

Le bruit le plus gênant

N

 

Gêne Trafic versus intensité sonore:

N

1= avions sans précision

33

 

1=l'interviewé englobe dans la gêne aussi bien l'intensité que l'accroissement du trafic aérien

22

2= avions, pointes de bruit, décollages, vacances

15

 

2=l'augmentation du trafic aérien est plus gênante que l'intensité sonore

31

3= avions, fréquence/augmentation

1

 

3=l'intensité sonore est plus gênante que l'augmentation du trafic aérien

3

4= le Concorde

10

 

4= sans réponse

28

5= avions la nuit

3

 

Total répondants

84

6= autre source, humaine ou animale

6

 

 

 

7= autre source, mécanique, moteurs

13

 

Appréciation générale de l'aéroport:

N

8= données mqt

3

 

1=l'aéroport est vital pour l'économie de la France

7

Total répondants

84

 

2=l'aéroport sauve l'emploi, développe la région

13

 

 

 

3=l'aéroport pervertit la région (afflux d'indésirables)

0

     

4=l'aéroport n’est qu'une source de nuisances environnementales

6

Négociations avec ADP:

N

 

5=l'aéroport constitue un pôle d'animation

0

1=relations positives avec ADP

5

 

6=l'aéroport est bien pratique pour voyager

2

2=relations négatives avec ADP

4

 

7= sans réponse

56

3=pouvoir absolu, pas de recherche de compromis

4

 

Total répondants

84

4=isolation acoustique indemnisée+

2

 

   

5= sans réponse

69

 

 

 

Total répondants

84

 

 

 

         

Perturbation du sommeil par le bruit d'avion

N

 

Gêne décollage/atterrissage:

N

1= très forte pertub noct, effets négatifs sur la santé

4

 

1=la gêne au décollage est plus forte qu'à l'atterrissage

26

2= réveils, sommeil perturbé sans précisions

21

 

2=la gêne au décollage et à l'atterrissage sont équivalentes

11

3= avions réveillent le matin tôt seulement

2

 

3=la gêne au décollage est moins forte qu'à l'atterrissage

9

4= boules Quiès, fermeture fenêtres

0

 

4= sans réponse

38

5= sommeil perturbé par jeunes, camions, pas avions

6

 

Total répondants

84

6= pas de problème de sommeil

13

 

 

 

7= sans réponse

38

 

 

 

Total répondants

84

 

 

 

   
   

Installation en connaissance de cause:

N

 

Réactions des personnes non-habituées au bruit des avions, ou réactions des interviewés au retour de vacances:

N

1=s'est installé là malgré le bruit des avions à l'époque

46

 

1=des invités réagissent à des bruits que les interviewés n’entendent plus

10

2=s'est installé là en sous-estimant le bruit des avions

30

 

2=les interviewés doivent se réhabituer au bruit après les vacances

6

3=s'est installé là avant la construction de l'aéroport

5

 

3= sans réponse

68

4= sans réponse

3

 

Total répondants

84

Total répondants

84

 

 

 

         

Perturbations de la communication

N

 

Vie de loisirs= fuite du bruit

N

1= perturbation de la parole ds le jardin ou la rue

10

 

1= la vie de loisirs permet de fuir le bruit, le stress

26

2= perturbation de la parole à l’intérieur du logement

8

 

2= la vie de loisirs est indépendante du bruit, du stress

11

3= perturbation de la réception TV, son inaudible

9

 

3= pas de vie de loisirs

9

4= perturbation de la TV, son et image

0

 

4= sans réponse

38

5= perturbation de la communic. uniqu. par Concorde

3

 

Total répondants

84

6= aucun pb de bruit d’avions

7

 

 

 

7= sans réponse

47

 

 

 

Total répondants

84

 

 

 

         

Gêne saisonnière été/hiver

N

 

Résidence secondaire= fuite du bruit

N

1= gêne l’été sans précisions

14

 

1= la résidence second permet de fuir le bruit, le stress

10

2= gêne l’été par ouverture impossible des fenêtres

5

 

2= la rés second est indépendante du bruit, du stress

6

3= gêne l’été par augm. trafic et ouvert imposs fenêtres

11

 

3= pas de résidence secondaire ni possibilité

68

4= gêne l’été par augm. trafic et imposs utilis jardin

4

 

Total répondants

84

5= pas de gêne particulière l’été

5

 

 

 

6= sans réponse

45

 

Non-respect des réglements et des couloirs aériens

N

Total répondants

84

 

1= couloirs, régl survols respectés sauf except

2

 

 

 

2= couloirs, régl survols souvent transgréssés

10

     

3= couloirs, régl survols caducs par augm trafic

4

Peur de la délinquance

N

 

4= angle raide décollage très apprécié

2

1= subi personnell. agression, cambriol.

2

 

5= sans réponse

66

2= peur montée délinquance réelle, drogue, bandes

20

 

Total répondants

84

3= peur montée sentiment d’insécurité

9

 

   

4= activ aéroport crée popul. à problèmes

4

 

 

 

5= peur de l’activisme anti-délinquance

0

 

Augmentation du trafic aérien

N

6= pas de pb de délinquance

5

 

1= augment du trafic aér insupp, de pire en pire, etc.

13

7= sans réponse

44

 

2= réelle augment du trafic aérien

20

Total répondants

84

 

3= inquiétude quant à l’augm future

2

 

 

 

4= acceptation de l’augmentation du trafic aérien

3

     

5= augmentation non-perçue, illusion d’une diminution

4

Résident captif/passage

N

 

6= sans réponse

42

1= captif

39

 

Total répondants

84

2= passage

19

 

   

3= hésite à partir

4

 

 

 

4= sans réponse

22

 

 

 

Total répondants

84

 

 

 

         

Peur perte financière

N

 

Angoisse d'un possible accident aérien

N

1= perte valeur immob. estimée entre 31-50%

0

 

1= fort sentiment de peur d’un crash très probable

0

2= estimée entre 21-30%

4

 

2= angoisse éventualité crash, souvenir Tupolev

12

3= estimée entre 10-20%

0

 

3= aucune inquiétude

8

4= pas de perte valeur immob, revente facile

5

 

4= sans réponse

64

5= sans réponse

4

 

Total répondants

84

6

71

 

 

 

Total répondants

84

 

 

 

         

Les moteurs modernes sont moins bruyants

N

 

Image du changement social

N

1= très positif (Airbus rien à voir avec Caravelle, etc)

10

 

1= le progrès social est positif malgré tout

10

2= progrès positifs, mais survie vieux avions

6

 

2= le changement social est inquiétant

6

3= indifférence au thème des progrès des moteurs

7

 

3= le changement social est négatif, drogue, violence

26

4= sans réponse

61

 

4= activisme contre immigrés, jeunes, SDF, etc.

0

Total répondants

84

 

5= sans réponse

42

 

 

 

Total répondants

84

   
   

Reconnaissance des différents types d'avions

N

 

Autoévaluation subjective de la gêne (variable de LTE; reconstruite pour Ipsha et Europsyt):

N

1= reconn. fine des diff. sonores entre les avions

0

 

1=gêne maximale évaluée à 10

13

2= reconn. grossière (Airbus, vieux avions, Concorde)

12

 

2=gêne évaluée entre 9 et 7

14

3= ne perçoit ou ne mentionne pas ces différences

8

 

3=gêne évaluée entre 6 et 4

23

4= sans réponse

64

 

4=gêne évaluée entre 3 et 1

24

Total répondants

84

 

5= sans réponse

10

 

 

 

Total répondants

84

         

Commentaires sur le Concorde

N

 

Habituation au bruit

N

1= Concorde est triomphal, il donne l’heure et sa rareté est appréciée

43

 

1= dit s’être habitué(e), sans précisions

28

2= Concorde est très beau mais très bruyant

20

 

2= s’est habitué(e), mais en vacances remarque le stress

7

3= sans réponse

21

 

3= ne s’habitue pas à certains parmi les bruits des avions

24

Total répondants

84

 

4= ne s’habitue à aucun des bruits aéronautiques

19

 

 

 

5= sans réponse

6

 

 

 

Total répondants

84

         

Image de l'aviation

N

 

Territorialisation: sentiment d'appartennance locale, lié à la qualité de certains attributs du cadre de vie

N

1= image de l’aviation très positive en général

8

 

1 =forte territorialisation

11

2= histoire de l’aviation seule très positive

4

 

2 =moyenne territorialisation

19

3= image de l’aviat plutôt pos, utile personn

23

 

3 =faible territorialisation

54

4= image de l’aviation indifférente en général

9

 

Total répondants

84

5= image de l’aviation négative à cause du bruit

4

 

 

 

6= sans réponse

36

 

Degré de conscience politique du problème; dimension collective de la gêne, militance anti-bruit, etc.

N

Total répondants

84

 

1 =forte conscience politique

18

 

 

 

2 =moyenne conscience politique

31

 

 

 

2 = faible conscience politique

35

 

 

 

Total répondants

84

         
   
   

Les « problème numéro un », « num. deux », « num. trois »

N°1

N°2

N°3

1= pb pointes de bruit, pollution des avions

27

25

16

2= pb augmentation de la fréquence des avions, et répercussions sur le stress

7

13

4

3= pb mutation sociale négative, délinquance, dégradation des relations

28

12

10

4= pb individuel/familial actuel

0

1

4

5= pb bruit/vibration d'origine autre que les avions

11

14

16

6= pb chômage, crise, avenir

0

0

0

7= pb dégradation du cadre vie campagnard

7

11

11

8= aucun problème

3

0

0

9= sans réponse

1

8

23

Total répondants

84

84

84

   
   

   
   

   
   

4 - Les attitudes des 84 interviewés selon les trois groupes issus de l'ACP

   
   

4.1 L'analyse factorielle des correspondances : hypothèses de travail et choix des variables

   
   

En commençant ce travail, nous nous attendions à voir se répéter un certain nombre d'attitudes envers le monde sonore que nous avons déjà pu voir lors de nos recherches par le passé. Depuis notre recherche de 1975 sur la signification attribuée aux bruits dans l'habiter (2), nous restons attaché à une explication du vécu subjectif de la gêne sonore par l'incidence parfois déterminante de nombreux facteurs psychosociologiques, en plus des facteurs acoustiques de l'intensité (dB(A) et des paramètres qualitatifs des sons. Ci-dessous nous présentons une brève liste d’hypothèses de travail, qui ont présidé au choix des variables retenues pour le recodage en vue de l’analyse factorielle (elles-mêmes présentées dans l’ordre alphabétique de leurs acronymes, au tableau suivant).

   
   
  • Le bruit possède des qualités psychosociologiques spécifiques, celles d'un exutoire projectif pour toute insatisfaction, d'origine sociale mais également personnelle. On peut donc s'attendre à une meilleure tolérance envers le bruit chez les gens « qui vont bien », et qui en effet encaissent sans sourciller des environnements sonores déclarés inacceptables par ceux qui vont moins bien, tant au plan des décibels que des significations ;
  • La résidence secondaire fonctionne comme exutoire contre le bruit de la ville, il est raisonnable d'estimer qu'elle joue le même rôle concernant le bruit des avions
  • Quand un bruit est source de gêne, l'amélioration technique de ce bruit peut-être vécue comme une source de plaisir : il y a un « bénéfice de gêne » (ex. le métro aérien sur rails, puis ensuite sur pneus). Est-ce également le cas pour l'Airbus, pour l'abandon des Caravelle et du Concorde ?
  • Le silence absolu est pratiquement toujours pris dans la signification de mort, tombeau : absence de la mère. Mais peut-être n’y pense -t- on plus quand le niveau de gêne est trop fort ? Les personnes soumises aux nuisances des avions prétendent-elles plus facilement qu'elles aimeraient « ne plus rien entendre du tout », par exemple ?
  • Un vécu de son quartier en termes d'historicité personnelle (narcissisme), permet d'accepter la presque totalité des bruits de l'environnement, la gêne n’apparaît alors que pour certains bruits techniques intenses, épisodiques, ne participant pas de cette image de quartier, et la renforçant d'autant plus. Qu'en est-il des gens ayant toujours vécu dans l'un ou l'autre des dix sites d'enquête ?
  • La sensibilité aux bruits augmente avec la fatigue ; incidence possible d'un travail bruyant et de son cumul avec un environnement domestique bruyant ;
  • La gêne se porte parfois sur les bruits humains, surtout intrafamiliaux. Dès lors, les bruits anonymes externes sont appréciés pour leur intensité même, qui permet de les récupérer comme écran contre les bruits relationnels gênants. Cela est-il vrai également pour les bruits d'avions ?
  • L'existence de problèmes matériels aigus, accaparant l'activité psychique, ôte son importance au bruit, même intense, malgré sa perception effective ("on l'entend sans l'entendre"). Les chômeurs RMIstes entendent-ils les avions ?
  • Des bruits techniques, vécus comme intensément gênants en milieu urbain (tondeuse à gazon) sont très bien tolérés en milieu rural (tracteur), car ils sont récupérés dans une signification « naturelle » machine au service de la nature.
  • Le degré de gêne ressentie et/ou exprimée consciemment par les personnes interviewées, est-il en relation avec leur attitude générale envers l'aviation? Une hypothèse de bon sens voudrait que les personnes qui aiment l'aventure technique et humaine de l'aviation, dont on vient de fêter le centenaire, supportent mieux le bruit des avions (voire parfois même l'apprécient).
   
   

variable

Acro-nyme

facteurs

Individus

 

(sigle d’identification, selon le site)

Entretien en couple ou individuel

 

Cpl = entretien en couple
Ind = entretien individuel

angoisses liées aux accidents aériens (passés ou à venir)

AAA

AAA1 = fort sentiment de peur d’un crash très probable
AAA2 = angoisse éventualité crash, souvenir Tupolev
AAA3 = aucune inquiétude
AAA4 = sans réponse

négociations avec ADP

ADP

ADP1 = relations positives avec ADP
ADP2 = relations négatives avec ADP
ADP3 = pouvoir absolu, pas de recherche de compromis
ADP4 = isolation acoustique indemnisée
ADP5 = sans réponse

animation/désertification

ADS

ADS1 = vie locale animée, taux d’équipement urbain satisf
ADS2 = processus de désertification urbain réel
ADS3 = crainte de désertification
ADS4 = vie locale morne
ADS5 = sans réponse

appréciation générale de l’action de l’aéroport

AER

AER1 = l’aéroport est vital pour l’économie de la France
AER2 = l’aéroport sauve l’emploi, développe la région
AER3 = l’aéroport pervertit la région (afflux d’indésirables)
AER4 = l’aéroport n’est qu’une source de nuis. environn.
AER5 = l’aéroport constitue un pôle d’animation
AER6 = l’aéroport est bien pratique pour voyager
AER7 = sans réponse

âge

AGE

AGE1 = jeunes
AGE2 = matures
AGE3 = vieux
AGE4 = donnée manquante

Appréciation de l’isolation acoustique

AIS

AIS1 = très efficace
AIS2 = efficace
AIS3 = moyenne
AIS4 = inefficace
AIS5 = sans réponse

Distance de l’aéroport

AKM

(valeurs réelles)

autoévaluation subjective de la gêne sur une échelle de 10
(variable LTE reconstruite pour les dossiers Ipsha et Europsyt)

ASG

ASG1 = gêne maximale évaluée à 10
ASG2 = gêne évaluée entre 9 et 7
ASG3 = gêne évaluée entre 6 et 4
ASG4 = gêne évaluée entre 3 et 1
ASG5 = gêne minimale
ASG6 = impossib à reconstruire

Augmentation du du trafic aérien

ATA

ATA1 = augment du trafic aér insupp, de pire en pire, etc.
ATA2 = réelle augment du trafic aérien
ATA3 = inquiétude quant à l’augm future
ATA4 = acceptation de l’augmentation du trafic aérien
ATA5 = augmentation non-perçue, illusion d’une diminution
ATA6 = sans réponse

Appréciation de la vie locale

AVL

AVL1 = vie locale très appréciée
AVL2 = vie locale appréciée
AVL3 = vie locale moyennement appréciée
AVL4 = vie locale peu appréciée
AVL5 = vie locale pas du tout appréciée
AVL6 = sans réponse

Le bruit le plus gênant

BPG

BPG1 = avions sans précision
BPG2 = avions, pointes de bruit, décollages, vacances
BPG3 = avions, fréquence/augmentation
BPG4 = le Concorde
BPG5 = avions la nuit
BPG6 = autre source, humaine ou animale
BPG7 = autre source, mécanique, moteurs
BPG8 = sans réponse

Cadres moyens

CDR

CDR1 = cadres moyens
CDR2 = non cadres
CDR3 = sans réponse

Commentaires sur le. Concorde

CNC

CNC1 = Concorde triomphal, donne l’heure et sa rareté appr
CNC2 = Concorde très beau mais très bruyant
CNC3 = sans réponse

Perturbations de la communication

COM

COM1 = perturbation de la parole ds le jardin ou la rue
COM2 = perturbation de la parole à l’intérieur du logement
COM3 = perturbation de la réception TV, son inaudible
COM4 = perturbation de la TV, son et image
COM5 = perturbation de la communic. uniqu. par Concorde
COM6 = aucun pb de bruit d’avions
COM7 = sans réponse

Degré de conscience politique du problème :
Dimension collective de la gène, militance anti-bruit, etc.

CPP

CPP-1 = forte conscience politique
CPP-2 = moyenne conscience politique
CPP- = faible conscience politique

Catégories Socio-Professonnelles

CSP

CSP1 = inactifs (retr, chôm, f. foyer)
CSP2 = petit fonctionnaire, ouvrier
CSP3 = employé bur, commerçant, technicien
CSP4 = fonctionnaire, cadre moy
CSP5 = prof libérale et assimilés
CSP6 = cadre sup et assimilés
CSP7 = sans réponse

durée de l'installation de l’interviewé dans son logement actuel

DIL

DIL1 = moins d’un an
DIL2 = de 1 à 3 ans
DIL3 = de 3 à 5 ans
DIL4 = de 5 à 10 ans
DIL5 = de 10 à 20 ans
DIL6 = de 20 à 30 ans
DIL7 = plus de 30 ans
DIL8 = sans réponse

Reconnaisssance de différents types d’avions

DTA

DTA1 = reconn. fine des diff. sonores entre les avions
DTA2 = reconn. grossière (Airbus, vieux avions, Concorde)
DTA3 = ne perçoit ou ne mentionne pas ces différences
DTA4 = sans réponse

état civil

ECV

ECV1 = marié(e)
ECV2 = concubins
ECV3 = célibataire
ECV4 = divorcé(e)
ECV5 = veuf/ve
ECV6 = sans réponse

Nombre d'enfants

ENF

Valeurs réelles ; 20 = sans enfants ; 21 = sans réponse

Appréciation globale de l’environnement
(y compris social)

ENV

ENV1 = très positif
ENV2 = positif
ENV3 = moyen
ENV4 = négatif
ENV5 = très négatif
ENV6 = sans réponse

Fonctionnaires

FON

FON1 = fonctionnaires
FON2 = non fonctionnaires
FON3 = sans réponse

gêne plus importante au décollage ou à l’atterrissage

GDA

GDA1 = gêne décollages plus forte que gêne atterrissages
GDA2 = gêne décollages équivalente gêne atterrissages
GDA3 = gêne décollages moins forte que gêne atterrissages
GDA4 = sans réponse

gêne saisonnière été/hiver

GSN

GSN1 = gêne l’été sans précisions
GSN2 = gêne l’été par ouverture impossible des fenêtres
GSN3 = gêne l’été par augm. trafic et ouvert imposs fenêtres
GSN4 = gêne l’été par augm. trafic et imposs utilis jardin
GSN5 = pas de gêne particulière l’été
GSN6 = sans réponse

GT/dB= la gêne liée au trafic par rapport à celle liée à l’intensité sonore (dbA)

GT/dB

GT/DB1 = pas de dist. entre augm. trafic et intensité sonore
GT/DB2 = l’augmentation du trafic est plus gênante
GT/DB3 = l’intensité en dB(A) est plus gênante que le trafic
GT/DB4 = sans réponse

habituation au bruit d’avion

HAB

HAB1 = dit s’être habitué(e), sans précisions
HAB2 = s’est habitué(e), mais en vacances remarque le stress
HAB3 = ne s’habitue pas
HAB4 = sans réponse

Installation en zone de bruit en connaissance de cause

ICC

ICC1 = s’est installé là malgré le bruit des avions de l’époque
ICC2 = s’est installé là en sous-estimant le br des av de l’ép.
ICC3 = s’est installé là avant la construction de l’aéroport
ICC4 = sans réponse

image liée au changement social

ICS

ICS1 = le progrès social est positif malgré tout
ICS2 = le changement social est inquiétant
ICS3 = le changement social est négatif, drogue, violence
ICS4 = activisme contre immigrés, jeunes, SDF, etc.
ICS5 = sans réponse

Image de l’aviation

IMAV

IMAV1 = image de l’aviation très positive en général
IMAV2 = histoire de l’aviation seule très positive
IMAV3 = image de l’aviat plutôt pos, utile personn
IMAV4 = image de l’aviation indifférente en général
IMAV5 = image de l’aviation négative à cause du bruit
IMAV6 = sans réponse

réactions des personnes non-habituées au bruit des avions, ou réactions des interviewés au retour de vacances

INV

INV1 = des invités réag à du br que les int. n’entend. plus
INV2 = réhabituation nécéss après les vacances
INV3 = sans réponse

Indicateur de Qualité de Vie (IQV)
(variable Ipsha reconstruite pour doss LTE et Europsyt)

IQV

IQV1 = très positif
IQV2 = positif
IQV3 = moyen
IQV4 = négatif
IQV5 = très négatif
IQV6 = sans réponse

Isolation acoustique

ISA

ISA1 = isolation acoustique existante
ISA2 = isolation acoustique absente
ISA3 = sans réponse

Taille du ménage

MEN

(nombre réél)

Les moteurs modernes ressentis comme étant moins bruyants

MMM

MMM1 = très positif (Airbus rien à voir avec Caravelle, etc)
MMM2 = progrès positifs, mais survie vieux avions
MMM3 = indifférence au thème des progrès des moteurs
MMM4 = sans réponse

non-respect des couloirs aériens

NRV

NRV1 = couloirs, régl survols respectés sauf except
NRV2 = couloirs, régl survols souvent transgréssés
NRV3 = couloirs, régl survols caducs par augm trafic
NRV4 = angle raide décollage très apprécié
NRV5 = sans réponse

Statut d'occupation

OCC

OCC1 = locataire
OCC2 = propriétaire
OCC3 = sans réponse

Origine urbaine/rurale

ORG

ORG1 = origine urbaine
ORG2 = origine rurale
ORG3 = sans réponse

Récapitulation : Problème N°1

PB1

PB1-1 = pb pointes bruit, pollut avions
PB1-2 = pb augm fréqu avions et répercuss stress
PB1-3 = pb mutat sociale nég, délinqu, dégrad relat
PB1-4 = pb individuel/familial actuel
PB1-5 = pb bruit/vibrat autre qu’avions
PB1-6 = pb chômage, crise, avenir
PB1-7 = pb dégrad cadre vie campagnard
PB1-8 = aucun problème
PB1-9 = sans réponse

Récapitulation : Problème N°2

PB2

PB2-1 = pb pointes bruit, pollut avions
PB2-2 = pb augm fréqu avions et répercuss stress
PB2-3 = pb mutat sociale nég, délinqu, dégrad relat
PB2-4 = pb individuel/familial actuel
PB2-5 = pb bruit/vibrat autre qu’avions
PB2-6 = pb chômage, crise, avenir
PB2-7 = pb dégrad cadre vie campagnard
PB2-8 = aucun problème
PB2-9 = sans réponse

Récapitulation : Problème N°3

PB3

PB3-1 = pb pointes bruit, pollut avions
PB3-2 = pb augm fréqu avions et répercuss stress
PB3-3 = pb mutat sociale nég, délinqu, dégrad relat
PB3-4 = pb individuel/familial actuel
PB3-5 = pb bruit/vibrat autre qu’avions
PB3-6 = pb chômage, crise, avenir
PB3-7 = pb dégrad cadre vie campagnard
PB3-8 = aucun problème
PB3-9 = sans réponse

peur de l’augmentation de la délinquance

PDL

PDL1 = subi personnell. agression, cambriol.
PDL2 = peur montée délinquance réelle, drogue, bandes
PDL3 = peur montée sentiment d’insécurité
PDL4 = activ aéroport crée popul. à problèmes
PDL5 = peur de l’activisme anti-délinquance
PDL6 = pas de pb de délinquance
PDL7 = sans réponse

peur d’une perte financière à la revente du logement

PPF

PPF1 = perte valeur immob. estimée entre 31-50%
PPF2 = estimée entre 21-30%
PPF3 = estimée entre 10-20%
PPF4 = pas de perte valeur immob, revente facile
PPF5 = sans réponse

parcours résidentiel de l’interviewé

PRS

PRS1 = enfance dans la région de l’aéroport
PRS2 = vient de province, origine rurale
PRS3 = vient de province, origine urbaine
PRS4 = vient de Paris intra-muros
PRS5 = vient de la banlieue, maison individuelle
PRS6 = vient de la banlieue, HLM
PRS7 = vient d’un habitat précaire (caravane)
PRSsr = sans réponse

résident « captif » (attaches affectives, origine, travail) ou de passage pour une période limitée

RCP

RCP1 = captif
RCP2 = passage
RCP3 = hésite à partir
RCP4 = sans réponse

raison donnée pour l’installation

RDI

RDI1 = enfance, racines, parents sur place
RDI2 = profiter d’une bonne occasion immobilière
RDI3 = proximité du lieu de travail
RDI4 = mutation (enseign, admin, entrepr)
RDI5 = trouver le bon air et le calme de la campagne
RDI6 = fuite du stress parisien
RDI7 = solution d’urgence en attente
RDI8 = sans réponse

rang du bruit des avions parmi les sources de gêne mentionnées

RNG

RNG1 = rang 1
RNG2 = rang 2
RNG3 = rang 3
RNG4 = sans réponse

La résidence secondaire utilisée pour fuir le bruit

RSF

RSF1 = la résidence second permet de fuir le bruit, le stress
RSF2 = la rés second est indépendante du bruit, du stress
RSF3 = pas de résidence secondaire ni possibilité
RSF4 = sans réponse

Sexe

SEX

SEX1 = femme
SEX2 = homme
SEX3 = couple

Perturbations du sommeil

SOM

SOM1 = très forte pertub noct, effets négatifs sur la santé
SOM2 = réveils, sommeil perturbé sans précisions
SOM3 = avions réveillent le matin tôt seulement
SOM4 = boules Quiès, fermeture fenêtres
SOM5 = sommeil perturbé par jeunes, camions, pas avions
SOM6 = pas de problème de sommeil
SOM7 = sans réponse

type de gêne face aux avions, et attitude consciente exprimée par l’interviewé

TGA

TGA1 = gêne :augmentation gle du bruit, du trafic
TGA2 = gêne : augment. bruit saisonnier, ou selon le vent
TGA3 = gêne : invalidation du jardin malgré isolat. acoust.
TGA4 = gêne : aff subjective, interrupt communication
TGA5 = gêne : mutation sociale, délinqu. plus gênants qu’avions
TGA6 = gêne : voisins, odeurs, route, etc. plus gênants qu’avions
TGA7 = gêne : acceptée contre avantages (trav, logt, etc)
TGA8 = gêne nocturne, non respect couloirs de vol
TGA9 = sans réponse

type d'habitat

THB

Pav = pavillon
Apt = appartement
Mvl = maison de ville
HLM = HLM

Territorialisation : sentiment d’appartenance locale, lié à la qualité de certains attributs du cadre de vie

TRT

TRT-1 = forte territorialisation
TRT-2 = moyenne terr
TRT-3 = faible terr

Toutes sources de gêne mentionnées par l’interviewé (y compris sociale), sans hiérarchie

TSG

TSG1 = bruit des avions
TSG2 = bruit des avions, et retombées de kérosène
TSG3 = bruit des avions, et bandes de jeunes
TSG4 = bruit des avions, et bruit routier
TSG5 = bruit des avions, et mauvais voisinage
TSG6 = trois sources de gêne, dont avions
TSG7 = autres sources de gêne
TSG8 = sans réponse

La vie de loisirs utilisée pour fuir le bruit

VLF

VLF1 = la vie de loisirs permet de fuir le bruit, le stress
VLF2 = la vie de loisirs est indépendante du bruit, du stress
VLF3 = pas de vie de loisirs
VLF4 = sans réponse

   
   

4.2 Résultats de l'analyse factorielle des correspondances : une typologie en trois groupes d'attitudes

   
   

Ci-dessous et aux deux pages suivantes, nous voyons la structure obtenue lors de cette ACP, qui se présente clairement entrois groupes bien distincts, regroupant parfois l’effectif presque entier de certains sites d’enquête, chacun des trois groupes tirant à lui, par définition, certaines des variables actives et passives qui lui confèrent son identité par rapport à la gêne : le groupe d’individus adoptant une attitude conforme à une faible gêne de bruit d’avion, celui, à l’opposé, consécutif à une très forte gêne, et un groupe intermédiaire, peut-être plus instable dans ses représentations.

   
   
   
   
   
   
   
   

4.3 Les sites d'enquête et les individus selon les trois groupes d’attitudes

   
   

Site d'enquête

Groupe A
(faiblement gênés)

Groupe B
(fortement gênés)

Groupe C
(moyennement gênés)

Bullion

Bull03

 

Bull01
Bull02
Bull04
Bull05
Bull06
Bull07

Deuil la Barre

 

 

Deuil01

Gonesse

Gon03
Gon06
Gon07

Gon01
Gon02
Gon04
Gon05
Gon09
Gon10
Gon11

 

 

Gon08

Goussainville

 

Gouss01
Gouss02
Gouss03
Gouss04
Gouss05
Gouss06
Gouss07
Gouss08

 

 

Gouss09

Iverny

Iver02
Iver04
Iver07

Iver03
Iver05

Iver01
Iver06

Le Mesnil Amelot

MAm02
MAm05
MAm09

MAm01
MAm03
MAm04
MAm06
MAm07
MAm08

 

 

MAm10

Le Mesnil Aubry

MAub01

MAub03
MAub04
MAub05
MAub07

MAub02
MAub06
MAub08

Mitri Mory

 

MitMor01

MitMor02

Montmorency

Mont02
Mont03
Mont04
Mont06
Mont07

Mont01
Mont05

 

 

Mont08

Roissy

 

Roiss01

Roiss02

Sannois

San01
San02

San03

San04

Saint-Mard

 

StM01
StM03
StM06
StM07
StM08
StM11

StM02
StM10
StM12
StM13

Villeneuve
St Georges

 

VSG01
VSG02
VSG03
VSG04

 

Total

18

43

23

   
   

Groupe A :
Presque tous les interviewés de Montmorency font partie du groupe A, sauf ceux habitant des immeubles situés en émergence (colline). C’est également le cas à Sannois. Ont peut s’étonner de la présence, dans ce groupe, de certains interviewés faisant exception par rapport à la totalité des autres habitants d’un site : c’est le cas d’un interviewé de Bullion, qui fait entièrement partie du groupe C (Bull03), et de trois interviewés de Gonesse, qui appartient en totalité au groupe B (Gon03, 06 et 07). Voyons en premier ce qui peut expliquer ces déviations apparentes, avant d’exposer plus longuement le cas-type exemplaire de ce groupe d’attitude, le couple Gon07/08, chez qui chacun des deux conjoints appartient à un groupe différent !

Groupe B :
Tout Goussainville (sauf Gouss05 qui est dans le groupe C) ; tout Villeneuve Saint-Georges, sans exception. Presque tout Gonesse, sauf Gon03, 06, et 07, qui sont en groupe A, et Gon 08 qui est en groupe C. La majorité du Mesnil-Amelot (6 cas sur 10), mais la minorité est en groupe A ; également la majorité de St Mard (6 sur 10), mais la minorité cette fois est en groupe C. Une faible majorité du Mesnil Aubry.

Groupe C :
Tout Bullion, sauf Bull03 en groupe A. Une forte minorité du Mesnil Aubry et de St Mard.

   
   

4.4 Les « cas » du groupe A : faiblement gênés par le bruit d'avions

   
   

Les interviewés appartenant au groupe A ne sont presque pas gênés par le bruit des avions; ils le sont souvent davantage par d'autres nuisances sonores. Leur « principal problème » est celui du bruit ou vibrations de sources autres qu’aéronautique. Le facteur « rang3 », logiquement, est étroitement associé au groupe A. La communication verbale n’est réellement perturbée que par les survols du Concorde. Les membres du groupe A ne s’intéressent pas aux différences entre les avions, ni au fait de savoir si l’intensité du bruit prime ou non sur l’augmentation de la fréquence des survols. Ils disent en majorité s’être habitués au bruit. Le mauvais voisinage, le bruit routier et d’autres sources sonores créent une gêne plus importante que les avions.

   
   

Bull03 : Cet homme de 50 ans est un électronicien de conduite de vol. Ils ont quitté Les Ulis pour fuir le bruit des avions. Il perçoit, en comparaison, l'ambiance générale à Bullion comme remarquable (cf. notre hypothèse du « bénéfice de gêne »). Il y a donc chez lui un ensemble de facteurs tendant à minimiser la gêne subjective, au premier chef la participation à l’activité aéronautique (facteur souvent présent dans ce groupe).

   
   

Gon03 : Cet homme de 52 ans est un retraité de l’aviation (ancien personnel navigant). Il est soumis au bruit incessant du trafic de camions sur la nationale qui passe devant chez lui. Les vibrations des camions détériorent sérieusement la construction. Le bruit des camions est insupportable. Le bruit des avions ne lui pose pas de problème par rapport à ce qu'il endure avec le bruit du trafic routier.

   
   

Gon06 : Cette femme africaine de 41 ans estime que l'important, c'est d'abord la sécurité. Également le bruit, mais il est beaucoup moins important que la sécurité. Leurs fêtes familiales sont parfois bruyantes mais elle dit que les voisins font des fêtes également... Le bruit des avions lui paraît relativement supportable à Gonesse, si elle le compare à celui que supporte sa cousine à Goussainville. Le couple prend l'avion tous les ans au moins pour se rendre à Conakry, l'avion est le cordon ombilical qui les relie à leurs origines et leur permet de supporter une vie difficile en France.

   
   

Gon07/08 (couple) : Le mari et la femme de ce couple, qui se retrouvent respectivement dans le groupe A et le groupe B, ont tous deux 37 ans. Ils ont eu une petite-fille de trois ans. Ils habitent une maison de ville au centre de Gonesse, avec un jardin de 800M2 en cœur d'îlot. Il est éducateur sportif, et elle est infirmière psychiatrique sur Paris. Leurs revenus sont de l'ordre de 25 KF. Le plus important pour eux c'est la famille, la santé, le cadre de vie. Le bruit des avions fait problème dans leur vie actuelle. La circulation également est pénible, le bruit est cependant tolérable à cause de l'isolation des fenêtres. Il a toujours habité Gonesse avec ses frères, qui vivent dans le même immeuble, ils habitaient autrefois juste de l'autre côté de la place, et n’avaient alors que le bruit des avions du Bourget : c'est avec Roissy que les choses se sont nettement aggravées. Il regrette la perte de l'eau de source de Gonesse, si excellente que la firme Schweppes était venue s'y installer. Désormais ils boivent l'eau du réseau, beaucoup moins bonne. Elle vient de Neuilly sur Marne, où elle vivait dans l'ensemble « Les esplanades », « des tours très réussies » et qui semblent l'être resté. Elle est moins satisfaite de son quartier que lui, dont c'est le quartier d'enfance, Gonesse est une ville désagréable à cause de sa circulation et de son manque d'espaces verts, dit-elle. Dans l'idéal ils préféreraient vivre à la campagne mais pas trop loin de la ville. Pour les vacances ils vont souvent à la mer et à la montagne, ils ont un studio pour les sports d'hiver. Dans la nature, la pluie, l'orage, « c'est le bruit de la vie », et les machines agricoles ne les gênent jamais à la campagne. Le changement social est très rapide, « la société change à vue d’œil, mais on s'adapte ». Le bruit du tonnerre et des avions fait parfois peur à la petite-fille de trois ans. lis ne trouvent pas qu'il y ait davantage de bruit qu'autrefois. Lui a un travail bruyant (piscine), et se demande s'il n’a pas une perte d'audition. Les jeunes font exprès de faire du bruit avec les mobylettes sur la place devant la maison. Elle supporte mieux le silence que lui, qui a besoin d'une dose de fond sonore.
Concernant les avions, elle dira que »le soir quand il fait chaud, on ne peut pas ouvrir les fenêtres, ce n’est plus possible ». Les week-ends les avions passent parfois toutes les trente secondes et au minimum toutes les trois minutes. Elle ne perçoit pas de différences entre les décollages et les atterrissages; lui si, il trouve qu'en phase d'atterrissage on les entend davantage. On les voit facilement de chez eux, même les phares d'atterrissage les dérangent (surtout l'enfant). Ils ne sortent jamais les voir; il trouve que le bruit des avions a diminué : « les hélices étaient plus bruyantes, elles avaient une autre sonorité ». Il arrive qu'ils n’entendent plus le bruit à cause de leurs activités. Les avions les dérangent parfois pour regarder la télévision (son). Ils pensent que le bruit des avions à une influence sur la santé au plan psychologique. Le Concorde est magnifique, il passe tous les jours à 1lh30, il est très bruyant mais c'est la technologie française, et le progrès, et sur Gonesse heureusement il est déjà haut. Il ne connaissent pas du tout les différents avions. « Les avions d’aéro-club, c'est pas la même chose, c'est une passion! »
Grâce à ce couple, dont le cas parle éloquemment de lui-même, nous pouvons illustrer exemplairement, pensons nous, la subjectivité humaine face au monde sonore !

   
   

Iver02 : L'interviewé est un homme de 37 ans, marié et père de deux enfants, vivant dans une maison de village au centre d'Iverny avec un jardin d'environ 600 mètres carrés. Rien, selon lui, ne fait problème dans cet endroit, où ils ont acheté il y a huit ans, et où il se sent plutôt bien. Il n’aborde le problème des avions, qu'il relativise, qu’en disant que Roissy était là avant eux, « on a acheté notre maison en connaissance de cause ». Ils ont vécu deux ans à Meaux en HLM auparavant, dans un quartier « qui n’a pas forcément très bonne réputation ». Ils espèrent trouver une maison encore plus intéressante dans le village même. Le bruit, il le supporte difficilement mais ce n’est pas tellement celui des avions que le bruit des chiens des voisins. Pourtant les avions, dit-il, sont surtout gênants aux décollages par vent d'Est, quand il fait beau : c'est quand ils sortent dans le jardin !
Comme souvent dans ce groupe A, nous voyons ici une ascension sociale accomplie, une image très positive de soi et un sentiment de maîtrise du devenir propre parvenir à effacer la subjectivité de la gêne due au bruit.

   
   

Iver04 : C'est une femme de 33 ans, qui habite une maison riveraine de la départementale 115 qui traverse lverny. Le problème principal chez eux ce sont les camions de betterave entre le mois d'octobre et de décembre ; ensuite les avions. Mais il se plaignent encore davantage du bruit des voisins « qui n’ont aucun respect des normes de la communauté », car Roissy disent-ils, « on s'y habitue, ». Ils sortent souvent à 11h15 pour voir passer le Concorde.
De même que dans le cas suivant, il est question ici d’une image positive de l’aviation, au bruit anonyme par comparaison à celui, précis, du voisinage, et celui d’une nuisance supérieure à celle de l’aviation.

   
   

Iver07 : femme, 25 ans, trois enfants, sans-emploi. « les avions, au début, on les entendait, puis maintenant, on les a oubliés. On vit fenêtres ouvertes. C'est super, les avions : je ne suis jamais monté mais j'aimerais bien. Avant, on vivait en caravane, alors maintenant, on est super bien en maison ».
« On est plus embêté par les voitures que par les avions : avec les voitures, on a peur pour nos enfants. »

   
   

MAm02 : Elle dit qu'en venant s'installer ici, ils savaient pourquoi ils ont acheté moins cher, il ne faut pas rêver, ils ne vont pas aller se plaindre ensuite contre les avions. Ils n’osent pas demander d'indemnisation pour insonoriser le grenier, parce qu'ils s'estiment peu gênés.

   
   

MAm05 : Mariée avec un mécano d’Air France. Le bruit est quelque chose d'intolérable, « sauf les avions »! Elle trouve que « les mobylettes donnent envie de tuer ». La gêne dépend de la musicalité des bruits : le son des cloches est supportable, les autobus de la déviation actuellement devant chez elle ne le sont pas. Il lui est souvent arrivé d'appeler la police à cause des voisins bruyants. Concernant le bruit des avions elle dira tout d'abord « que ça, de la dérange pas », surtout les essais de moteurs qui signifient pour elle que son mari fait son travail ; mais un peu plus tard elle explique que les décollages sont vraiment gênants...

   
   

MAm09 : Commerçant nouvellement implanté: le bénéfice, tant en terme économique que de cadre de vie, est important Se dit peu dérangé par les avions mais dort fenêtres fermées Quelques craintes ambivalentes sur l'avenir: oui pour le développement (économique) mais inquiétudes sur l'augmentation du trafic. Inquiétudes face à la délinquance. Repère des différences de volumes du trafic (W.E., vacances). « Le Concorde : plutôt agréable, il fait partie de l'environnement. La gêne, ça dépend de chacun quand on travaille, on fait moins attention au bruit ».

   
   

MAub01 : Toute sa belle famille est originaire de la région, de plus, la maison était bon marché. Elle dit que lorsqu'ils ont acheté, ils n’ont pas fait attention aux bruits. Elle évoque un petit village où tout le monde se connaît et où l'ambiance est bonne. Elle dit que les avions c'est l'enfer, mais que son voisin avec son tracteur aussi.

   
   

Mont02 : Elle évoque un lieu privilégié à proximité de Paris et offrant le calme d'une petite ville. Elle parle du bruit des avions seulement après relance. Elle estime que ça n’a rien à voir avec le bruit incessant des voitures sur une grande route dont la permanence rend fou. Le bruit des avions n’est pas nocif, il ne prend pas la tête. Si ça lui rendait la vie impossible, elle aurait déménagé depuis longtemps. Au début elle était un peu gênée parce qu'elle n’était pas habituée, mais maintenant elle ne les entend plus. Elle aime les avions et est impressionnée par leur technologie.
À un moment le bruit des avions était insupportable, mais il y a eu des pétitions et quelques changements sont intervenus parce que la population a râlé. Elle reconnaît les résultats obtenus grâce à l'action des associations.

   
   

Mont03 : Pour elle, c'est le dernier coin de paradis. Elle se dit moins gênée par les avions que par les bruits de mobylettes, de motos, ou de conflits de voisinage. Elle précise toutefois, que l'été sur la terrasse, il lui arrive d'arrêter la conversation à cause des avions. D'après elle ce sont les associations qui ont obtenu une orientation des pistes différentes et le contournement de la vallée de Montmorency. Avant la modification des axes, il y avait des largages de kérosène qui ont engendré la perte de cèdres. De toute façon il faut bien que les avions volent.

   
   

Mont04 : L'important pour eux, avant tout, c'est la propreté. Le bruit n’est pas mentionné comment problème d'environnement. C'est la pureté de l'eau qui pose problème, ils boivent de l'eau minérale. Le thème du bruit apparaît à propos du travail : son travail dans des cantines scolaires est bruyant. Les voisins également sont bruyants, ils la réveillent la nuit (fêtes), ils bricolent parfois tard le soir (perceuses). Elle ne voit aucune différence entre les avions, même entre le Concorde et les autres.

   
   

Mont06 : Rien ne fait problème dans son existence actuellement. Mais, concernant l'environnement, il déclare que les avions, eux, posent problème. Les avions commencent tôt le matin vers 5 ou 6 heures, les différences entre décollages et atterrissages sont « flagrantes ». Il n’a pas besoin de sortir dehors pour les voir, ils passent souvent très bas au-dessus de son immeuble (le même immeuble que l'interview Mont05, qui se retrouve, en effet, en groupe B). Il pense que le bruit des avions à une influence sur la santé, notamment « les états dépressifs à Goussainville » et sur les écoliers de son établissement à Gonesse, où « les conditions sont terribles »; cette école est obligée de fermer lors de la tenue des salons du Bourget. La solution selon lui est dans la technologie des réacteurs.

   
   

Mont07 : « C'est un quartier tranquille, où l'on respire, il y a la forêt, on peut faire du sport: On se sent encadré ». Ici, il n’y a pas de bruit la nuit sauf quelques jeunes qui discutent. Le bruit perçu est surtout celui des voitures à 6 heures le matin. Les avions, on s'habitue et les fenêtres sont isolées. Il ne les entend pas la nuit, ils font moins de bruit que les voitures.

   
   

Sann01 : Il se plaint de la vie socioculturelle pas terrible à Sannois, de l'absence d'un vrai centre ville. Il parle des problèmes de voisinages, de cambriolages. Le bruit des avions ne le gêne pas parce qu'il aime les avions. Il aime les avions pour le côté technique et la beauté de la ligne. La gêne serait une question de disposition, une affaire de perception, de sensibilité. Il reconnaît que le maire a organisé des réunions d'information.

   
   

Sann02 : Elle a fait installer du double vitrage à cause du bruit de la circulation routière. Fenêtres ouvertes, l'été, il y a beaucoup de bruit, mais ce n’est pas insupportable. Elle dit ne pas connaître le problème des avions. Elle en entend seulement un ou deux parfois, mais ce n’est pas désagréable. Pour elle le bruit le plus insupportable est le bruit incessant, comme celui d'une autoroute.

   
   

4.5 Les « cas » du groupe B : fortement gênés par le bruit d'avions

   
   

Dans ce groupe d’interviewés qui se déclarent très fortement gênés par les avions, les ménages de deux personnes sont dominants : il s’agit de personnes ayant déjà atteint un certain âge et dont les enfants, devenus grands, sont partis. Le facteur « gêne évaluée à 10 », le maximum, fait partie de ce groupe, ainsi que le facteur « rang1 ». Ce sont surtout les pointes de bruit, au décollage et pendant les départs en vacances, qui les gênent le plus. Ils reconnaissent les avions les plus bruyants, ce sont les avions anciens et le Concorde. Ce bruit d’avion parvient à masquer la parole, aussi bien à l’extérieur dans le jardin ou la rue, qu’à l’intérieur du logement. ; ceci malgré l’insonorisation assez fréquente des locaux. Ils jugent leur environnement comme étant « négatif », et trouvent que l’augmentation du trafic est plus gênante que l’intensité sonore. Ils remarquent la réaction de surprise, de la part d’invités venant chez eux pour la première fois, devant des bruits d’avion qu’eux-mêmes ne remarquent plus, tout en les subissant. Leur « problème n°1 », c’est la pointe de bruit, l’augmentation de la fréquence des survols, la pollution et le stress. Ils font état d’une dégradation générale de l’environnement, imputable à l’aéronautique : mutation sociale négative des quartiers nuisancés où ils habitent, délinquance, relations humaines regressées, faible territorialisation. Leur vie de loisirs est axée clairement sur l’évasion de ces zones de bruit et de stress.
La gêne dans ce groupe est tellement forte que les propos tenus par les interviewés ont tendance à s’uniformiser, l’intensité sonore semble mettre tout le monde ou presque d’accord sur les thèmes essentiels. C’est à Gonesse, Goussainville et Villeneuve St Georges que l’on trouve les « cas » les plus parlants, dont nous pouvons nous suffire...

   
   

Gon02 : Entretien simple H : 57 ans ; retraité, imprimeur.
Propriétaire maison depuis 37 ans Il se plaint de l'environnement qui a changé. Il ne pensait pas qu'il y aurait tant d'avions, ça s'est beaucoup aggravé. Il veut quitter la région pour aller rejoindre ses frères dans le sud de la France. Il essaye de vendre depuis 2 ans en vain. Il entend le bruit des avions même fenêtres fermées. Il dit qu'il y a trop de bruit et que les avions jettent du kérosène, le mobilier de jardin est toujours sale. Fenêtre ouverte, il n’entend pas la télévision. Ça le fait sursauter surtout le soir, et quelquefois à 4 heures du matin, ça le réveille. Au moment des départs en vacances, en juillet-aout, c'est le pire. Il ne différencie pas les avions sauf le Concorde. Il reconnaît atterrissage et décollage. Il pense s'être habitué, mais pense que c'est excessif, un nouveau venu ne supporte pas.
Il dit que l'inconvénient c'est le bruit, sinon il aime bien les avions. Il demande à ce qu'on lui baisse les impôts locaux, ou qu'on les aide à insonoriser encore plus. Il n’est pas trop au courant des procédures d'indemnisations. Il a participé à deux manifestations, mais elles n’ont pas arrêté la construction des pistes. Personne ne peut rien faire contre le bruit des avions. Les actions des associations sont peine perdue. Aucun ministre ne pourra arrêter les nuisances de l'aéroport, c'est l'économie vitale du pays.

   
   

Gon04 : Entretien simple H : 51 ans ; informaticien ; marié ; 3 enfants. Locataire appartement.
Un problème de perte de temps dans les transports l'a amené à venir s'établir à Gonesse. Il dit qu'il a négligé l'environnement. Il pense habiter dans un cadre privilégié par rapport au prix des loyers. L'inconvénient est la proximité de Roissy. Quand les fenêtres sont ouvertes, il n’entend plus le son de la télévision. Il évoque une circulation intense. Il les entend à partir de 4 heures du matin. Il connaît les horaires de passage du Concorde. Il y a des périodes de passage ou d'après lui c'est horrible : ce: sont les entrées et les sorties, un peu comme le RER ; entre 8 et 10 heures et entre 17 et 19 heures, et au moment des départs en vacances. Au début de son installation, il a compté la fréquence de passage des avions, un toutes les 3 minutes, et avec le temps il y fait moins attention. Il ressent une angoisse du scratch à cause d'une erreur ou d'une défaillance mécanique. Il emprunte souvent l'avion et pense que c'est le moyen de transport le plus performant, mais il pense que pour les gens qui ne prennent jamais l'avion le bruit est horrible. Il dit que les gens cultivent des légumes qu'ils ne peuvent pas consommer à cause des huiles qui sont rejetées à l'ouverture des trains d'atterrissages. Il reconnaît les actions de la municipalité et du conseil général, notamment une enquête sur les nuisances. Mais il dit que l'on a fait taire les gens avec la baisse des impôts locaux. Il connaît plusieurs associations et pense qu'elles devraient aller d'avantage au-devant des riverains.

   
   

Gon09 femme au chômage, 40 ans, mariée, 2 enfants, locataire de son appartement depuis 11 ans, à 3 ou 4 km de l'aéroport, à l'ouest de Roissy
Raisons choix résidentiel :moyens financiers et travail. Le mari est conducteur d'engins. Ils viennent de Normandie où ils vivaient à la campagne. Ils sont là parce qu'ils y ont trouvé du travail. Depuis leur arrivée, ils constatent le changement de mentalité des gens qui vivent dans l'isolement: personne ne se parle. La commune est mal desservie en transports en commun. Il y a trop de bruit, trop de pollution sonore et de kérosène : le linge blanc devient noir. Mais tout dépend du vent. Les gens n’ont aucun civisme, les animaux polluent la résidence. Les appartements vieillissent mal. Ils ne sont pas insonorisés, on entend tout. Les avantages de la résidence sont: la verdure, la clarté des appartements, le parc où les enfants peuvent jouer. La mairie a une bonne écoute pour ses habitants.
Les points faibles de Gonesse sont: l'insécurité qui est partout. Il n’y a pas d'autorité pour faire régner l'ordre. Les enfants ils se font tabasser à l'école. Il n’y a rien pour eux. Le problème majeur, c'est la sécurité: Que l'Etat et les citoyens prennent leurs responsabilités. Il y a le problème des ethnies différentes, on le vit dans la cité, il y a des clans. Ici, les enfants ont de l'asthme et des bronchites, c'est dû à la pollution. D'ailleurs ça correspond toujours au pic de pollution. « Ca m'a fait arrêter de fumer ».
En dehors des bruits de voisinage, il y a le bruit des avions : on n’entend pas la télé. Tout vibre. On arrête de discuter. Le Concorde fait vibrer les carreaux. Il y a aussi le problème des vents qui ramènent les bruits et les odeurs. Aux heures de pointes, les avions passent parfois par 6 à la fois et toutes les 2 minutes. « Sur Roissy, c'est toute l'année en raison des salons qui ont souvent lieu le week- end. la nuit, ils passent, c'est 2 heures, ils nous réveillent ».
Les craintes résident dans l'insécurité: « On a peur que ça devienne comme aux US, on se sent en insécurité ». Ils pensent aux accidents d'avion, notamment en raison des collisions successives de ces derniers temps : « Quand il y a une collision, ça nous rappelle que nous habitons là ».
Ils sont inquiets pour les deux pistes qui vont s'ouvrir, le bruit sera multiplié par deux : Où vont-ils passer ?. Dans les écoles, les enfants n’entendent pas la maîtresse ». On constate des problèmes de surdité.

   
   

Gon10 Femme, sans emploi, 33 ans, mariée, époux chauffeur livreur, 3 enfants, locataire de son appartement depuis 11 ans, à 20 km de l'aéroport
Originaire de l'Aisne, elle a trouvé un emploi à Roissy par l'intermédiaire de son parrain. Il y a 6 ans qu'elle a été licenciée. C'est son parrain qui lui a trouvé son logement sur Gonesse. Elle espère retourner à St Quentin car ici les gens ne sont pas sociables, il y a de la délinquance, de la violence, des cambriolages : « Ce n’est plus possible de vivre ici ».
« Quand le Concorde passe le mur du son, c'est terrible, c'est comme une détonation. En journée, il passe à 11H15, à 22H30/23H le soir ». Son mari travaille à Roissy, ils restent donc ici pour l'instant.

   
   

Gouss01 : Entretien simultané F : 27 ans aide soignante H : 31 ans instituteur ; mariés ', sans enfant.
Logement de fonction depuis 1 ans et demi. Il est originaire de la région. Le vieux pays est décrit comme vivant même s'il n’y a pas de mairie. Il y a une association de défense des riverains et d'autres associations culturelles. Quand l'aéroport s'est construit, les gens ont eu très peur que la piste passe juste au-dessus d'eux, ils ont tous déménagé, et certains ont vendu leur maison. Beaucoup de logements murés ou squattés au vieux pays, ils ne comprennent pas pourquoi Roissy ne s'en préoccupe pas plus. Les seules nuisances qu'ils reconnaissent sont aériennes. Quand le Concorde passe, les vitres bougent, il y a des vibrations, et ils ont l'impression qu'il va s'écraser. Ils arrêtent toute activité au passage du Concorde. Leur rythme journalier est ponctué par les avions : à 5h30-6 heures il est réveillé par les avions, et à 11h20 mn il y a le Concorde. En juillet-aout au moment des départs en vacances, le bruit est continu. Les gens qui ont des jardins ouvriers se plaignent des dépôts de kérosène. Quand il y a du brouillard et pas de vent, ils sentent le carburant. Les amis qui viennent chez eux ont énormément de mal à dormir. Ils estiment qu'une route passante, c'est pire que les avions, quand la voiture passe, ça donne un bruit sourd, en continu. Mais ils pensent que c'est aussi une question d'habitude. Quand on est dans l'avion, on ne pense pas à ceux qui sont en dessous. Ils pensent que même avec des regroupements, des pétitions, ça ne changerait pas grand-chose. Qu'il y ait des pétitions ou pas, « ils » auront le dernier mot, « ils » feront leur projet.

   
   

Gouss02 : Entretien simple H : 82 ans marié, retraité ; président association de riverains depuis 30 ans.
Propriétaire pavillon depuis 38 ans. Pour lui, l'aéroport représente toute l'économie du val d'Oise, c'est un des pôles de développement. Il dit que l'aéroport s'est construit en catimini. Il pense qu'on ne s'habitue pas au bruit des avions, qu'il y a des répercussions nerveuses. Il se déclare trop vieux pour déménager et que de toute façon à condition de trouver un acheteur il perdrait 50 % du prix de sa maison. Il parle essentiellement des actions et procès qu'il a menés avec son association contre l'ADP. Il dit que l'on peut porter plainte contre son voisin parce qu'il fait trop de bruit, mais contre l'ADP on ne peut rien faire. Il dénonce la volonté de construction des mairies des communes exposées. î Il pense qu'il faudrait prendre en compte l'insonorisation totale des logements, et pas seulement les fenêtres. Il juge les politiques et les associations impuissants face à l'aéroport.

   
   

Gouss04 : L'interviewé est un retraité de 62 ans, marié et père de deux enfants, mariés eux-mêmes. Il habite un pavillon de 5p avec un petit jardin, dont il a fait lui-même tous les travaux à partir de 1971, pavillon qu'il a racheté à un ami après l'accident du Tupolev, tombé précisément à cet endroit (l'école Pasteur) : plusieurs habitants sont partis vivre ailleurs, ne supportant plus ce souvenir. Ils ne partent jamais en vacances, ni en week-end; ils n’ont aucun endroit où fuir le bruit des avions : « on dit souvent qu'on s'habitue. Ce n’est pas vrai ! On ne s'habitue jamais. » Il trouve que le bruit « c'est pareil depuis vingt ans ». C'est surtout grave le soir à partir de 19h. Il n’a jamais pris lui-même l'avion; il n’entend aucune différence dans leur bruit depuis vingt ans. Le Concorde : « Ne m'en parlez pas ! C'est la belle bête mais alors... C'est strident mais bref. Ça bouge le cœur »... La seule solution, c'est qu'il n’y ait plus aucun avion. Les petits avions des aéro-clubs gênent beaucoup moins, ils les appellent « avions à pédales », parce qu'ils passent très lentement. Les avions à hélices sont presque aussi bruyants que ceux à réaction.
La peur des accidents est restée vivace dans ce quartier, où l'on connaît par cœur leur liste complète depuis la chute du Tupolev.

   
   

Gouss06 Chauffeur livreur, 33 ans, marié, 2 enfants, locataire de la maison depuis 6 ans, depuis 20 ans avec ses parents, à 1 km de l'aéroport, au nord de Roissy). L'emplacement de la maison est agréable, en pleins champs mais elle se trouve en bout de piste et, l'été, toutes les 30 secondes et toutes les minutes l'hiver, un avion décolle : « Avec les jumelles, on voit le pilote ! » Le pire de tout, c'est quand le Concorde décolle, c'est le plus bruyant (plus de 110 dB) et il décolle trop bas : « Les vitres de la maison vibrent », « Mes enfants se bouchent les oreilles », « Je suis prêt à recevoir des gens pour filmer le Concorde à 300 ou 400 mètres ». Malgré les travaux d'isolation aux fenêtres, à la charge du locataire, le bruit reste difficilement supportable. Même la nuit les avions décollent: « Ils ne respectent pas le sommeil des gens. Ils décollent à 2 ou 3 heures du matin ».
En cas de catastrophe, la personne interrogée se déclare aux premières loges : « L'école avait été touchée lors de l'accident du Tupolev ».
Malgré tout, l'interlocuteur reste en raison du loyer, très bas. De plus, ses parents habitaient là et il ne voudrait pas que d'autres y habitent. C'est sentimental.

   
   

Gouss08 Retraitée, 75 ans, veuve, locataire de son appartement depuis 40 ans, à 7 km de l'aéroport, à l'ouest de Roissy. Elle a habité le premier HLM de Goussainville où elle vit toujours. Elle a la nostalgie de l'époque où l'on vivait à Goussainville l'été les fenêtres grandes ouvertes. Maintenant, ce n’est plus possible en raison des agressions et des cambriolages : « Il n’y a plus de sécurité ». Avant, Goussainville était une petite ville de campagne, tranquille, où tout le monde se connaissait. Aujourd'hui, il n’y a plus de petits commerçants.
S'inquiète des deux nouvelles pistes qui doivent ouvrir prochainement. Elle évoque le Concorde qui passe deux fois par jour et qu'on n’entend pas en ce moment en raison de la grève. Sans compter les 747 qui décollent: « L'été, les fenêtres ouvertes, ce n’est pas possible ».
Vit dans un environnement bruyant: le voisinage de l'immeuble, les feux tricolores sur le trajet qui mène à la gare, les voitures qui passent au mépris des gens qui traversent... Tout cela dans un bruit sourd. Le pire, c'est le Concorde, deux fois par jour, qui fait vibrer tout l'appartement. Par beau temps, il vole plus haut et on l'entend moins. C'est surtout quand il décolle La nuit, il y a les gros avions qui passent à 2H30. Le bruit des 747 est plus sourd. Ils décollent tous les uns à la suite des autres. L'été, on ne peut pas parler dehors, les avions décollent et atterrissent sans cesse. La personne se déclare trop âgée pour remédier à sa situation : Je ne peux rien faire. Je crains qu'on ne puisse plus dormir. Elle s'est habituée au train qui passe à 50 mètres de chez elle mais ce n’est pas possible de s'habituer avec les avions. Elle prend l'avion deux ou trois fois par an pour aller voir sa fille qui vit à Grasse. Et elle a conscience, qu'à ces moments là, elle prend part à la gêne de bruit : « C'est une petite vengeance ». Est attachée à son appartement : « Je l'aime. Les avions ne me feront pas partir ». Pourtant, elle a du mal à regarder sa télé dont l'image est brouillée malgré l'investissement d'une antenne sur le toit de l'immeuble.

   
   

Iver03 : Ce qui fait problème pour elle que ce sont les avions, surtout depuis l'accord sur la nouvelle piste : les problèmes d'environnement sont importants. Le bruit des avions s'est accentué, surtout la nuit. Elle trouve les charges locales et foncières très chères pour un tel environnement. Cela ne semble pas sans rapport avec le fait qu'auparavant elle vivait à Bagnolet en HLM, proche du périphérique, et qu'elle entendait bien le bruit de cette circulation, dit-elle. Un bruit de tracteur tôt le matin, ou la bétonnière d'un bricoleur du dimanche gâchent le plaisir de la campagne, elle préfère encore les avions ! Les avions ne sont gênants, en fait, que quand le vent est porteur « il y a des jours où on ne les entend pas ». Mais les jours de décollage on les entend très fort ; « le dimanche on les entend même en continu, c'est ce qui dérange le plus ». Le soir, parfois jusqu'à minuit, elle entend des avions ; les étés davantage qu'à la mauvaise saison. Lors de la grève d'Air France ils se sont aperçus que l'essentiel de la gêne, y compris la nuit, correspond aux vols de cette compagnie. Le bruit influe sur la santé, il porte sur les nerfs, il est stressant. Elle est plus sensible au bruit lors de la rentrée de septembre, parce qu'elle a passé des vacances au calme.

   
   

MAm03 : Entretien simultané : F : 39 ans agent administratif Air France ; H : 44 ans pilote de ligne ; mariés 3 enfants.
Propriétaire maison depuis 10 ans. Il est originaire de la région. Elle parle d'une commune rurale. Une partie de l'aéroport est sur le terrain de la commune et donc il y a des taxes importantes qui lui sont versées. Mais la commune est située en zone de bruit, donc la construction est réglementée. Elle pense que le maire décourage les actions contre l'ADP. Pour elle, la dépréciation du patrimoine est compensée par la proximité du lieu de travail. Elle se déclare la seule à entendre le bruit des avions dans sa maison. Au décollage, ils ne peuvent pas se parler. Les vibrations qu'elle ressent parfois très fortement sont irritantes pour le corps. L'été ils les entendent plus parce qu'ils ont les décollages, alors que les 3/4 du temps ils les entendent à l'atterrissage. Le Concorde règle les horloges de la région. L'aéroport est une nuisance, mais avec toute l'infrastructure qui a été faite autour de l'aéroport, et toute la qualité de vie qui a été consécutive, ils évoquent une qualité de vie rehaussée.
Ils décrivent le problème de la pollution du kérosène qui oblige à nettoyer le salon de jardin tous les 3 jours, à cause de cela ils ne font plus de potager. On ne peut pas retourner en arrière, il faut donc s'adapter. Il est, de plus difficile, pour un pilote de ligne de râler contre l'aéroport. Pour eux, la seule action envisageable, est de demander que les avions nouvelle génération remplacent plus vite les avions ancienne génération.

   
   

MAub04
L'interviewée est une femme de 37 ans, mariée et mère de six enfants. Elle habite une maison de ville de 6 pièces, dans la rue centrale du village. Son mari est chauffeur agricole. Leur niveau de revenus est de 14 KF. Ce qui est important pour elle c'est une bonne vie à la campagne. Mais il y a les avions de Roissy, à 5 kilomètres à vol d'oiseau. Elle ne voit aucun autre problème dans son existence, sauf des allergies. Les problèmes d'environnement sont dans l'ordre : le bruit, l'air, et l'eau qui est très calcaire. Le kérosène se dépose sur les vitres. Mais les pots d'échappement des voitures des clients de la boulangerie d'en face sont encore pire. C'est la vraie vie de village, ils connaissent tout le monde, le curé, etc.. lis sont en froid avec les boulangers : leur caravane garée devant chez eux gêne la boulangerie. La nuit à la campagne ils ne sont gênés que par les camions de betteraves. Le bruit est une préoccupation importante, elle trouve qu'il y a de plus en plus d'avions, de circulation, etc. Le meuglement des vaches lui manque. Le bruit des avions est le plus pénible en rentrant de vacances, à cause du calme dans les Vosges. Il passe un avion toutes les quarante secondes le soir entre 18h30 et 21h30. Selon le vent ils passent très bas au-dessus de chez elle au décollage, elle n’entend jamais d'atterrissage. Parfois, ils sortent voir passer le Concorde « parce qu'il est très beau ! » Depuis neuf ans qu'ils sont là, elle ne trouve pas que le bruit des avions ait changé. Il influe sur la santé, il provoque des acouphènes. Aux débuts de sa vie de couple elle entendait les avions de la base militaire de Meyenheim: ici, c'est pire! Elle ne pense pas que l'on puisse faire grand-chose.

   
   

Mont05 : Homme de 37 ans, vivant maritalement, deux enfants. Habite un quatre pièces dans un immeuble classique. Il gère une auto-école; son amie est responsable commerciale, ils ont un niveau de revenus d'environ 30 KF. L'important, pour lui, c'est la qualité de vie, et le rôle social : « trouver sa place, socialement. » Il a choisi de vivre sur les hauteurs de Montmorency, au bord de la forêt, retiré du centre : « c'est relativement agréable », mais son vrai terroir est dans sa Corrèze natale. Auparavant il habitait à Soisy, qu'il a quitté à cause du projet BIP (autoroute urbaine). Le problème pour lui c'est le manque de temps, il a plusieurs activités, dont sa militance pour les Verts. L'environnement prend la première place dans ses préoccupations, une place nationale. Il précise qu'il ne vote plus ici, mais en Corrèze. Les problèmes d'environnement vont du manque de civisme individuel, tel que les bouteilles jetées en forêt, jusqu'au nucléaire et à la politique de l'environnement au plus haut niveau. À la campagne il aime le calme mais aussi les orages. Les engins agricoles, cependant, polluent l'air. A Montmorency, le bruit est un problème important sur le haut de la colline où se situe son immeuble : il reçoit le bruit des avions de plein fouet, et se demande s'ils respectent bien les hauteurs de survol réglementaire. Il trouve les avions plutôt gênants à l'atterrissage, selon lui leur bruit n’a pas sensiblement changé. Il pense que les avions ont une influence sur la santé. Le Concorde passe tous les jours à 11h15, « Il est très bruyant, mais il est beau, est c'est une réalisation, un patrimoine ». Il ne voit comme solution que de déménager les aéroports, mais refuse l'idée d'un grand aéroport pour les futurs supersoniques en Corrèze.

   
   

Sann03 : L'interviewée est une retraitée de 66 ans, mariée et mère de trois enfants. Elle habite un immeuble du centre ville de Sannois, un appartement de cinq pièces. Son mari était courtier, leur niveau de revenus est de 20 KF. Ce qui fait problème pour elle c'est d'abord le bruit, ensuite l'eau trop calcaire. Ils ont été les premiers habitants de cet immeuble moderne du centre ville, dans lequel ils se sont repliés pour être plus en sécurité, après plusieurs cambriolages de leur pavillon. Elle ne reconnaît pas du tout le Sannois de son enfance, où les enfants pouvaient jouer dehors en toute sécurité; elle préfère la vie d'autrefois. Ils partent le plus souvent possible dans leur maison de campagne « pour décompresser de la vie urbaine », mais la base d'Evreux en est proche. Les activités agricoles à la campagne « ne sont pas agréables ».
Le bruit est très important par rapport aux autres problèmes, car il y en a de plus en plus : la circulation et les avions en premier lieu, mais également les jeunes qui rôdent en bandes la nuit au centre ville, « et font des fêtes impossibles ». Son appartement se trouve donc cerné par le bruit de toutes parts : dans la rue devant chez elle il y a la circulation le jour et les bandes de jeunes la nuit, sur la façade derrière il y a le bruit des avions que l'on entend très bien, et pour comble de malheur son voisin de dessus possède un petit Yorkshire, aux aboiements fréquents duquel réplique instantanément celui de son voisin de dessous (un Yorkshire également)!
En ce qui concerne le bruit des avions, il pose problème tous les matins, côté chambre. La vallée de Montmorency résonne, répercute les bruits des avions. Elle ne perçoit pas de différences entre les décollages et les atterrissages, mais les voit très bien de chez elle; elle va les voir à sa fenêtre quant ils font trop de bruit. Le bruit des avions a changé, elle a l'impression qu'il y en avait moins autrefois, ou bien qu'ils passaient ailleurs. Il lui arrive de ne pas les entendre quand on passe l'aspirateur. Lorsque le Concorde passe, elle pense à sa fille qui habite exactement sous sa trajectoire. Les aéro-clubs, les avions à hélice, les hélicoptères ne les dérangent qu'à la campagne, près d'Evreux : « nous avons de tout, même des ULM, et puis les préparatifs du défilé aérien du 14 juillet ! » Elle préfère finalement ne pas apprendre à piloter car elle aurait trop peur des lignes à haute tension en volant à basse altitude...

   
   

StM01 : Entretien simple H : 32 ans ; artisan ; marié ; 2 enfants.
Propriétaire pavillon depuis 2 ans. Il dit avoir acheté sur un coup de tête. Il est surtout gêné par les avions quand il est dehors et le soir. Sur la terrasse, il faut parler fort, de même chez lui, fenêtre ouverte, il faut monter le son de la télévision. Le seul qui ne le dérange pas c'est le Concorde, parce qu'il est agréable à regarder. La fréquence de passage des avions est de l'ordre de 2 à 3 minutes. Les avions l'énervent, mais il dit qu'on s'habitue à tout. Il pense que l'immobilier est dévalorisé de 20 à 30 %. Il est situé tout nouvellement en zone de bruit, mais il estime que les dossiers d'indemnisations sont trop compliqués. Il dit que toute action est inutile parce que c'est le pot de terre contre le pot de fer car il y a trop d'argent en jeu.

   
   

StM11. Femme 35 ans sans enfant, propriétaire depuis onze ans. Maison de ville avec jardin. Dans axe pistes. En zone rouge. Originaire de Beauvais et habite ici parce que c'est près du travail.
« C'est un village tranquille, mais ça c'est beaucoup agrandi et il y a plus de circulation routière. Les relations de voisinage sont très très bien ici et c'est le plus important. Et puis, il y a l'aéroport: le trafic augmente, plus de bruit. Le bruit des avions, c'est plus un problème que le bruit des voitures, ici.
Non je pense pas que l'environnement ait un effet sur ma santé. peut-être pour ceux qui ont déjà des problèmes, oui. C'est sûr que quelqu'un qui va bien dans sa tête, il prend les choses mieux que quelqu'un qui ne va pas bien. »
Mais le bruit des avions, c'est ce qui me gêne le plus dans l'environnement. Et on a un peu peur pour l'avenir: augmentation du trafic.
On pourrait dire qu'il y a une amélioration avec les nouveaux avions mais il y a encore les anciens qui volent. Si il n’y avait que des nouveaux avions, ce serait supportable.
Là où ça nous dérange le plus, c'est le soir au moment des repas. L'été, la, ça peut-être insupportable. Mais en général, on n’hésite pas à déjeuner dehors.

   
   

VSG03
L'interviewé est un homme de 65 ans, retraité de la banque ainsi que sa femme, et père de deux enfants. Il habite un pavillon dont le jardin fait 250 M2, directement sous la trajectoire des avions. Ses parents étaient douaniers, ceux de sa femme travaillaient à la SNCF. Il n’a pas de maison de campagne. Il me reçoit la porte ouverte pour que le magnétophone enregistre bien chacun des avions qui vont passer. Sa préoccupation essentielle est de trouver le calme, la sérénité : il y a trop d'avions et trop de voitures. La RN 6 traverse Villeneuve Saint-Georges. Sa propre rue est un peu moins bruyante maintenant qu'elle est en sens unique, mais son passage est encore important.
Il habite Villeneuve Saint-Georges depuis 45 ans, le pavillon appartenait à sa belle famille. Il dit y avoir ses racines, même si son enfance s'est déroulée à Valenton, qui jouxte Villeneuve Saint-Georges, les avions étaient déjà une nuisance, bien que moindre que la RN6. Il est attaché à cette banlieue, décrite par René Fallet, « une peinture de la société de l'époque ».
Les avions sont donc le problème principal de son existence, malgré l'isolation acoustique qu'il a fait réaliser il y a trente ans déjà (plus tard cette isolation a été complétée par l'ADP et l'ADEME). Le bruit est insupportable au dehors de cette maison isolée, et réduit à néant les avantages de la vie pavillonnaire, le jardin n’étant plus un espace d'agrément. Le kérosène empoisonne les légumes, les salades. « On ne s'est jamais trop penché sur le sujet je crois, parce qu'on ne veut pas affoler certainement les populations, mais je pense que si un jour on faisait une étude très sérieuse, on serait peut-être très surpris ». Il connaît bien les différents avions, et leur bruit caractéristique. Le trafic aérien augmente, les Airbus ont apporté une légère amélioration au plan du bruit, mais les avions tapent sur les nerfs. Le Concorde est magnifique, mais extrêmement bruyant. De même que les chasseurs, les 14 juillet.
Le bruit des avions finit par susciter localement une mutation sociale, de plus en plus de gens quittent la région, et ils tendent à être remplacés « par des populations à problèmes ». L'immobilier perd de sa valeur, un très grand nombre de pavillons sont en vente, mais la réputation de Villeneuve Saint-Georges (avions, bouchons, bruit, pollution) provoque une chute de l'ordre de 20%. A part les avions, et en dehors de toute considération politique, précise-t-il, ce qui pose problème à Villeneuve Saint-Georges ce sont des bandes de jeunes qui parfois font du bruit une partie de la nuit durant. Une place proche du pavillon de l'interviewé semble être devenu le lieu de réunion nocturne de ces bandes de jeunes, qui crient, hurlent, sans que la police intervienne. Perte de civisme, et « faiblesse pour appliquer le droit. »
Le souvenir marquant de son enfance est le bombardement aérien d'avril 1944, dans lequel il perdit un certain nombre de copains d'école : déjà un traumatisme lié aux avions ! Il en parle de façon détaillée, faisant soigneusement la distinction entre les pilonnages massifs des américains et les destructions ciblées des anglais.

   
   

VSG04:
L'interviewée est une femme de 71 ans, mariée, dont la fille de 48 ans est, elle aussi, exposée aux bruits des avions dans la région de Roissy. Elle a travaillé comme secrétaire à la mairie, son mari était pharmacien. Leurs parents étaient du même milieu social. Son mari âgé, actuellement placé en cure de long séjour, est devenu sourd assez tôt. Ils ont des revenus de l'ordre de 25Kf. Elle habite un immeuble moderne d'une dizaine d'étages exposé autant au bruit des avions qu'à celui des trains. Elle y habite depuis 1965, « à l'époque les avions passaient plus loin ». La modification des axes des pistes les amena au dessus de leur immeuble en 1974. Auparavant elle a vécu dans une commune voisine survolée par les avions, où les avions à hélice ne l'avaient jamais gênée : la gêne, ce sont davantage les réacteurs que l'accroissement du trafic aérien, surtout au décollage. Elle apprécie depuis peu l'angle accru au décollage pour diminuer le bruit... Le bruit des avions est un gros handicap pour Villeneuve Saint-Georges « parce que les gens n’ont plus pu faire construire, on avait le droit d'acheter et de modifier du vieux mais plus de construire du nouveau, donc les gens sont partis plus loin. Mais petit à petit ils ont été remplacés par des populations, disons, plus difficiles ». « Villeneuve Saint-Georges était autrefois une ville très commerçante, très vivante, maintenant deux commerces sur trois sont fermés. Nous avons eu tous les inconvénients et aucun avantage, les avions ne nous ont rien apporté », contrairement à Villeneuve le Roi, plus nuisancé, et qu'ADP selon elle « a donc muni de grosses ressources ». Villeneuve Saint-Georges est devenu une commune pauvre avec une population à problèmes, et des impôts très élevés compte tenu de l'environnement très médiocre. La RN6 et le train, qui passent tous deux devant l'ancienne pharmacie de son mari, font un tel bruit qu'il n’y entendait pas les avions, et elle se demande si cela n’a pas précipité sa surdité. On n’est donc pas très étonné que l'important pour elle ce soit « le calme et la tranquillité ». Elle plaint les gens de Roissy, « qui ont des avions même la nuit », mais considère qu'ils savaient ce qu'ils faisaient en allant y vivre puisque l'aéroport y a précédé l'urbanisation, contrairement à la région d'Orly. Son pied à terre à Trouvaille lui sert heureusement pour y retrouver le calme, « je me vidais la tête complètement ». Le bruit de la tempête en mer n’est pas gênant, ni aucun bruit naturel. Ce sont les bruits de moteurs qui la gênent, même ceux des engins agricoles : le seul bruit désagréable à Trouvaille c'est celui de l'entretien des pelouses et des haies avec des outils motorisés, « on ne sait plus rien faire sans moteurs, maintenant! » Elle s'en veut d'être assez bruyante elle même, « je suis assez vive ».
Son souvenir marquant est un souvenir de guerre. Elle habitait Le Creuset, qui fut très bombardé. Elle se souvient du bruit terrible d'un gros bombardement, à la suite duquel sa famille partit vivre à Villeneuve Saint-Georges... qui en avril 1944 fut lui aussi bombardé. Une nuit sur deux, la nuit passée la cave, la peur, le froid, la faim : « J'entendais les moteurs d'avion avant tout le monde... »
Entre neuf et dix heures, on ne peut pas écouter la télévision, elle se réfugie de l'autre côté de son appartement. Pourtant ce n’est plus le bruit des Caravelle, les moteurs ont fait beaucoup de progrès, et surtout « les procédures » témoignent du souci de moins gêner les riverains. Elle se souvient du temps où elle avait commencé à voyager en avion avec son mari, « j'adorais me sentir décoller, cette poussée »; elle a remarqué qu'à leur retour elle tolérait beaucoup mieux le bruit des avions à Villeneuve Saint-Georges. Elle a dit à ce sujet à son mari que, pour diminuer les plaintes, les gens de l'aviation « devraient offrir à tous les riverains au moins un voyage par an ».

   
   

4.6 Les « cas » du groupe C : moyennement gênés par le bruit d'avions

   
   

Ce groupe est constitué en majorité d’adultes encore jeunes, installés depuis 10 ou 20 ans dans le quartier, et qui travaillent ailleurs dans la journée. Le facteur « rang2 » est associé à ce groupe. Les avions constituent ici une gêne surtout nocturne, l’intensité gênant davantage que l’augmentation du trafic. Ce niveau de gêne cependant ne perturbe pas la communication, mais seulement la réception TV (son). La gêne sonore est parfois également attribuée à d’autres sources que les avions (sources animales et humaines, non mécaniques). Cependant la gêne est suffisamment forte pour qu’ils aient besoin, lors des retours de vacances, de se réhabituer à l’environnement bruyant. Ils regrettent la dégradation du cadre de vue campagnard, la perturbation du sommeil par les avions, mais aussi par « les jeunes », ou les camions. Les bandes de jeunes sont mentionnées à égalité avec les avions en tant que source de gêne. Leur vie de loisir est indépendante du bruit et du stress.

   
   

Le cas-type : nous allons exposer celui qui sans doute restera comme étant le plus intéressant, le cas Bull04.

   
   

Sigle
Zone

Type
Habitat

profess

Sexe/Âge

N enfants

Rev. mens. ménag

Style de loisirs

Poss. /disp
rés. séc.

Indic
IQV

Bull04

Pav 5p

chômeur

H 58

3

4KF (sic)

Jardin, etc.

possible

Très négatif.

déclare Pb N°1

déclare Pb N°2

déclare Pb N°3

Attit. env.
l’aviation

Attit. env.
chgt social

Question A1 :
Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ?

Exclus soc

Bruit voisin

Bruit avions

Positif

Négatif

Le chômage définitif, sa crise personnelle.

   
   

Ce que dit Bull04 : L'interviewé est un homme de 58 ans, au chômage depuis quatre ans, et bientôt au RMI ainsi que sa femme, qui était déjà au chômage avant lui. Avec de mauvaises indemnités de départ. C’est l’informatisation qui les a « liquidés », sa femme et lui, et il en veut à la technique, à la modernité. Trop spécialisé, il ne retrouvera plus rien ; il est en conflit avec des caisses de retraite qui refusent de le laisser racheter des points de retraite manquants...
Leurs revenus actuels ne sont plus que de l'ordre de 4000 francs par mois. Ils habitent la résidence « la clairière », un quartier pavillonnaire récent en bordure de Bullion, considéré localement comme le quartier modeste de ce village très résidentiel : « La résidence n’est qu’une pièce rapportée de Bullion, son quartier populaire ». Il est heureux d’être au moins logé, le pavillon est « fini de payer ». Cet interviewé manifeste une sensibilité au bruit très exceptionnelle pour un pavillonnaire, et il vit toujours à la limite du conflit avec ses voisins auxquels il reproche leurs activités de bricolage et de jardinage, souvent intempestives d’après lui, sans qu’une autorité intervienne :

   
   

D 1 - On parle beaucoup en ce moment du phénomène bruit. Qu'en pensez-vous ?
Le problème est politique, il n’existe pas de volonté réelle d’attaquer le problème du bruit.
D 6 - Qu'est-ce qu'on pourrait faire contre le bruit ?
Faire appliquer les textes ! Ils existent, mais ils ne sont pas appliqués.

   
   

Les problèmes d’environnement lui semblent d’abord liés à l’accroissement de la population, et à son taux d’équipement en engins qui provoquent des nuisances de toute sorte, tels que les tondeuses, les taille-haies, les scooters et mobylettes des jeunes qui font des rodéos traversant le lotissement la nuit. Il se plaint même du ramassage du verre « à n’importe quelle heure »:

   
   

D 2 - Quelle importance accordez-vous au bruit par rapport à d'autres problèmes ?
Il touche beaucoup de gens ; actuellement, le récupération du verre se fait à n’importe quelle heure... Les gens balancent des bouteilles dans le container à n’importe quelle heure également...

   
   

L’accroissement de la circulation est directement lié à celui des nuisances sonores, mais aussi la dégradation des relations parents-enfants : ce sont avant tout les jeunes qui font du bruit :

   
   

D 7 - A votre avis, pourquoi les gens aiment-ils faire du bruit ?
Assez classiquement, les jeunes aiment le bruit. Plus l’engin pétarade, plus ils en tirent une intense satisfaction.

   
   

Mais aussi son voisin, « un brave type, bricoleur de génie, mais il a un tour de fraisage dans son garage... » Or, il a deux chambres contiguës avec ce garage ! Lui-même laisse souvent le bricolage à cause du bruit qu’il fait :

   
   

D 9 - Et vous-mêmes, aimez-vous faire du bruit ?
Je déteste le bruit, sauf le bruit nécessaire.
D 10. Craignez-vous de faire du bruit ?
Oui, j’en fais le moins possible.

   
   

Il était mécano ajusteur au début de sa vie professionnelle, et considère avoir eu assez de bruit comme cela dans les ateliers :

   
   

E 17 - Y a-t-il des bruits qui vous rappellent un souvenir marquant de votre vie ?
Aucun, je n’ai jamais aimé le bruit, j’étais ajusteur mécano au départ, dans les ateliers il y en a toujours trop !
E 18 - Y a-t-il des bruits qui vous manquent ?
Non, aucun !
E 19 - Dans votre famille, devez-vous faire attention au bruit que vous faites ?
Il y a des règles, attention aux portes... La nuit, discrétion, guerre au bruit.

   
   

Je devrai le relancer par deux fois, alors même que des avions nous avaient survolé, pour qu'il mentionne les survols à l'atterrissage par vent d'Est comme étant une gêne certains jours; mais immédiatement il atténue ce qu'il vient de dire en déclarant que la situation locale n’est pas comparable à celle, infernale, des habitants proches d'Orly. Par ailleurs, les beaux avions ne lui déplaisent pas, « ce sont des machines fascinantes », dit-il. Il sort parfois les regarder passer. Leur bruit est devenu moins aigu, moins sifflant que par le passé, parce que les moteurs sont maintenant plus puissants, et tournent plus lentement.

   
   

F 7 - Le bruit des avions a t-il changé ? En bien ou en mai ?
Ca siffle moins que les avions dans le passé. Le bruit est moins aigu.
F 8 - A quoi attribuez-vous ces changements ?
La puissance des moteurs... plus de puissance égale moins de bruit.
F 9 - Vous arrive t-il parfois de ne plus entendre les avions ? A quels moments ?
Si je jardine, je ne les entends pas. Si la fréquence augmente, j’en rate plus un seul !

   
   

Il n’entend pas les avions quand il jardine, mais si leur fréquence augmente « je n’en rate pas un seul ». Il aime bien le Concorde « parce qu’il est rare ». Il pourrait accepter davantage d’avions, s’ils étaient plus discrets.

   
   

Commentaires interprétatifs :
Ce qui est très frappant chez Bull04, c’est une finesse d’écoute véritablement musicale du bruit des moteurs du Concorde :

   
   

F 25 - Et le Concorde ?
Oui, ça ronfle, un bruit très caractéristique ! Un bruit sourd, qui roule... des explosions étranglées... ça crache... Je l’aime bien parce qu’il est rare !

   
   

Or, le cas Bull04, nous l’avons vu, est un cas social dramatique. Logiquement, selon la théorie de la gêne que nous défendons depuis 1975 (théorie qui veut que le bruit soit avant tout un support projectif constituant un exutoire pour des insatisfactions personnelles de toute sorte, psychologiques familiales, sociales...), cet homme devrait se plaindre des survols d’avions au dessus de chez lui. Il devrait se retrouver dans le « groupe d’attitudes E », le plus virulent à se plaindre des avions. Il n’en est rien ! Le bruit des avions est bien moins important que celui du bruit des voisins et celui des jeunes en scooter. L'explication tient à la solidité psychologique de M. Bull04, dont on voit le réalisme et la sérénité dans ses réponses à des questions qui impliquent une bonne perception de la réalité :

   
   

F 35 - Connaissez-vous les mesures antibruit qu'a prises l'aviation ?
Je sais qu’ils ont proposé des doubles vitrages à certains riverains, mais c’est pas les compagnies. Elles n’agissent que sous la pression des associations, elles n’ont pas d’elles-mêmes le souci du bien faire.
F 36 - Les jugez-vous suffisantes ?
Totalement
F 37 - Que faudrait-il faire d'après vous ?
Les acquéreurs auraient du être informés ! C’est imprudent d’acheter autour des aéroports... à Bullion, le problème n’existait pas quand j’ai acheté en 1972. Le problème des avions n’existe que depuis dix ans.

   
   

Autre indication de la solidité psychologique de M. Bull04, son humour devant l’idée de la mort :

   
   

D 12 - Et si votre appartement était totalement silencieux ?
Du moment qu’il y a les petits oiseaux !
D 13 - Quels sont les bruits qui vous manqueraient le plus ?
Les bruits naturels. Pas le silence de la tombe !

   
   

Le rapport au bruit de M. Bull04 passe d’abord par la différence qu’il établit entre « les bruits nécessaires » (dont celui, socialement utile, du transport aérien), et les bruits inutiles qu’il a tendance à considérer à la limite comme malveillants, non seulement le bruit déjà cité des rodéos de jeunes et de la collecte du verre quand il dort, mais nous semble t-il surtout celui lié à l’incompétence : les machines coûteuses mal utilisées par des amateurs (le tour de fraisage de son voisin, etc.).

   
   

F 21 - Prenez-vous parfois l'avion vous -même ? Votre famille ? Quand ?
Par le passé, oui. J’ai rien contre a priori, c’est un engin fascinant.
F 22 -Si vous prenez l'avion, pensez-vous au bruit qu'il fait ?
C’est la nécessité de la chose. Un bruit normal que j’accepte...

   
   

L’avion, « machine fascinante », produit un bruit ultra-compétent, et dans le cas du Concorde, il s’en délecte comme le ferait un mélomane. Ancien ajusteur, il ne supporte pas l’inexactitude des bruits des machines mal utilisées par ses voisins, et ce sans doute avec d’autant plus d’irritation (non exprimée dans l’entretien) que dans sa situation économique devenue précaire (« par le passé, je prenais l’avion... ») tout gaspillage et tout bris de machine doivent l’horripiler.
Après la question du Concorde, il déclare préférer davantage d’avions, mais moins bruyants :

   
   

F 26 - Que préférez-vous, moins d'avions mais très bruyants, ou plus d'avions moins bruyants ?
Plus d’avions mais plus discrets...

   
   

On peut se demander si M. Bull04 ne parle pas ici à la légère... Connaît-il bien les différents avions, quelle est son attitude envers l’aviation ? Cette question, qui paraît souvent bizarre aux personnes interviewées, est loin d’être fantaisiste puisqu’elle reflète nos discussions avec Bernard Barraqué, chez qui l’augmentation du trafic aérien permise par la moindre nuisance du bruit des moteurs modernes constitue une préoccupation majeure, son opinion étant que chaque passage d’avion gêne les gens, indépendamment des caractéristiques sonores du survol.

   
   

F 27 - Connaissez-vous les différents avions ? Oui
F 28 - Lesquels sont bruyants, lesquels sont discrets ? Les gros Boeing sont bruyants
F 29 - Et les avions légers à hélice, et les hélicoptères ? C’est pareil, on les entend tous les jours, ils passent dans le sens Nord-Sud, ils sont à Toussus le Noble.
F 30 - Connaissez vous l'histoire de l'aviation ? Oui, enfin, comme tout le monde
F 31 - Quels pilotes célèbres connaissez-vous ? Guynemer, et puis l’auteur du Petit Prince...
F 32 - Les avions à hélice vous dérangent-ils autant ou moins que les avions gros porteurs ? Moins
F33 - Et les avions militaires ? C’est rare
F 34 - Aimeriez-vous apprendre à piloter ? Ça m’aurait plu.

   
   

Son attitude envers l’aviation, envers ces engins fascinants que sont les avions, est on ne peut plus clairement positive. Si entre « moins d'avions mais très bruyants, ou plus d'avions moins bruyants ? », M. Bull04 penche pour la seconde solution, c’est le résultat :

  1. de son rapport particulier au bruit (clivé entre le « nécessaire » et « l’inutile »), et de son rapport aux machines ;
  2. de sa situation sociale (calamiteuse) et psychologique (bonne, et de toute évidence se situant du côté de la famille des caractères obsessionnels) ;
  3. du paysage sonore objectif de Bullion, où le grondement des avions est presque constant, mais bien supporté par les trois autres interviewés de ce site, tout comme il l’est par M. Bull04.
   
   

Hypothèses de travail sur Bull04
Peut-on enrichir le corps d’hypothèses de travail sur la dynamique de la gêne due aux bruits d’avion, à partir de ce type de démarche, finalement ethnologique plus que clinique ? Sur la base des deux premiers points, on peut sans risque avancer, grâce au cas de M. Bull04, que le clivage entre différentes significations attribuées au monde sonore (ici, celui entre nécessaire et inutile) permet, dans un contexte où jouent des mécanismes de défense de type obsessionnel (ici la bien nommée « isolation »), de reporter l’agressivité contre l’évolution technique du monde (l’informatique à la source de ses malheurs actuels) du domaine de la compétence (symbolisée par celle de l’aviation et du bruit des impeccables moteurs du Concorde) au domaine de l’incompétence brouillonne (celle des voisins bricoleurs se servant de leurs coûteuses machines plutôt approximativement, à en juger par le bruit qu’ils font).
Sans doute est-il possible d’exprimer ceci plus simplement, en allant vers des généralisations (nécessaires pour que l’hypothèse devienne pertinente dans d’autres cas où tout sera différent, sauf la « structure ».
Autre hypothèse, sur la base du troisième point concernant un double paysage sonore à Bullion, l’augmentation de la fréquence des survols finit par créer un grondement permanent, qui est beaucoup moins gênant que des survols successifs « individuels ». Le caractère anonyme du grondement permanent fait disparaître un des aspects psychologiques importants de la gêne, la sollicitation par l’événement sonore (et la rupture de la pensée qu’elle provoque). Autrement dit, le bruit d’avion devient du bruit d’autoroute. Cependant, les approches d’atterrissages à Bullion existent aussi, et dérangent même M. Bull04 (« Si je jardine, je ne les entends pas. Si la fréquence augmente, j’en rate plus un seul ! »). La fréquence des atterrissages, bien sûr.

   
   

Bull01 : Entretien simultané F : 39 ans -, prof. ; H : 38 ans prof. mariés 3 enfants.
Propriétaire pavillon depuis 14 ans. Ils cherchaient un pavillon en région parisienne et sont arrivés à Bullion par hasard. Un des inconvénients de vivre ici est le manque de transports en commun. L'avantage est la volonté de certains bullionnais de conserver le cachet du village. Les avions sont une petite gêne, mais elle vit avec. Elle les entend dans le jardin mais pas dans la maison. Elle dit s'être habituée sans problème, surtout du fait de les avoir seulement à l'atterrissage, or c'est au décollage qu'ils font le plus de bruit. Elle ne pense pas quitter Bullion à cause du bruit des avions.

   
   

Bull02 : Entretien simple F : 44 ans ; médecin ; mariée (médecin) ; 2 enfants
Propriétaire pavillon depuis 2 ans. Elle a la sensation de vivre dans un cadre protégé, un environnement privilégié sans nuisances de bruit, ni de pollution. Elle apprécie beaucoup les conditions de vie à Bullion. Pour elle, Bullion est une commune vivante, avec de nombreuses activités organisées par la mairie et par des bénévoles. Les avions, elle les entend par périodes, donc elle ne s'en plaint pas. Il y a des moments où elle entend les avions qui atterrissent mais c'est rare et ça n’empêche pas les conversations. Elle pense que les avions larguent une partie du kérosène au-dessus des forêts mais ne l'a jamais constaté. Sa seule crainte est que Bullion soit envahi par les promoteurs. Elle a signé des pétitions contre l'installation du 3e aéroport à Chartres.

   
   

Deuil01 Femme au foyer, 40 ans, mari informaticien, 4 enfants, propriétaire de leur maison depuis 4 ans, 15 à 20 km de l'aéroport) : Ils sont venus s'installer ici en raison de leurs moyens financiers : ils souhaitaient devenir propriétaires, ayant vécu en HLM au Blanc Mesnil (93). Ils recherchaient une petite maison de village à restaurer, avec peu de terrain. Deuil La Barre est une commune qui se rénove, « les rues sont refaites, la Mairie fait tout pour que les gens restaurent leur façade ». Le centre du village est agréable, il y a des commerces, des transports, « on est à 10 minutes de Paris ». Mais la commune est surtout habitée par des personnes âgées, aux mentalités « anti-jeunes », « les enfants ne doivent pas faire de bruit », aucune structure d'accueil n’étant prévue pour eux.
Elle prend l'avion deux ou trois fois par an pour aller voir sa fille qui vit à Grasse. Et elle a conscience, qu'à ces moments là, elle prend part à la gêne de bruit : « C'est une petite vengeance ».
Est attachée à son appartement : « Je l'aime. Les avions ne me feront pas partir ». Pourtant, elle a du mal à regarder sa télé dont l'image est brouillée malgré l'investissement d'une antenne sur le toit de l'immeuble.
Elle prend des médicaments pour dormir mais cela a toujours été le cas. Elle constate les effets de la pollution due au kérosène sur l'encrassement des vitres de l'appartement qu'il faut nettoyer toutes les semaines.
Les craintes exprimées : surtout sur l'ouverture des deux futures pistes qui vont venir perturber le sommeil : « Les gens de Strasbourg n’en ont pas voulu, donc ça vient sur Roissy. Ca crée une inquiétude pour nous, pour le bruit et la pollution ». « Ici, on n’a rien, on ne peut même plus se promener ». « Les avions gênent tout le monde ».

   
   

Gouss09 homme, Fonctionnaire à la municipalité de Goussainville, 40 ans, divorcé, 2 enfants, locataire de son appartement depuis 17 ans, à 7 km de l'aéroport, à l'ouest de Roissy.
Il est resté à Goussainville à la suite d'un accident de sport et ses parents sont retournés en Espagne. Il est handicapé. Avant Goussainville était plus calme, il y avait une bonne solidarité entre les gens. Il reste car son loyer est bas. Depuis 10 ans, il constate une progression de la violence, il y a des manifestations de gens mécontents, les commerces de proximité ferment les uns après les autres. La convivialité disparaît.
Mais la principale nuisance, c'est l'aéroport de Roissy, sans compter les deux pistes supplémentaires qui vont s'ouvrir et qui vont donc multiplier le trafic aérien. En été, il y a un avion toutes les 45 secondes qui passe devant les fenêtres. On ne peut pas regarder un film à la télé, on est gêné dans ses loisirs. Pourtant, la personne interrogée ne quitterait pas Goussainville pour Paris même pour plus d'argent : elle est à 50 mètres de son lieu de travail, à 100 mètres de la station du R.E.R., cela en dépit des nuisances : le quartier qui se dégrade par l'arrivée de nouvelles populations et le manque de respect d'autrui.
Vit dans un environnement bruyant : les voitures de la rue, les avions, le train, la salle des fêtes... « On n’y prête plus attention car c'est un bruit général. Mais finalement, le bruit des festivités me gène plus que le bruit des avions : je n’arrive pas à m'y habituer ». Pour lui, les avions sont évidemment plus bruyants mais il s'y habitue : « Quand je suis à la campagne je ne peux pas dormir car c'est trop calme ».

   
   

Iver01 : Entretien simple : coiffeuse : 46 ans, mariée ( convoyeur de fonds 51 ans) ; 2 enfants.
Propriétaire maison depuis 2 ans. Elle est née ici et est restée pour des raisons d'attachements familiaux. lis ont cherché à partir, mais sont restés à cause de l'emploi de son mari. Elle évoque le problème des jeunes qui restent dehors jusqu'à deux heures du matin à partir de début juin, qui sont très bruyants. Elle s'est plaint plusieurs fois à la gendarmerie. Il y a le problème des avions, mais elle a le sentiment d'être quand même à la campagne. De plus, s'il n’y avait pas l'aéroport, il n’y aurait pas d'emplois. Elle entend le bruit des avions à partir de 4 heures du matin. Elle dit qu'on s'habitue et qu'avec le double vitrage, l'hiver ça ne la gêne pas trop : c'est gênant pour se parler quand on mange dehors. Le Concorde fait beaucoup de bruit, il passe à 11h20 et 16h20, mais c'est rapide, et il est beau. Elle a l'impression que le bruit des avions augmente régulièrement. Le bruit, elle s'en rend compte quand elle part en vacances, quand elle revient, il faut qu'elle se réadapte. Elle craint de passer en zone de bruit parce que ça va arrêter la construction et donc arrêter la vie du village. Elle ne participe pas aux réunions contre le bruit parce qu'elle n’a pas le temps, et parce que de toute façon l'aéroport fait ce qu'il veut. Elle parle plus du problème de délinquance que de celui des avions. Pour elle, ça ne sert à rien d'avoir plus d'informations, « on pourrait faire quoi de plus ? »

   
   

MAm10. Homme 44 ans, fonctionnaire cadre B. marié et deux enfants, 9 ans et 6 ans. Maison de village, double vitrage, deux ou trois kilomètres des pistes, propriétaire depuis 13 ans.
A quitté un appartement pour vivre en maison à l'extérieur de la banlieue Parisienne.
Travaille à Paris intra-muros. En arrêt maladie depuis trois mois (colonne vertébrale).
Pas de grands changements ici sauf création zone artisanale et piscine. Quelques logements neufs.
Ici, c'est la campagne mais près de Paris.
Ce qui est moins bien, c'est l'aéroport, il y a du bruit surtout au période « grands départs ».
Mais lorsque j'étais à Paris, j'étais beaucoup plus embêté par le bruit.
Depuis que je suis en arrêt de travail, les gens disent que j'ai bonne mine. C'est parce que je ne vais pas à Paris. Ici, il n’y a pas de pollution.
La pollution du bruit, c'est limitée aux jours de grands départs et de fort vent. De ce côté ci, on est un peu privilégié : on est entre deux pistes.
Ce qui est bien, c'est que le double vitrage a été pris en charge par l’aéroport. On utilise jamais le jardin, mais ce n’est pas à cause du bruit (à cause des voisins).
On se couche plutôt tard et on n’a pas de problème à cause du bruit, sauf à quelques rares exceptions.

   
   

MAub02 : Entretien simple F : 36 ans ; agent de maîtrise PTT ; mariée (professeur) ; 2 enfants.
Propriétaire pavillon depuis 1 an. Ils se sont installés ici parce que la maison n’était pas chère. Elle dit que le voisin alcoolique et le bruit des tracteurs dans la ferme à côté sont plus gênants que les avions de l'aéroport de Roissy. Les avions ne sont pas pour elle un problème majeur, par contre quand elle part en province et qu'elle n’entend plus de bruit du tout, au retour, il faut se réhabituer. Elle décrit un bruit qui arrive progressivement, mais qui ne dure jamais longtemps. Le bruit le plus fort est celui du Concorde qui passe vers 11 heures, mais il est beau cet avion. Elle dit également que le soir, quand elle regarde la télévision, elle n’entend plus le son. Elle aimerait bien être en zone de bruit pour profiter des indemnisations. Le fleuriste à côté a remarqué la pollution sur ses fleurs. Elle pense que les avions ne respectent pas les couloirs aériens. Elle n’a pas d'informations sur la troisième piste. Elle juge plus important de lutter contre le Front National (membre d'une association), que contre le bruit des avions.

   
   

MAub06 (Fonctionnaire, 58 ans, mariée, 1 enfant à charge, propriétaire de sa maison depuis 18 ans, à 5 ou 7 km de l'aéroport, au nord ouest de Roissy) : Ont choisi de s'installer au Mesnil Aubry par goût de la nature. Ils vivaient à Noisy le Sec dans un HLM jusqu'en 1980. Ils ne regrettent pas leur choix.
Le village était à l'époque, un village rural déserté. Il s'est repeuplé. Village tranquille où chacun a son jardin. Les habitants se connaissent tous. Mais il y a le bruit permanent des avions, il manque des commerces et il n’y a pas de moyens de transport. Observation des effets de la pollution - odeur d'engrais, élevage de poules voisin qui entraîne une invasion de mouches, poussière. Ce sont les nuisances de la campagne. La personne travaille rue de Rivoli, à Paris et les effets de la pollution y sont beaucoup plus importants. Ici, il y a les retombées de kérosène : « Je le vois dans le bassin où il y a des dépôts gras sur l'eau. En plus du bruit des avions, de nombreux camions passent dans le village en raison des travaux routiers et autoroutiers avoisinants. Ils vont vite, ils stationnent n’importe où, Les camions passent sur une plaque d'égout encastrée dans la chaussée et nous réveillent vers 5 ou 6 heures ». Bruits de bennes, bruits de tracteurs interviennent aussi mais à des heures normalement acceptables quand on vit à la campagne. Il y a aussi le bruit agréable des cloches.
Les avions sont le point noir : ils passent au-dessus du jardin et font vibrer les vitres qui se fêlent. Le bruit des avions est lié au vent. C'est au décollage que les avions gênent le plus. A l'atterrissage, on ne les voit pas. Le Concorde est le plus bruyant. Certains ont un bruit plus agréable (Airbus).
Quand nous avons visité la maison, j'ai vu et entendu les avions. J'ai pensé que je ne pourrais pas vivre ici mais les propriétaires m'ont dit qu'on s'y habituait. Le bruit des avions ne nous empêche pas de regarder la télé : ça ne nous gâche pas la vie. C'est surtout l'été, on ne peut pas manger dehors. La qualité du sommeil n’est pas entamée, ils dorment bien dans l'ensemble. L'ouverture des deux pistes va entraîner d'autres problèmes : arrivée de populations indésirables (par la liaison R.E.R. avec Roissy), plus de circulation. En plus à y a le projet d'autoroute : « Nous sommes cernés par la civilisation (autoroute, Francilienne, avions sur la tête) ; je suis la petite fourmi cernée par les géants, C'est angoissant, Les gens baissent les bras tout de suite, par défaitisme ».

   
   

Mont08 Enseignant, 36 ans, célibataire, propriétaire de sa maison depuis 5 ans, à 20 km de l'aéroport, au nord de Roissy : Il a trouvé une maison à rénover à Montmorency, commune qu'il connaissait déjà, ses parents habitant la région. Il a choisi en fonction de ses moyens financiers. Il ne constate pas de changement sur Montmorency depuis son installation. C'est une commune tranquille avec des jardins. Il y a un peu de bruit en raison de la route nationale et le bruit des avions est un peu gênant. Il faudrait qu'il y ait néanmoins plus de vigilance au niveau du bruit qui semblerait s'amplifier, et on commence à rencontrer des problèmes de sécurité. La Nationale et les avions sont gênants : « Un enfant qui crie, ça ne me gène pas, du bricolage, c'est normal ». C'est en fonction des périodes, il y a des tunnels aériens détournés, et aux périodes de départs en vacances, il y a plus de trafic. Il y a une pétition qui a circulé mais rien de plus.
La Nationale, c'est quelques motos, par rapport aux avions, ce n’est rien. Les avions passent au-dessus de la maison. Les voitures sont gênantes mais -c'est surtout le samedi soir. Les avions, c'est le même type de bruit mais c'est toute la journée, un roulement.
Le problème des avions touche toute la région parisienne, il y en a partout.
J'ai le projet de quitter la région car je n’attends pas de miracle ici. E n’y a pas à attendre le changement. Pour la revente de sa maison, il va essayer de ne pas la revendre à perte mais il ne se fait pas trop de souci car il ne l'a pas achetée chère et il a fait beaucoup de travaux de rénovation lui-même.
Pense aller en Normandie où l'immobilier est moins élevé. Ce ne sont pas les avions qui le feront partir car ils ne le gênent pas à ce point. Ceux qui vivent en appartement supportent d'autres bruits que ceux des avions. Et puis, à Montmorency, on n’est beaucoup moins exposé qu'à Roissy.
De plus, se dit habitué aux avions: Les avions passent, je ne les remarque plus, Mais si je pars en Normandie quand je reviens, je ressens la Nationale et les avions comme un poids.

   
   

Sann04 : L'interviewé est un homme de 50 ans, marié et père de 3 enfants. Il est cadre supérieur dans la banque, sa femme est chirurgien dentiste en libéral. Ils habitent un grand pavillon cossu de 7p. avec un jardin de 800M2. Leur niveau de revenu est de 50-60 KF. L'important pour lui c'est un bon environnement, ils sont des parisiens venus s'installer en banlieue précisément pour le trouver. Il ne se plaint d'aucun petit problème « seulement de grands : la sécurité et l'urbanisation, la tendance à densifier ». Il participe à l'association de quartier qui regroupe 8000 habitants; ils ont obtenu une barrière pour se couper du centre de Sannois, et depuis ils se sentent tout à fait au calme. Il ne fréquente plus la maison de campagne de ses parents, qu'il laisse désormais à ses frères. À la campagne, les activités agricoles ne le dérangent pas. Les bruits, pour lui, c'est « le bruit des avions à certaines périodes. » Depuis quinze ans qu'il vit là, il n’a pas noté de différences dans le bruit; il perçoit celles entre Sannois et Paris, et le fait de devoir boire de l'eau en bouteille. Mais il a un voisin hypersensible, deux ou trois maisons plus loin, qui se plaint du moindre bruit, « sans doute un cas psychologique ». Concernant le bruit des avions, ils ne dérangent que par vent d'Est, mais il redoute l'extension des pistes de Roissy et une modification des trajectoires d'envol. il ne perçoit pas de différence entre les décollages et les atterrissages et il n’a pas d'odeur de kérosène. Il est assez sensible au bruit, personnellement, il entend aussi bien les avions que le RER ou l'autoroute 115. Il entend bien le Concorde, mais il ne s'en plaint pas car c'est deux fois par jour seulement. Il n’est pas certain que les avions respectent les plans de vol, les altitudes etc.

   
   

StM02 : Entretien simple. F34 ans ; mariée ; 2 enfants : Propriétaire pavillon depuis 1 an Elle habite la région depuis qu'elle a 8 ans, et est contente d'avoir grandi ici. Elle craint l'arrivée de personnes de banlieue. Elle se plaint d'abord des mobylettes et des camions avant les avions. Elle dit que le bruit des avions est de pire en pire, mais qu'on s'habitue, et de plus, sans Roissy, il n’y aurait pas de travail. Elle se plaint des avions l'été, mais pas l'hiver parce qu'elle a du double vitrage. Elle fait bien la différence entre atterrissage et décollage. Elle estime que le Concorde fait beaucoup de bruit, mais il est beau et elle sort pour le regarder passer. Elle entend plus les avions en périodes de vacances, mais ça ne l'empêche pas de dormir les fenêtres ouvertes.
Elle ne comprend pas pourquoi le village est coupé en deux par la zone de bruit. Elle pense que pour beaucoup, dans son village, les avions sont un problème infime. Elle déclare que l'on ne peut rien faire contre les avions, c'est le progrès.

   
   

StM10 Homme de quarante ans pavillon en location depuis onze ans. Double vitrage. Envisage d'acheter. Logisticien. 10 km de l'aérogare dans l'axe des pistes.
Nous sommes venus habiter ici pour des raisons professionnelles. Il est originaire d'un petit village vers Saint-Quentin, dans le Nord. C'est ici un petit village agréable calme et bien fréquenté. Il n’y a rien de négatif, sinon je serais parti. On est bien ici avec toute la famille. E faudrait peut-être juste un peu plus de manifestations culturelles. Il y a bien sûr les avions, mais on s'habitue, on n’y prête plus attention.
Et puis, l'aéroport, c'est intéressant pour la région sur le plan économique, ça draine des entreprises. Pour mon métier, c'est sûr que c'est intéressant. L'aéroport, je dirais que c'est un voisinage auquel il faut s'habituer. Mais les avions, avec les enfants, ça a un air de fête. Le Concorde : c'est impressionnant. Au début, le bruit des avions, on y fait attention, puis de moins en moins. C'est une question de tolérance. En été, par exemple, je ne suis jamais réveillé par les avions, mais parfois par le train. Certains jours, en fonction du temps, c'est plus bruyant (bruit des avions).

   
   

5 - Conclusions

   
   

5.1 Les différences entre cette synthèse sur 84 cas et les trois préenquêtes

   
   

En 1998, les trois équipes psychosociologiques tombent d’accord, à quelques nuances près, sur ce qui ressort de la trentaine d’interviews que chacune a effectué. Leurs conclusions semblent se répondre et se complèter, d’un rapport à l’autre :

   
   

« Les entretiens menés auprès des riverains de l'aéroport de Roissy montrent clairement que le bruit est une dimension important du cadre de vie des habitants : le bruit des avions est cité spontanément par la quasi totalité en tant qu'élément négatif du cadre de vie.
Néanmoins, l'environnement au sens large, le cadre de vie, sont sources d'autres inquiétudes.
Il apparaît alors que de nombreux riverains ont un fort vécu de captivité dans un environnement jugé hostile à plusieurs égards (bruit, délinquance, urbanisme... ) et ils se retrouvent dans une situation que nous qualifierons de surcharge environnementale. » (LTE)

   
   

« La gêne des riverains des aéroports est bien réellement acoustique et intrusive pour les uns, davantage sémantique et psychologique pour d'autres, mais elle existe chez tous. Malgré le fait que les personnes les plus atteintes par ces nuisances n’ont pas voulu participer à l'enquête (à laquelle ont surtout participé des personnes présentant un « indicateur de bien être potentiel » positif ou moyen), les nuisances aéronautiques sont perçues chez 17 interviewés sur 30 comme étant leur « problème n°1 ». Perçue ou non, parlée ou non, cette gêne a certainement des effets réels, physiques, psychiques et sociaux. » (Ipsha-recherches)

   
   

« La démarche qualitative de cette étude effectuée auprès de 26 riverains de l'aéroport de Roissy ne permet pas une généralisation, mais ouvre des voies de réflexion sur les liens entre la gêne ressentie, l'exposition au bruit et les processus socio-cognitifs. Dans ces entretiens, l'expression de la gêne ressentie est limitée. La plupart des individus, pour éviter une position dissonante, modulent la perception du bruit des avions pour ne pas remettre en cause des choix personnels comme le lieu d'habitation, des réalités économiques comme un emploi à l'aéroport. Cette attitude est d'autant plus facile à adopter, qu'ils trouvent dans leur cadre de vie des éléments positifs. À partir de ce schéma, le discours le plus répandu est celui de l'accommodation. » (Europsyt-France)

   
   

« Le bruit devient alors une dimension objective, réelle, souvent dominante, qui tient le rôle de catalyseur d'une insatisfaction en matière de cadre de vie, sans que les attitudes des riverains s'avèrent particulièrement projectives ou agressives vis-à-vis de l'aéroport.
D'autre part, la mesure même des effets du bruit des avions sur les riverains par une seul indicateur global est confronté à plusieurs difficultés de différents types :

  • Le concept de gêne est rarement cité spontanément, alors qu'il est proposé et mesuré depuis plusieurs décennies. Néanmoins, lorsqu'il est proposé, il est bien accepté et compris ;
  • Bien qu'étant une source dominante, le bruit des avions, hormis dans quelques cas particuliers, semble difficilement dissociable d'autres dimensions du cadre de vie, lorsque il est s'agit de porter un jugement global en matière d'intensité de la gêne due au bruit des avions (parcours résidentiel, bénéfices secondaires à habiter ici, tels que l'emploi, le prix de l'immobilier, ... ).L'existence de facteurs secondaires semble alors bien confirmée ;
  • De même et bien que jugé comme une nuisance, le bruit des avions n'explique pas toute la gêne au dire même des riverains : la sensibilité individuelle entre en ligne de compte. L'importance des facteurs individuels semble elle aussi confirmée ;
  • L'impact des avions, en terme de nuisances, ne se limite pas au bruit. Il s'étend aussi à la pollution de l'air, notamment à cause de rejets perçus comme évitables, alors que les autorités nient l'objectivité de cette réalité et donc, indirectement, la réalité d'un vécu qui, bien qu'il puisse être subjectif, ne fait pas moins partie intégrante du vécu des riverains ;
  • Enfin, la perception des aéroports, notamment par les habitants les plus gênés, semble s'étayer sur un vécu d'injustice (aides, indemnisations, taxes... ) et de toute puissance de l'entité aéroportuaire (non respect de la réglementation, des engagements) renforcé par un important déficit d'image (ne communique pas... ) et un manque de volonté des pouvoirs publics. » (LTE)
   
   

« La signification accordée au bruit des avions se situe également, en général, au niveau de la relativisation. Elle a lieu par rapport à d'autres nuisances sonores liées au transport, mais aussi en précisant des périodes, pour insister sur la non­permanence du bruit. Une condition importante pour que le bruit des avions ne devienne pas intolérable pour les riverains est qu'il ne soit pas ou peu perceptible à l'intérieur du logement. Une des seules revendications présente dans les entretiens est donc la généralisation des indemnisations pour l'insonorisation.
La représentation de toute puissance de l'aéroport influence fortement l'attitude fataliste des personnes interrogées vis-à-vis du bruit des avions. Toute action ou toute revendication leur paraît alors inutile et inefficace, et de fait, les associations de riverains suscitent peu d'intérêt. Le sentiment d'abandon est également très présent à travers l'image des pouvoirs publics à qui il est reproché de se désintéresser du problème, ou celle des média qui ne donnent pas d'information sur le développement de Roissy. Même si le terme de gêne n'est pas toujours utilisé par les personnes interrogées, les avions constituent la nuisance principale. Elle est très présente dans les comportements d'adaptation des personnes interrogées. Elle s'exprime chez tous les enquêtés par une inquiétude au niveau de la pollution liée au trafic aérien, ou la peur de changements de l'environnement liés à l'augmentation du trafic.
À l'issue de l'analyse de ces entretiens, nous pouvons conclure que l'expression de la gêne n'est pas seulement liée au niveau d'exposition au bruit. Elle inclut l'ensemble des éléments du cadre de vie ainsi que les croyances et représentations des individus. Elle est également influencée par l'obligation de s'accommoder à un environnement que l'on ne peut pas quitter pour des raisons personnelles ou économiques. » (Europsyt-France)

   
   

« Mais dans leur ensemble, les riverains interviewés renvoient plus un sentiment d'acceptation, voire de résignation, que de rejet massif, ou de revendications fortes, vis-à-vis des aéroports et des avions. Il existe des inquiétudes (en matière de santé, de développement de l'aéroport, ... ) qui paraissent le plus souvent se fondre avec d'autres inquiétudes plus générales (emploi, développement économique, délinquance, pollution en général, ... ).
Même si le bruit des avions n'est pas la cause unique d'une dégradation du cadre de vie, son rôle dominant (en ce qui concerne les dimensions physiques de l'environnement) et de catalyseur, le positionne au premier plan des dimensions caractérisant et différenciant cette région d'autres régions à forte densité urbaine traversant les mêmes difficultés, excepté celles due au bruit des avions. » (LTE)

   
   

Enfin, pour l’Ipsha, les riverains se laissent classer selon une typologie en 6 groupes selon leur attitude psychosociologique :

  • le groupe A n’est pas gêné du tout par le bruit des avions, car il fait partie de l'aviation
  • le groupe B n’est que peu gêné par le bruit, mais on y est vigilant quant au trafic aérien
  • le groupe C est gêné par le bruit, mais moins que par d'autres soucis ou nuisances
  • le groupe D est très gêné par le bruit, mais le surmonte tant bien que mal ;
  • le groupe E est révolté par le bruit, et ne le supporte qu'en militant contre les avions
  • le groupe F les sinistrés par le bruit, qui sont partis vivre ailleurs. (il n’y a eu, évidemment, aucun représentant du groupe des « sinistrés » parmi les interviewés).
   
   

5.2 Les trois groupes d’attitudes issus de l’ACP

   
   
Le groupe A : faiblement gênés par le bruit d'avions

Les interviewés appartenant au groupe A ne sont presque pas gênés par le bruit des avions; ils le sont souvent davantage par d'autres nuisances sonores. Leur « principal problème » est celui du bruit ou vibrations de sources autres qu’aéronautique. Le facteur « rang3 », logiquement, est étroitement associé au groupe A. La communication verbale n’est réellement perturbée que par les survols du Concorde. Les membres du groupe A ne s’intéressent pas aux différences entre les avions, ni au fait de savoir si l’intensité du bruit prime ou non sur l’augmentation de la fréquence des survols. Ils disent en majorité s’être habitués au bruit. Le mauvais voisinage, le bruit routier et d’autres sources sonores créent une gêne plus importante que les avions.

   
   
Le groupe B : fortement gênés par le bruit d'avions

Dans ce groupe d’interviewés qui se déclarent très fortement gênés par les avions, les ménages de deux personnes sont dominants : il s’agit de personnes ayant déjà atteint un certain âge et dont les enfants, devenus grands, sont partis. Le facteur « gêne évaluée à 10 », le maximum, fait partie de ce groupe, ainsi que le facteur « rang1 ». Ce sont surtout les pointes de bruit, au décollage et pendant les départs en vacances, qui les gênent le plus. Ils reconnaissent les avions les plus bruyants, ce sont les avions anciens et le Concorde. Ce bruit d’avion parvient à masquer la parole, aussi bien à l’extérieur dans le jardin ou la rue, qu’à l’intérieur du logement. ; ceci malgré l’insonorisation assez fréquente des locaux. Ils jugent leur environnement comme étant « négatif », et trouvent que l’augmentation du trafic est plus gênante que l’intensité sonore. Ils remarquent la réaction de surprise, de la part d’invités venant chez eux pour la première fois, devant des bruits d’avion qu’eux-mêmes ne remarquent plus, tout en les subissant. Leur « problème n°1 », c’est la pointe de bruit, l’augmentation de la fréquence des survols, la pollution et le stress. Ils font état d’une dégradation générale de l’environnement, imputable à l’aéronautique : mutation sociale négative des quartiers nuisancés où ils habitent, délinquance, relations humaines regréssées, faible territorialisation. Leur vie de loisirs est axée clairement sur l’évasion de ces zones de bruit et de stress.
La gêne dans ce groupe est tellement forte que les propos tenus par les interviewés ont tendance à s’uniformiser, l’intensité sonore semble mettre tout le monde ou presque d’accord sur les thèmes essentiels. C’est à Gonesse, Goussainville et Villeneuve St Georges que l’on trouve les « cas » les plus parlants, dont nous pouvons nous suffire...

   
   
Le groupe C : moyennement gênés par le bruit d'avions

Ce groupe est constitué en majorité d’adultes encore jeunes, installés depuis 10 ou 20 ans dans le quartier, et qui travaillent ailleurs dans la journée. Le facteur « rang2 » est associé à ce groupe. Les avions constituent ici une gêne surtout nocturne, l’intensité gênant davantage que l’augmentation du trafic. Ce niveau de gêne cependant ne perturbe pas la communication, mais seulement la réception TV (son). La gêne sonore est parfois également attribuée à d’autres sources que les avions (sources animales et humaines, non mécaniques). Cependant la gêne est suffisamment forte pour qu’ils aient besoin, lors des retours de vacances, de se réhabituer à l’environnement bruyant. Ils regrettent la dégradation du cadre de vue campagnard, la perturbation du sommeil par les avions, mais aussi par « les jeunes », ou les camions. Les bandes de jeunes sont mentionnées à égalité avec les avions en tant que source de gêne. Leur vie de loisir est indépendante du bruit et du stress.

   
   

6 - Annexes

   
   

6.1 Comptes-rendus des 84 entretiens

   
   

Groupe A : faiblement gênés

Bull03 : Entretien simultané F : 46 ans ; secrétaire ; H : 50 ans ; électronicien conduite de vol ; mariés 2 enfants.
Propriétaire pavillon depuis 7 ans. Ils ont quitté Les Ulis pour fuir le bruit des avions. lis recherchaient un cadre forestier, un peu campagnard, un peu plus de tranquillité. Il perçoit l'ambiance générale à Bullion comme remarquable. Il parle de problèmes de drogues à cause des banlieues difficiles à proximité. Il est gêné par la circulation sur la route devant sa maison. Il craint la construction du troisième aéroport à Chartres qui lui apporterait des nuisances liées au bruit des avions.

   
   

Gon03 : Entretien simple H : 52 ans ; retraité, ancien personnel navigant.
Propriétaire pavillon depuis 17 ans. Maison de famille. Il est soumis au bruit incessant du trafic de camions sur la nationale qui passe devant chez lui. Les vibrations des camions détériorent sérieusement la construction. Le bruit des camions est insupportable : période qui commence à 4 heures du matin et se termine à minuit. Ce bruit rend nerveux et perturbe le sommeil. Il dit qu'avec l'habitude, l'homme s'adapte. Ce trafic routier s'accompagne de pollution, mais il ne faut pas négliger les dégazages et purges effectués par les avions. Le bruit des avions ne lui pose pas de problème par rapport à ce qu'il endure avec le bruit du trafic routier. Le Concorde fait plus de bruit que les autres, mais il ne passe que deux fois par jour, et il est chouette. Il pense que dans la gêne il y a une notion d'intolérance, qu'il ne faut pas oublier que l'on est en région parisienne. L'intérêt international est trop important, la manifestation contre la troisième piste qui a réuni 150 000 personnes n’a rien empêché. La municipalité informerait davantage ses administrés des indemnisations que par le passé. Mais il pense que l'essentiel des subventions passe dans le budget communal. Il estime qu'il faudrait interdire les nouvelles constructions là où il y a un « risque sonore ». Les améliorations techniques sur les avions pourraient êtres efficaces pour réduire le bruit. Il juge que le ministère de l'environnement devrait arrêter « la parlote » et passer à des actions concrètes.

   
   

Gon06 : L'interviewée est une femme africaine de 41 ans qui a eu cinq enfants, dont trois sont nés à Gonesse. Elle est cuisinière pour les cantines scolaires; son mari est menuisier; ils gagnent 23 KF par mois environ. lis habitent une maison de ville de quatre pièces avec un jardin de 100 M2. L'important pour elle c'est d'abord la sécurité, car elle a été récemment victime d'un cambriolage. Également le bruit, mais il est beaucoup moins important que la sécurité. Auparavant ils vivaient à Paris dans le 11 ème; ils sont partis à Gonesse pour devenir propriétaires (il leur reste neuf ans à payer). Ils sont là depuis une dizaine d'années, ils ont une bonne entente avec les voisins mais ils trouvent qu'il y a trop d'enfants trop bruyants. Leurs fêtes familiales sont parfois bruyantes mais elle dit que les voisins font des fêtes également... Elle a vécu dans sa Guinée natale jusque à l'âge de vingt deux ans, puis elle est partie à cause du régime politique de Sekou Touré. Maintenant que le régime a changé, le projet du couple est de rentrer en Guinée pour s'y installer, et le mari menuisier construit actuellement une maison en Guinée dans ce but. Ses enfants préfèrent rester en France, et elle espère qu'ils trouveront du travail. Elle a commencé depuis 4 mois un travail à l'éducation nationale comme cuisinière, où elle trouve que pour l'instant l'ambiance est bonne.
Le bruit des avions lui paraît relativement supportable à Gonesse, si elle le compare à celui que supporte sa cousine à Goussainville. Les avions sont difficiles à supporter le soir et la nuit, surtout en été. Les atterrissages sont plus pénibles que les décollages, « c'est quand il descend qu'on l'entend vraiment beaucoup ». Elle ne sait pas si le bruit des avions a changé. Elle pense que le bruit des avions n’a pas d'influence sur sa santé. Le couple prend l'avion tous les ans au moins pour se rendre à Conakry, l'avion est le cordon ombilical qui les relie à leurs origines et leur permet de supporter une vie difficile en France. Elle supporte plus ou moins bien les voyages, elle dit que 6 heures d'avion c'est long. Le Concorde fait beaucoup de bruit, tout le monde sait que c'est lui qui passe, et il passe souvent.

   
   

Gon07/08 (couple) : Le mari et la femme de ce couple ont tous deux 37 ans. Ils ont eu une petite-fille de trois ans. Ils habitent une maison de ville au centre de Gonesse, avec un jardin de 800M2 en cœur d'îlot. Il est éducateur sportif, et elle est infirmière psychiatrique sur Paris. Leurs revenus sont de l'ordre de 25 KF. Le plus important pour eux c'est la famille, la santé, le cadre de vie. Le bruit des avions fait problème dans leur vie actuelle. La circulation également est pénible, le bruit est cependant tolérable à cause de l'isolation des fenêtres. Il a toujours habité Gonesse avec ses frères, qui vivent dans le même immeuble, ils habitaient autrefois juste de l'autre côté de la place, et n’avaient alors que le bruit des avions du Bourget : c'est avec Roissy que les choses se sont nettement aggravées. Il regrette la perte de l'eau de source de Gonesse, si excellente que la firme Schweppes était venue s'y installer. Désormais ils boivent l'eau du réseau, beaucoup moins bonne. Elle vient de Neuilly sur Marne, où elle vivait dans l'ensemble « Les esplanades », « des tours très réussies » et qui semblent l'être resté. Elle est moins satisfaite de son quartier que lui, dont c'est le quartier d'enfance, Gonesse est une ville désagréable à cause de sa circulation et de son manque d'espaces verts, dit-elle. Dans l'idéal ils préféreraient vivre à la campagne mais pas trop loin de la ville. Pour les vacances ils vont souvent à la mer et à la montagne, ils ont un studio pour les sports d'hiver. Dans la nature, la pluie, l'orage, « c'est le bruit de la vie », et les machines agricoles ne les gênent jamais à la campagne. Le changement social est très rapide, « la société change à vue d’œil, mais on s'adapte ». Le bruit du tonnerre et des avions fait parfois peur à la petite-fille de trois ans. lis ne trouvent pas qu'il y ait davantage de bruit qu'autrefois. Lui a un travail bruyant (piscine), et se demande s'il n’a pas une perte d'audition. Les jeunes font exprès de faire du bruit avec les mobylettes sur la place devant la maison. Elle supporte mieux le silence que lui, qui a besoin d'une dose de fond sonore.
Concernant les avions, elle dira que « le soir quand il fait chaud, on ne peut pas ouvrir les fenêtres, ce n’est plus possible ». Les week-ends les avions passent parfois toutes les trente secondes et au minimum toutes les trois minutes. Elle ne perçoit pas de différences entre les décollages et les atterrissages; lui si, il trouve qu'en phase d'atterrissage on les entend davantage. On les voit facilement de chez eux, même les phares d'atterrissage les dérangent (surtout l'enfant). Ils ne sortent jamais les voir; il trouve que le bruit des avions a diminué : « les hélices étaient plus bruyantes, elles avaient une autre sonorité ». Il arrive qu'ils n’entendent plus le bruit à cause de leurs activités. Les avions les dérangent parfois pour regarder la télévision (son). Ils pensent que le bruit des avions à une influence sur la santé au plan psychologique. Le Concorde est magnifique, il passe tous les jours à 1lh30, il est très bruyant mais c'est la technologie française, et le progrès, et sur Gonesse heureusement il est déjà haut. Il ne connaissent pas du tout les différents avions. « Les avions d’aéro-club, c'est pas la même chose, c'est une passion! »

   
   

Iver02 : L'interviewé est un homme de 37 ans, marié et père de deux enfants, vivant dans une maison de village au centre d'Iverny avec un jardin d'environ 600 mètres carrés. Il travaille comme technicien de logistique chez Citroën, sa femme comme laborantine ; ils ont un niveau de revenus de 26 KF. Il est conseiller municipal, et s'occupe du comité des fêtes de ce village de 400 âmes. Ce qui est important pour lui, c'est d'abord la famille, ensuite le cadre de vie, le travail, les amis. Rien, selon lui, ne fait problème dans cet endroit, où ils ont acheté il y a huit ans, et où il se sent plutôt bien. Il se déclare sensible aux questions d'environnement et « pas trop mai loti ». Ce n’est qu'ensuite seulement qu'il aborde le problème des avions, qu'il relativise en disant que Roissy était là avant eux, « on a acheté notre maison en connaissance de cause ». Ils ne sont jamais contents de voir des avions passer au dessus d'eux, surtout quand ils essayent de profiter du jardin, mais la gêne n’est pas tant liée à la quantité d'avions qu'à certains survols à basse altitude : ils n’ont pas « vraiment vu la différence » lors de la grève d'Air France. Le choix du logement s'est décidé sur la base de sa localisation intermédiaire entre les lieux de travail des deux conjoints (entre Meaux et Aulnay sous Bois). Ils ont vécu deux ans à Meaux en HLM auparavant, dans un quartier « qui n’a pas forcément très bonne réputation ». Ils espèrent trouver une maison encore plus intéressante dans le village même, et restent aux aguets des occasions qui se présentent. Il a refusé une mutation à Vélizy, intéressante au plan du salaire, pour rester vivre à Iverny. Il pourrait échapper aux avions en se mettant aux vert chez ses parents dans le Nord, mais il précise que le bruit n’est pas si gênant qu'ils doivent en arriver là. Il ne se rend de dans cette maison que pour des fêtes de famille.
Le bruit, il le supporte difficilement mais ce n’est pas tellement celui des avions que le bruit des chiens des voisins. Pourtant les avions, dit-il, sont surtout gênants aux décollages par vent d'Est, quand il fait beau : c'est quand ils sortent dans le jardin! La plupart du temps les vents sont de l'Ouest et les avions ne les survolent qu'à l'atterrissage, ils sont moins bruyants (ce serait 80% du temps). Le bruit des avions selon lui n’a pas vraiment changé ; et quelle que soit son activité, il les entend toujours. Il ne pense pas que le bruit des avions influe sur la santé. En les voyant passer, il a souvent envie de partir loin en vacances, dans les Antilles françaises par exemple. Du Concorde il dira : « c'est notre horloge, 1lh20, il fait énormément de bruit, mais il est magnifique ! Il fait vibrer les carreaux de la petite avancée ». Travaillant bénévolement pour la mairie, il connaît le Plan de gêne sonore, les aides à l'habitat... et il estime que « si on avait tout ce qui est promis, ça serait intéressant 1 » La vraie solution, selon lui, c'est la réduction du bruit à la source car l'isolation ne règle pas le problème des jardins.

   
   

Iver04 : C'est une femme de 33 ans, qui a deux enfants et habite une maison de ville avec cour intérieure de cinq pièces, riveraine de la départementale 115 qui traverse lverny. Elle est comptable « dans une grande boîte à Neuilly sur Seine », son mari est chauffeur, ils ont un niveau de revenus de 20 KF. Il se joindra à nous en cours d'entretien. Le problème principal chez eux ce sont les camions de betterave entre le mois d'octobre et de décembre ; ensuite les avions. Mais il se plaignent encore davantage du bruit des voisins « qui n’ont aucun respect des normes de la communauté », car Roissy disent-ils, « on s'y habitue, ». Dans l'ensemble ils trouvent qu'il y a davantage de bruit maintenant qu'il y a 7 ans, quand il se sont installés. Les avions sont le plus gênants le soir, de 19h à 21 h., ils font plus de bruit au décollage, ça empêche de dîner dehors; on les entend davantage quand il fait mauvais temps parce qu'il passent plus bas. Ils sortent souvent à 11h15 pour voir passer le Concorde. Avec le bruit de la route ils ne sont dérangés par les avions qu'au dehors de la maison, et surtout le week-end car ils travaillent ailleurs en semaine. lis ne croient pas que le bruit des avions influe sur la santé, « sauf qu'il énerve beaucoup certains jours. »

   
   

Iver07 femme, 25 ans, trois enfants, sans-emploi. Maison de village en location, avec double vitrage, à 30 km de l'aéroport : Elle est venue s'installer avec son mari il y a moins d'un an, pour le travail. Ils sont originaires du sud de la France. Spontanément, les problèmes sont d'ordre administratif et financier: allocations familiales, aide au logement...
En matière de cadre de vie : c'est calme, c'est une petite ville, on se connaît tous, il y a des commerces pas loin.
Mais ça manque un peu d'activité pour les enfants.
On a toujours habité en ville, ici c'est bien reposant : la ville, c'est bruyant.
Ici, on a une cour et on peut faire un barbecue.
Suggéré : les avions, au début, on les entendait, puis maintenant, on les a oubliés.
On vit fenêtres ouvertes. C'est super, les avions : je ne suis jamais monté mais j'aimerais bien.
C'est comme les trains, j'ai habité à côté : on pense à tous les gens qui se retrouvent, ou qui partent en voyage.
Les avions : c'est un peu le rythme de la vie.
C'est vrai que des fois, on pense à l'accident, mais ça n’est pas très important.
Du bruit, il y en aura toujours, on ne peut rien faire.
Avant, on vivait en caravane, alors maintenant, on est super bien en maison.
On a remarqué qu'il y avait plus d'avions vers 7/8 h le soir, mais ça ne gêne pas plus.
La nuit, après avoir passé une journée avec les enfants, on dort bien : j'entends rien.
Et la journée, on est une famille très bruyante, avec nos enfants plus deux autres que je garde.
On est plus embêté par les voitures que par les avions : avec les voitures, on a peur pour nos enfants.
Les avions, ils ne nous font pas peur pour nos enfants.
Ici, on est bien, j'ai déjà à habité à côté du train et ça ne me faisait rien.

Note qualité de vie: 8.
Note gêne: 0. Environnement: effet positif. Aéroport: non, ne pense pas qu'il ait un effet négatif.
Origine très modeste, bilan cadre de vie positif Pas de troubles du sommeil, utilise le jardin A toujours connu un environnement sonore lié au transport Plus préoccupée par des inquiétudes financières qu'environnementale

   
   

MAm02 : Entretien simultané : F : 25 ans fonctionnaire ; H : 31 ans pâtissier ; mariés ; 3 enfants.
Propriétaire pavillon depuis 6 mois. Installation au Mesnil pour le bon rapport qualité prix de la maison. Elle juge la municipalité très active, avec des activités organisées pour les enfants. Ils entendent les avions seulement 1/2 heure par jour. La nuit, ils sont réveillés une ou deux fois par les avions. Les mobylettes sans pot d'échappement sont jugées plus gênantes que les avions. Ils différencient atterrissage et décollage ; à l'atterrissage, le bruit est plus léger. Selon le sens du vent le bruit retombe ou remonte. Les avions sont un peu plus gênants l'été quand ils sont dehors. L'hiver dans la maison, ils se disent pas gênés. lis s'attendaient à êtres plus gênés. Elle dit qu'en venant s'installer ici, ils savaient pourquoi ils ont acheté moins cher, il ne faut pas rêver, ils ne vont pas aller se plaindre ensuite contre les avions. Ils n’osent pas demander d'indemnisation pour insonoriser le grenier, parce qu'ils s'estiment peu gênés. Les politiques parlent de nuisances dues au bruit, mais n’envisagent pas de solutions. Les écologistes parlent toujours de la même chose : le diesel et la pollution. Ils n’ont pas d'information sur les associations.

   
   

MAm05 : L'interviewée est une femme de 48 ans, mariée et mère de deux enfants. Ils habitent provisoirement en attente de résoudre un conflit juridique concernant la livraison de leur nouvelle maison en Corse. Elle est cadre administratif en mairie, le mari est mécanicien d'Air France sur moteurs à réaction. Leur niveau de revenus et de 22 KF. L'important pour elle c'est l'environnement, c'est la raison pour laquelle ils ont fait construire à une maison en Corse, sa région d'origine (elle a vécu jusqu'à 8 ans près de la base aérienne de Ghisonaccia). Malheureusement l'entrepreneur ayant fait faillite, il y a des difficultés matérielles pour récupérer cette nouvelle maison, alors même que leur pavillon à Vemars était déjà vendu. Ce problème n’est cependant pas grand-chose en comparaison de son problème de santé : suite à une transfusion douteuse il y a dix ans, elle souffre d'une maladie grave dont elle ne veut pas dire le nom, mais dont le pronostic est inquiétant. Elle y fait face courageusement, « sans Prozac ». Elle occupe son temps à maîtriser l'informatique, les modems, et le tricot ! Elle aime bien la mer, la plage en décembre. A la campagne les activités agricoles la dérangent. Le bruit est quelque chose d'intolérable, « sauf les avions »! Elle trouve que « les mobylettes donnent envie de tuer ». La gêne dépend de la musicalité des bruits : le son des cloches est supportable, les autobus de la déviation actuellement devant chez elle ne le sont pas. Il lui est souvent arrivé d'appeler la police à cause des voisins bruyants. Concernant le bruit des avions elle dira tout d'abord « que ça, de la dérange pas », surtout les essais de moteurs qui signifient pour elle que son mari fait son travail ; mais un peu plus tard elle explique que les décollages sont vraiment gênants... Elle ne connaît pas la différence des bruits entre les différents avions, chose qu'elle a délégué à son mari. Elle pense que l'on arrive à éliminer le fait de les entendre, mais le bruit des avions a une influence sur sa santé, dit-elle, il provoque un choc physique, une montée d'adrénaline. Le Concorde est très beau, il est très bruyant mais il monte très vite.

   
   

MAm09. Homme, vingt-trois ans, célibataire, commerçant, habite au dessus de l'Épicerie. Locataire de l'appartement avec double vitrage depuis moins d'un an.
Il vivait avant, en ville : Ville- Parisis. Heureux d'être venu habiter ici et d'avoir ouvert ce commerce. Ici, c'est plus tranquille. Satisfait de l'agrandissement de la zone industrielle.
E y a un peu le bruit des avions mais dit être déjà habitué.
Peu d'inquiétude : juste peur qu'il y ait l'autoroute.
Le bruit des voitures sur la route est plus gênant que le bruit des avions.
Voitures, petites motos : bruit plus aiguë, donc plus gênant.
Le trafic semble augmenter : certains avions sont plus bruyants (les avions russes et le Concorde).
Avec la deuxième piste, Ça va développer la région.
Le Concorde : plutôt agréable, il fait partie de l'environnement. La gêne, ça dépend de chacun quand on travaille, on fait moins attention au bruit (à l'inverse des personnes âgées). J'attends beaucoup de l'extension du village au niveau économique & commercial.
La nuit: bon sommeil avec les fenêtres fermées.
Aucun problème de sommeil sauf avec les mobylettes.
A déjà pensé au risque (crash), mais pas souvent.
Plus d'avions en été. Moins d'avions le week-end.
L'aéroport - on va faire les courses, là-bas, le soir, c'est pratique.
Un peu peur que tous les avions passent sur la même ligne au-dessus de leur tête.
La vie de village : on se connaît tous, et c'est agréable.
Plus peur de l'insécurité : vol, racket, incident...
village mort : les jeunes bougent beaucoup, ils vont ailleurs. Il manque de logements locatifs.

Note qualité : 7. Note gêne : 3.
Santé et environnement : incidence plutôt positive : pas de pollution, pas d'usines, c'est plus sain qu'à Paris.

Commerçant nouvellement implanté: le bénéfice, tant en terme économique que de cadre de vie, est important Se dit peu dérangé par les avions mais dort fenêtres fermées Quelques craintes ambivalentes sur l'avenir: oui pour le développement (économique) mais inquiétudes sur l'augmentation du trafic. Inquiétudes face à la délinquance. Repère des différences de volumes du trafic (W.E., vacances)

   
   

MAub01 : Entretien simple F : 33 ans ; employée de bureau (congé parental) ; mariée (imprimeur) ; 3 enfants. : Propriétaire pavillon depuis 9 ans. Toute sa belle famille est originaire de la région, de plus, la maison était bon marché. Elle dit que lorsqu'ils ont acheté, ils n’ont pas fait attention aux bruits. Elle évoque un petit village où tout le monde se connaît et où l'ambiance est bonne. Elle regrette que la municipalité ne fasse pas grand-chose pour les jeunes. Elle a peur de l'arrivée des immigrés. Elle dit que les avions c'est l'enfer, mais que son voisin avec son tracteur aussi.
Un problème de perte de temps dans les transports l'a amené à venir s'établir à Gonesse. Il dit qu'il a négligé l'environnement. Il pense habiter dans un cadre privilégié par rapport au prix des loyers. L'inconvénient est la proximité de Roissy. Quand les fenêtres sont ouvertes, il n’entend plus le son de la télévision. Il évoque une circulation intense. Il les entend à partir de 4 heures du matin. Il connaît les horaires de passage du Concorde. Il y a des périodes de passage ou d'après lui c'est horrible : ce sont les entrées et les sorties, un peu comme le RER ; entre 8 et 10 heures et entre 17 et 19 heures, et au moment des départs en vacances. Au début de son installation, il a compté la fréquence de passage des avions, un toutes les 3 minutes, et avec le temps il y fait moins attention. Il ressent une angoisse du scratch à cause d'une erreur ou d'une défaillance mécanique. Il emprunte souvent l'avion et pense que c'est le moyen de transport le plus performant, mais il pense que pour les gens qui ne prennent jamais l'avion le bruit est horrible. Il dit que les gens cultivent des légumes qu'ils ne peuvent pas consommer à cause des huiles qui sont rejetées à l'ouverture des trains d'atterrissages. Il reconnaît les actions de la municipalité et du conseil général, notamment une enquête sur les nuisances. Mais il dit que l'on a fait taire les gens avec la baisse des impôts locaux. Il connaît plusieurs associations et pense qu'elles devraient aller d'avantage au-devant des riverains.

   
   

Mont02 : Entretien simple F : 29 ans comptable ; célibataire Elle habite Montmorency depuis 17 ans.
Locataire appartement depuis 2 ans Elle a choisi ce logement parce qu'il lui plaisait, et a fait attention au calme et aux commodités de transports. Elle évoque un lieu privilégié à proximité de Paris et offrant le calme d'une petite ville. De plus, les possibilités d'activités sont très nombreuses. Elle parle du bruit des avions seulement après relance. Elle estime que ça n’a rien à voir avec le bruit incessant des voitures sur une grande route dont la permanence rend fou. Le bruit des avions n’est pas nocif, il ne prend pas la tête. Si ça lui rendait la vie impossible, elle aurait déménagé depuis longtemps. Au début elle était un peu gênée parce qu'elle n’était pas habituée, mais maintenant elle ne les entend plus. Elle aime les avions et est impressionnée par leur technologie.
À un moment le bruit des avions était insupportable, mais il y a eu des pétitions et quelques changements sont intervenus parce que la population a râlé. Elle reconnaît les résultats obtenus grâce à l'action des associations.

   
   

Mont03 :_ Entretien simple F : 54 ans ; infirmière ; mariée (enseignant) ; 2 enfants.
Propriétaire pavillon depuis 2 ans. Elle est née à Montmorency, elle a vécu dans le Nord, et revient s'installer à Montmorency pour sa retraite. Pour elle, c'est le dernier coin de paradis. Elle se dit moins gênée par les avions que par les bruits de mobylettes, de motos, ou de conflits de voisinage. Elle précise toutefois, que l'été sur la terrasse, il lui arrive d'arrêter la conversation à cause des avions. D'après elle ce sont les associations qui ont obtenu une orientation des pistes différentes et le contournement de la vallée de Montmorency. Avant la modification des axes, il y avait des largages de kérosène qui ont engendré la perte de cèdres. Elle craint que les deux pistes supplémentaires n’entraînent une détérioration du cadre de vie avec une augmentation du bruit, une augmentation de la pollution par le kérosène, et une augmentation du risque lié à la circulation aérienne. Elle pense qu'à partir du moment où les décideurs économiques ont fait des choix, la population n’a pas grand-chose à dire. De toute façon il faut bien que les avions volent.

   
   

Mont04 : Femme de 46 ans mariée, mère de trois enfants. Elle est agent d'éducation, son mari ouvrier électricien. Ils gagnent 15 KF. lis vivent dans un F4 en HLM, où ou il se plaignent des dégradations depuis un an maintenant, du fait « de bandes venues des autres banlieues ». L'important pour eux, avant tout, c'est la propreté. Le bruit n’est pas mentionné comment problème d'environnement, « ici, c'est calme, le bâtiment B est calme... » C'est la pureté de l'eau qui pose problème, ils boivent de l'eau minérale. Le thème du bruit apparaît à propos du travail : son travail dans des cantines scolaires est bruyant. Les voisins également sont bruyants, ils la réveillent la nuit (fêtes), ils bricolent parfois tard le soir (perceuses). Concernant le bruit des avions elle dira « par moments c'est un problème ». À la belle saison, avec les départs en vacances, elle les entend à partir de 5 heures du matin. Voir les avions depuis chez elle « n’est pas évident ». Elle ignore sa distance à Roissy. Le bruit des avions n’a pas changé. Il n’influe pas sur sa santé, mais peut-être chez d'autres personnes au niveau de l'audition. Elle ne voit aucune différence entre les avions, même entre le Concorde et les autres.

   
   

Mont06 : Homme de 28 ans, célibataire, habitant un studio, « professeur des écoles » sur Gonesse, gagnant 15 KF. L'important pour lui « c'est de vivre bien ». Il mène la vie normale d'un jeune de son âge ; il est sportif et fait du VTT et du jogging. Ses parents étaient ouvriers, et il a « réussi pas mal d'études ». Rien ne fait problème dans son existence actuellement. Mais, concernant l'environnement, il déclare que les avions posent problème. Le problème du bruit se pose pour lui surtout dans son travail à l'école, « on est obligé de vivre avec ». Même le parquet, dit-il, y est bruyant. Le bruit en général augmente parce qu'il y a de plus en plus de moteurs, et « parce que les gens ne se rendent pas compte du bruit qu'ils font, ils vivent dans le bruit ». Lui-même, les éboueurs le réveillent la nuit. Mais c'est le bruit des avions qui constitue le « gros point noir ». Les avions commencent tôt le matin vers 5 ou 6 heures, les différences entre décollages et atterrissages sont « flagrantes ». Il n’a pas besoin de sortir dehors pour les voir, ils passent souvent très bas au-dessus de son immeuble (le même immeuble que l'interview précédent). Il pense que le bruit des avions à une influence sur la santé, notamment « les états dépressifs à Goussainville » et sur les écoliers de son établissement à Gonesse, où « les conditions sont terribles »; cette école est obligée de fermer lors de la tenue des salons du Bourget. Le Concorde passe assez haut chez lui, mais il sait qu'à Gonesse il est terriblement bruyant. Il connaît bien les différents avions, « a force de les voir » et trouve qu'en ce moment il y a beaucoup d'avions à hélice. La solution selon lui est dans la technologie des réacteurs.

   
   

Mont07 homme, Technicien en dépannage sur photocopieur, 28 ans, célibataire, locataire de son appartement depuis 5 ans, à 20 km de l'aéroport, à l'ouest de Roissy)
En arrivant de Brest, il a trouvé un emploi sur Montmorency.
Il constate un changement entre la province et la banlieue parisienne. E y a plus de circulation.
Le quartier où il habite s'améliore. E s'intègre bien. C'est un quartier tranquille, où l'on respire, il y a la forêt, on peut faire du sport: « On se sent encadré ».
En revanche, il n’y a pas de transports en commun. Montmorency est une ville dortoir mais on y trouve tout pour sortir.
« C'est le travail qui tue ! ». Ici, il n’y a pas de bruit la nuit sauf quelques jeunes qui discutent. E n’y a pas de problème comme à Sarcelle où il y a du stress, de la circulation pour se rendre au travail.
Le bruit perçu est surtout celui des voitures à 6 heures le matin.
Les avions, on s'habitue et les fenêtres sont isolées. Il ne les entend pas la nuit, ils font moins de bruit que les voitures : « On est en hauteur à Montmorency, on les entend moins qu'à Roissy.
La journée, je ne suis pas là, la nuit je dors. Ca ne m'a jamais réveillé et en plus, je savais qu'il y avait des avions. On les voit qui amorcent leur descente. » Il n’entend pas le Concorde, il le voit seulement à 20 heures.
Le trafic est plus intense l'été à cause des vacances.
Il prend l'avion, sans aucun problème. E ne pense jamais aux accidents.
Il n’a aucune envie de partir de Montmorency. E craint au contraire qu'un autre travail ne l'éloigne de son lieu d'habitation.
A Montmorency il n’y a pas de pollution « le ciel est bleu, alors qu'il est gris à Paris ». Ce sont les gens qui sont près de Roissy qui sont stressés.

Note qualité de vie 7
Note gêne 4
Incidence Enviro-santé  Non
Satisfait de son environnement 'espaces verts et des infrastructures que des équipements). Les avions ne sont pas un problème pour lui. Il les entend peu et il s'est habitué au bruit. Les voitures le gênent davantage car elles génèrent du stress. Les avions c'est important pour l'économie. ]A Montmorency, la forte présence de la verdure est une grande compensation au bruit.

   
   

Sann01 : Entretien simple H : 43 ans ; informaticien ; marié (informaticien) ; 2 enfants
Propriétaire pavillon depuis 11 ans. Il cherchait une maison assez grande, au calme, à proximité des écoles. Il se plaint de la vie socioculturelle pas terrible à Sannois, de l'absence d'un vrai centre ville. Il parle des problèmes de voisinages, de cambriolages. Le bruit des avions ne le gêne pas parce qu'il aime les avions. Il aime les avions pour le côté technique et la beauté de la ligne. La gêne serait une question de disposition, une affaire de perception, de sensibilité. Il reconnaît que le maire a organisé des réunions d'information.

   
   

Sann02 : Entretien simple : F : 50 ans ; employée de banque ; divorcée ; 1 enfant Elle habite Sannois depuis 40 ans. : Locataire appartement. Elle dit que la vie à Sannois est relativement agréable : ville calme et tranquille où l'on se sent en sécurité. Elle regrette que le commerce de proximité ne soit pas maintenu. Elle évoque une pétition qui circule pour réclamer l'installation d'un commissariat. Elle a fait installer du double vitrage à cause du bruit de la circulation routière. Fenêtres ouvertes, l'été, il y a beaucoup de bruit, mais ce n’est pas insupportable. Elle dit ne pas connaître le problème des avions. Elle en entend seulement un ou deux parfois, mais ce n’est pas désagréable. Pour elle le bruit le plus insupportable est le bruit incessant comme celui d'une autoroute.

   
   

Groupe B : fortement gênés

Gon01 : Entretien simultané : 32 ans, assistante maternelle, mariée (acheteur Air France) ; 1 enfant.
Locataire pavillon depuis 2 ans. H : 41 ans ; employé PTT marié (secrétaire) ; 3 enfants. Propriétaire pavillon depuis 12 ans.
Elle est arrivée il y a deux ans suite à une mutation de son mari. Elle regrette le sud de la France où elle vivait avant. S'il n’y avait pas d'avions, il n’y aurait pas grand-chose à Gonesse. Beaucoup d'emplois directs ou indirects en rapport avec l'aéroport. Elle parle d'une banlieue à problèmes à proximité et des cambriolages. Elle dit que les avions ne sont pas très gênants parce que les logements sont bien insonorisés. Elle estime que ce n’est pas pire qu'un train ou qu'une route passante. Elle peut identifier les avions, ainsi que l'atterrissage et le décollage. Elle dit s'être habituée au bruit, à l'exception du Concorde à qui elle pardonne parce que c'est une sacrée technologie. Elle remarque l'odeur du kérosène et les dépôts sur le mobilier de jardin. Elle note que sa fille est un peu plus enrhumée et malade ici qu'ailleurs. Elle évoque le problème du salon du Bourget, plus bruyant que le trafic aérien. Elle pense qu'en général, on parle plus d'environnement que du bruit des avions. Elle estime que le maire ferait mieux de se battre pour insonoriser l'hôpital plutôt que de lutter contre la troisième piste. Elle juge les revendications peu réalistes,

   
   

Gon02 : Entretien simple H : 57 ans ; retraité, imprimeur. :Propriétaire maison depuis 37 ans Il se plaint de l'environnement qui a changé. Il ne pensait pas qu'il y aurait tant d'avions, ça s'est beaucoup aggravé. Il veut quitter la région pour aller rejoindre ses frères dans le sud de la France. Il essaye de vendre depuis 2 ans en vain. Il entend le bruit des avions même fenêtres fermées. Il dit qu'il y a trop de bruit et que les avions jettent du kérosène, le mobilier de jardin est toujours sale. Fenêtre ouverte, il n’entend pas la télévision. Ça le fait sursauter surtout le soir, et quelquefois à 4 heures du matin, ça le réveille. Au moment des départs en vacances, en juillet-aout, c'est le pire. Il ne différencie pas les avions sauf le Concorde. Il reconnaît atterrissage et décollage. Il pense s'être habitué, mais pense que c'est excessif, un nouveau venu ne supporte pas.
Il dit que l'inconvénient c'est le bruit, sinon il aime bien les avions. Il demande à ce qu'on lui baisse les impôts locaux, ou qu'on les aide à insonoriser encore plus. Il n’est pas trop au courant des procédures d'indemnisations. Il a participé à deux manifestations, mais elles n’ont pas arrêté la construction des pistes. Personne ne peut rien faire contre le bruit des avions. Les actions des associations sont peine perdue. Aucun ministre ne pourra arrêter les nuisances de l'aéroport, c'est l'économie vitale du pays.

   
   

Gon04 : Entretien simple H : 51 ans ; informaticien ; marié ; 3 enfants. Locataire appartement.
Un problème de perte de temps dans les transports l'a amené à venir s'établir à Gonesse. Il dit qu'il a négligé l'environnement. Il pense habiter dans un cadre privilégié par rapport au prix des loyers. L'inconvénient est la proximité de Roissy. Quand les fenêtres sont ouvertes, il n’entend plus le son de la télévision. Il évoque une circulation intense. Il les entend à partir de 4 heures du matin. Il connaît les horaires de passage du Concorde. Il y a des périodes de passage ou d'après lui c'est horrible : ce: sont les entrées et les sorties, un peu comme le RER ; entre 8 et 10 heures et entre 17 et 19 heures, et au moment des départs en vacances. Au début de son installation, il a compté la fréquence de passage des avions, un toutes les 3 minutes, et avec le temps il y fait moins attention. Il ressent une angoisse du scratch à cause d'une erreur ou d'une défaillance mécanique. Il emprunte souvent l'avion et pense que c'est le moyen de transport le plus performant, mais il pense que pour les gens qui ne prennent jamais l'avion le bruit est horrible. Il dit que les gens cultivent des légumes qu'ils ne peuvent pas consommer à cause des huiles qui sont rejetées à l'ouverture des trains d'atterrissages. Il reconnaît les actions de la municipalité et du conseil général, notamment une enquête sur les nuisances. Mais il dit que l'on a fait taire les gens avec la baisse des impôts locaux. Il connaît plusieurs associations et pense qu'elles devraient aller d'avantage au-devant des riverains.

   
   

Gon05 : L'interviewée est une femme de 47 ans, mère de trois enfants, récemment devenue veuve. Elle habite un F4 dans un bloc HLM situé dans un beau parc. Elle est mère au foyer (ancienne vendeuse) et son niveau de revenus et de l'ordre de 10 KF. Son mari était dépanneur d'engins de chantier. Elle peut aller à la campagne, dans de la famille. Ses parents étaient de condition modeste, comme elle. Sa première préoccupation est la tranquillité et la propreté : son HLM est en effet très dégradé, au point qu'elle apprécie d'habiter le 4ème étage « qui est assez tranquille », par rapport à l'insécurité du rez de chaussée. En deuxième lieu elle se plaint des avions, qui la gênent pendant la journée. Le problème de son quartier, selon elle, est donc la gêne des avions le jour et celle des bandes de jeunes certaines nuits. A part cela elle apprécie de vivre dans la verdure, « je m'y plais beaucoup, on a de la chlorophylle, ici, on n’est pas trop dans le béton ». Elle habitait à Sannois il y a vingt-cinq ans, c'était encore un petit village, une autre époque; elle s'est installée à Gonesse à cause du travail de son mari : « au début c'était bien ici, il y avait une convivialité, ça empire petit a petit ». Elle est tentée de partir à cause du niveau qu'atteint désormais le vandalisme dans le quartier : avec l'état dans lequel est l'entrée, elle a un peu honte de recevoir des invités. Mais elle « tient à cet endroit », pour y avoir vécu avec son défunt mari et ses enfants, dont le premier vient de quitter la maison. Un F4 dont elle dit qu'il est spacieux, avec sa loggia. Elle connaît les voisins depuis plus de vingt ans, qui sont très calmes. Elle ne sort que rarement, « à cause des distances », elle est casanière.
Le bruit en général est gênant pour elle, mais n’est pas plus important que les autres problèmes, bien qu'il ait beaucoup augmenté : le nombre de vois s'accroît en permanence. Les bruits gênants sont les bruits techniques, ainsi que ceux de voisins trop différents (asiatiques), mais elle aime bien un orage à la campagne, un fond sonore de vent dans les branches.
Les avions sont par moments assez gênants pour qu'elle n’entende pas sa télévision, surtout aux décollages. « Quand le Concorde décolle, on l'entend! » Elle aime bien voir les avions, elle va au salon du Bourget, « les voir faire des loopings, des figures. C'est la technique, c'est le modernisme, c'est beau quoi. » Elle connaît St Ex, Hélène Boucher... Le bruit des avions n’a pas changé; parfois des visiteurs lui font remarquer le bruit qu'elle n’entend plus elle même, trop affairée. Mais rien ne l'empêche d'ouvrir la fenêtre, même le Concorde... « ça dure une minute, ça n’empêche rien du tout. On les entend davantage le soir, parce que le bruit ambiant est moindre ». Cela la dérange davantage qu'ils passent toutes les 30 secondes exactement sur le cimetière de Gonesse, où est enterré son mari, et, concernant les vivants, elle dit : « l'hôpital à côté, qu'est ce qu'il doit prendre! ». Elle se souvient de l'accident du Tupolev sur le Tillay, qui est rattaché à Goussainville. Elle même n’a pas peur, mais dans le quartier il y a beaucoup de gens qui craignent un nouvel accident.

   
   

Gon09 femme au chômage, 40 ans, mariée, 2 enfants, locataire de son appartement depuis 11 ans, à 3 ou 4 km de l'aéroport, à l'ouest de Roissy : Raisons choix résidentiel :moyens financiers et travail. Le mari est conducteur d'engins. Ils viennent de Normandie où ils vivaient à la campagne. Ils sont là parce qu'ils y ont trouvé du travail.
Depuis leur arrivée, ils constatent le changement de mentalité des gens qui vivent dans l'isolement: personne ne se parle.
La commune est mal desservie en transports en commun. Il y a trop de bruit, trop de pollution sonore et de kérosène : le linge blanc devient noir. Mais tout dépend du vent.
Les gens n’ont aucun civisme, les animaux polluent la résidence. Les appartements vieillissent mal. Ils ne sont pas insonorisés, on entend tout.
Les avantages de la résidence sont: la verdure, la clarté des appartements, le parc où les enfants peuvent jouer. La mairie a une bonne écoute pour ses habitants.
Les points faibles de Gonesse sont: l'insécurité qui est partout. Il n’y a pas d'autorité pour faire régner l'ordre. Les enfants ils se font tabasser à l'école. Il n’y a rien pour eux.
Le problème majeur, c'est la sécurité: « Que l'Etat et les citoyens prennent leurs responsabilités. D y a le problème des ethnies différentes, on le vit dans la cité, il y a des clans.
Ici, les enfants ont de l'asthme et des bronchites, c'est dû à la pollution. D'ailleurs ça correspond toujours au pic de pollution. « Ca m'a fait arrêter de fumer ».
En dehors des bruits de voisinage, il y a le bruit des avions : on n’entend pas la télé. Tout vibre. On arrête de discuter. Le Concorde fait vibrer les carreaux.
Il y a aussi le problème des vents qui ramènent les bruits et les odeurs. Aux heures de pointes, les avions passent parfois par 6 à la fois et toutes les 2 minutes. Sur Roissy, c'est toute l'année en raison des salons qui ont souvent lieu le week- end. la nuit, ils passent, c'est 2 heures, ils nous réveillent.
La famille utilise l'avion. C'est normal qu'il y ait des avions mais il faudrait qu'il ait des aides pour les riverains. On ne peut pas dire non aux aéroports.
La famille part le plus souvent possible en Normandie, environ une fois par mois. Es se rendent compte qu'ils sont nerveux, stressés par le bruit : « On s'emballe pour un rien, on s'énerve sur les gamins qui font du bruit ».
Les craintes résident dans l'insécurité: « On a peur que ça devienne comme aux US, on se sent en insécurité ». Ils pensent aux accidents d'avion, notamment en raison des collisions successives de ces derniers temps : « Quand il y a une collision, ça nous rappelle que nous habitons là ».
Ils sont inquiets pour les deux pistes qui vont s'ouvrir, le bruit sera multiplié par deux : « Où vont-ils passer ?. Dans les écoles, les enfants n’entendent pas la maîtresse ». On constate des problèmes de surdité.

Note qualité de vie 5
Note gêne 7
Incidence Enviro-santé  Nervosité, stress, surdité des enfants
le problème essentiel réside dans l'insécurité et le manque de responsabilité de chacun.
Il dépasse la gêne due au bruit des avions qui bien qu'intolérable, demeure un phénomène « normal ». Les conditions de vie de la famille sont difficiles dans une cité peu rassurante, dans un appartement mal isolé, qui se dégrade. Ils réclament des aides et un peu d'égard de la commune pour leur bien-être.

   
   

Gon10 Femme, sans emploi, 33 ans, mariée, époux chauffeur livreur, 3 enfants, locataire de son appartement depuis 11 ans, à 20 km de l'aéroport : Originaire de l'Aisne, elle a trouvé un emploi à Roissy par l'intermédiaire de son parrain. Il y a 6 ans qu'elle a été licenciée. C'est son parrain qui lui a trouvé son logement sur Gonesse. Elle espère retourner à St Quentin car ici les gens ne sont pas sociables, il y a de la délinquance, de la violence, des cambriolages : « Ce n’est plus possible de vivre ici ».
Ca a mal évolué, les gens sont plus agressifs qu'avant car il y a moins de travail, ils sont désœuvrés. On ne s'entend pas avec les gens des autres immeubles. en revanche, il y a eu une amélioration de l'habitat sur Gonesse, il y a de beaux pavillons, de meilleures infrastructures routières, l'installation de grandes surfaces, un collège... Mais dans le quartier il n’y a pas grand chose, pas de structure pour les jeunes, ils sont trop libres. Il manque des îlotiers, il n’y a pas assez de patrouilles, on manque de sécurité. Il faudrait plus d'emploi pour les jeunes qui n’ont pas de but.
La présence de l'aéroport est pénible car elle engendre des nuisances. Mais il faut qu'on s'adapte, c'est la modernisation. « Il faut accepter la modernisation ». « Quand je suis arrivée, j'ai été perturbée car il n’y a pas d'avion par chez moi ». « Je me suis intégrée à la région. Ce n’est pas dramatique les avions. Il faut suivre le courant ».
La personne est dépressive et stressée. Elle a peur qu'on la cambriole car elle l'a déjà été : « Il faut attendre que ça passe. C'est une angoisse ». Elle a peur pour ses enfants, peur qu'on les agresse : « Mon fils n’a pas de répondant ». « C'est pour ça qu'on veut partir ». Elle voudrait une région avec des espaces verts.
Quand elle travaillait, c'était pire : les enfants, le travail, les transports. Elle avait peur de la foule. Elle devait prendre le bus, le train, le RER, tout cela était une grande source de stress pour elle.
Le bruit des avions fait vibrer l'appartement, on n’entend plus la télé. La nuit ils passent aussi. On s'y est habitué. Quand le Concorde passe le mur du son, c'est terrible, c'est comme une détonation. En journée, il passe à 11H15, à 22H30/23H le soir. E y a moins de bruits ambiants, on le remarque plus. Les autres gros avions font à peu près le même bruit : « On s'y est habitué ». C'est quand ils atterrissent qu'ils font le plus de bruit. Le Concorde, c'est quand fi décolle.
Il n’y a pas d'aides proposées aux riverains, si ce n’est pour les nouveaux immeubles ou les immeubles rénovés qui sont isolés. Pas d'isolation des fenêtres dans l'appartement. « Mais les avions ne me gênent pas à ce point ». Ce sont surtout les gens qui la gênent, sa région d'origine lui manque aussi : « Je n’aime pas Paris. Ca me fait peur, la foule, les gens se regardent de travers, il n’y a pas de sincérité, pas de contact ». Son mari travaille à Roissy, ils restent donc ici pour l'instant.
N’ai jamais pris l'avion mais elle aimerait bien en avoir l'occasion.
Elle n’a pas de problème de sommeil : « S'il y avait 5 ou 6 avions en plus, ce ne serait pas gênant ». D'après elle, les gens de Goussainville sont plus gênés.
La présence de l'aéroport ne nuit pas à la santé, au contraire sa présence est nécessaire, « ça donne du travail ».

Note qualité de vie 7
Note gêne 5
Incidence Enviro-santé non, c'est un peu un écran à son anxiété
Les avions sont un inconvénient normal : il faut vivre avec son temps. La source d'angoisse sont les cités, la délinquance, la violence, l'inactivité des jeunes. Voudrait retourner à St Quentin mais son mari n’y trouverait pas de travail. Depuis qu'elle ne travaille plus, elle est moins dépressive. Elle préférerait avoir 10 avions de plus par jour que tous ces gens. Ses souhaits : monter un jour dans un avion et qu'il y ait du travail pour les jeunes.

   
   

Gon11 Au chômage, 47 ans, marié, épouse manutentionnaire à Roissy, 5 enfants, propriétaire de sa maison depuis 11 ans, à 5 km de l'aéroport, au sud ouest de Roissy : Venu à Gonesse pour ses enfants. Avant ils vivaient à Gennevilliers et ce n’était pas bien pour les enfants car il y avait de très mauvaises relations pour les adolescents. Là, c'est mieux, c'est une cité pavillonnaire de trente trois logements.
Mais il rencontre encore des problèmes parce qu'il y a différentes familles, de différentes nations. « Il ne faudrait pas de mélanges raciaux en raison des différences de mentalités. E faut respecter ce qu'on a choisi, sinon on dégage ».
Il faudrait améliorer l'éducation des jeunes et que l’État soit plus responsable : il ne fait rien pour les aider, il ne prend pas les jeunes en main pour l'avenir.
Un autre problème qu'il n’avait pas à Gennevilliers: les avions. « On se réveille toutes les nuits. C'est un problème supplémentaire très important. Pendant les vacances c'est encore pire car l'été il y a plus de départs donc plus de trafic.
Toutes les cinq ou dix minutes il y a un avion qui passe ». « Quand on ouvre notre porte c'est impossible. Quand c'est le Concorde, la maison tremble pendant 15 minutes.
Même le soir. C'est le pire ». « C'est impossible de s'habituer ».
Les habitants ont fait des pétitions, des manifestations et certaines villes en ont retiré des bénéfices : aides, réductions, travaux à Roissy et à Goussainville. Mais à Gonesse ça n’a rien changé.
Le bruit des avions me perturbe, on ne dort pas. Le sommeil est toujours interrompu. Les enfants se réveillent souvent mais ils s'habituent mieux.
Si il nous rend malades nous ne nous en rendons même pas compte. Ma femme travaille à Roissy. Elle perd la mémoire. Elle a eu un malaise à son travail qui n’a pas été diagnostiqué.
ne sait pas comment les choses vont évoluer: On supporte de moins en moins le bruit quand on vieillit.
Il ne sait pas non plus ce que l'avion dégage comme pollution: « On ne sait pas ce qu'on respire. On peut avoir une maladie, on ne sait pas d'où elle vient.
Il craint la pollution, ce qui tombe des avions. On mange des fruits, les enfants prennent des pommes sur les arbres, il peut y avoir des conséquences.
Il a peur que son bien immobilier soit invendable : « Qui voudrait de ma maison ? Je vais être perdant. Je serai obligé de tout abandonner. Or, je ne compte pas rester. Je ne sais pas où aller mais je cherche la tranquillité.
J'ai peur de ne pas pouvoir vendre. Mais il estime que ce n’est pas trop dramatique et qu'il y a pire. « Je supporte. C'est le seul choix que j'ai ».
E prend l'avion tous les ans pour retourner dans le pays d'origine (immigré deuxième génération).

Note qualité de vie 4
Note gêne 10
Incidence Enviro-santé  avions néfaste pour la santé peut-être a long terme.
Deux sources de nuisance : la vie en cité et les problèmes raciaux et des jeunes qu'elle entraîne et le bruit des avions. Désir de partir mais il n’en a pas les moyens financiers. Ne comprend pas qu'il n’y ait pas d'aides accordées aux riverains. Les habitants de Gonesse ne sont pas pris en considération, ils ne sont rien pour les pouvoirs publics.

   
   

Gouss01 : Entretien simultané F : 27 ans aide soignante H : 31 ans instituteur ; mariés ', sans enfant.
Logement de fonction depuis 1 ans et demi. Il est originaire de la région. Le vieux pays est décrit comme vivant même s'il n’y a pas de mairie. Il y a une association de défense des riverains et d'autres associations culturelles. Quand l'aéroport s'est construit, les gens ont eu très peur que la piste passe juste au-dessus d'eux, ils ont tous déménagé, et certains ont vendu leur maison. Beaucoup de logements murés ou squattés au vieux pays, ils ne comprennent pas pourquoi Roissy ne s'en préoccupe pas plus. Les seules nuisances qu'ils reconnaissent sont aériennes. Quand le Concorde passe, les vitres bougent, il y a des vibrations, et ils ont l'impression qu'il va s'écraser. Ils arrêtent toute activité au passage du Concorde. Leur rythme journalier est ponctué par les avions : à 5h30-6 heures il est réveillé par les avions, et à 11h20 mn il y a le Concorde. En juillet-aout au moment des départs en vacances, le bruit est continu. Les gens qui ont des jardins ouvriers se plaignent des dépôts de kérosène. Quand il y a du brouillard et pas de vent, ils sentent le carburant. Les amis qui viennent chez eux ont énormément de mal à dormir. Ils estiment qu'une route passante, c'est pire que les avions, quand la voiture passe, ça donne un bruit sourd, en continu. Mais ils pensent que c'est aussi une question d'habitude. Quand on est dans l'avion, on ne pense pas à ceux qui sont en dessous. lis pensent que même avec des regroupements, des pétitions, ça ne changerait pas grand-chose. Qu'il y ait des pétitions ou pas, « ils » auront le dernier mot, « ils » feront leur projet.

   
   

Gouss02 : Entretien simple H : 82 ans marié, retraité ; président association de riverains depuis 30 ans.
Propriétaire pavillon depuis 38 ans. Pour lui, l'aéroport représente toute l'économie du val d'Oise, c'est un des pôles de développement. Il dit que l'aéroport s'est construit en catimini. Il pense qu'on ne s'habitue pas au bruit des avions, qu'il y a des répercussions nerveuses. Il se déclare trop vieux pour déménager et que de toute façon à condition de trouver un acheteur il perdrait 50 % du prix de sa maison. Il parle essentiellement des actions et procès qu'il a menés avec son association contre l'ADP. Il dit que l'on peut porter plainte contre son voisin parce qu'il fait trop de bruit, mais contre l'ADP on ne peut rien faire. Il dénonce la volonté de construction des mairies des communes exposées. î Il pense qu'il faudrait prendre en compte l'insonorisation totale des logements, et pas seulement les fenêtres. Il juge les politiques et les associations impuissants face à l'aéroport.

   
   

Gouss03 : Entretien simultané : 67 ans, retraitée ; H : 72 ans, retraité ; mariés.
Propriétaire pavillon depuis 28 ans. Quand il s'est installé, il ne savait pas que l'aéroport allait exister. Avant l'aéroport, il avait la sensation de résider à la campagne où il faisait bon vivre, depuis des populations différentes se sont installées et c'est devenu une zone dortoir. Les nuisances de Roissy-en-France n’ont rien arrangé, beaucoup de gens ont quitté la région à cause de ça. Il n’y a plus de commerces de proximité. Il dit ne pas avoir les avantages économiques de l'aéroport et notamment le dégrèvement des impôts locaux. Pour lui, la plus grosse nuisance de Goussainville est l'aéroport : les avions ce n’est pas invivable, mais ça dégrade le cadre de vie. Il pense que l'aéroport s'est agrandi de façon incroyable, en plus ils ne respectent pas les lois de l'aéronautique car il entend des avions la nuit alors qu'il ne devrait pas y en avoir. Avant il pouvait manger dehors, mais maintenant c'est parfois impossible ou alors il faut se taire. Il évoque des créneaux où le trafic est plus important : entre midi et 14h, le soir, les périodes de vacances. Il cite également le passage du Concorde à 11 h20. Il parle de la pollution du kérosène qui s'évacue comme les vapeurs de gaz oïl et de carburant. Il a un dossier d'indemnisation auprès de l'ADEME en cours. Il a tardé à demander une indemnisation, car accepter l'argent c'est accepter les nuisances. Il a changé d'avis car il s'est rendu compte que c'est le pot de fer contre le pot de terre, la bataille était perdue d'avance. Il regrette que toutes les pièces du logement ne soient pas prises en compte. Il dit que l'été, fenêtres ouvertes, l'insonorisation ne sert à rien.
Il a pensé à déménager, mais il estime qu'il perdrait 20 à 30 % du prix de sa, maison. Personne ne peut rien faire, les manifestations n’ont pas empêché les pistes. Madame Voynet parle beaucoup de pollution mais jamais de l'aviation.

   
   

Gouss04 : L'interviewé est un retraité de 62 ans, marié et père de deux enfants, mariés eux-mêmes. Il est grand père de 4 petits-enfants. Il habite un pavillon de 5p avec un petit jardin, dont il a fait lui-même tous les travaux à partir de 1971, pavillon qu'il a racheté à un ami après l'accident du Tupolev, tombé précisément à cet endroit (l'école Pasteur) : plusieurs habitants sont partis vivre ailleurs, ne supportant plus ce souvenir. Il était chauffagiste, sa femme agent d'entretien, leurs revenus sont de l'ordre de 10 KF mensuels. Le plus important pour lui c'est le bruit, ensuite l'air pollué par les avions, et l'eau. Il est né en Italie, au Nord de Venise, et il y a vécu jusqu'à 19 ans, âge auquel il est venu travailler en France, en 1955. Devenu retraité, il n’a plus une minute de temps libre : « je fais tout. le fais le manger, je fais la lessive, je fais la peinture, tout ! je fais tout, comme ça on est tranquille ». lis ne partent jamais en vacances, ni en week-end; ils n’ont aucun endroit où fuir le bruit des avions : « on dit souvent qu'on s'habituer. Ce n’est pas vrai 1 On ne s'habitue jamais. « Il trouve que le bruit « c'est pareil depuis vingt ans ». C'est surtout grave le soir à partir de 19h. Il ne parvient pas à imaginer comment serait sa vie si son logement était totalement silencieux. Les décollages sont beaucoup plus bruyants que les atterrissages, et parfois c'est toutes les deux minutes. S'ils passent très bas, ils empêchent de suivre une conversation dans son pavillon. lis le réveillent vers 5h30 ou 6 heures du matin, et l'empêchent de s'endormir le soir. Il n’a jamais pris lui-même l'avion; il n’entend aucune différence dans leur bruit depuis vingt ans. Le Concorde : « Ne m'en parlez pas 1 C'est la belle bête mais alors... C'est strident mais bref. Ça bouge le cœur »... La seule solution, c'est qu'il n’y ait plus aucun avion. Les petits avions des aéro-clubs gênent beaucoup moins, ils les appellent « avions à pédales » , parce qu'ils passent très lentement. Les avions à hélices sont presque aussi bruyants que ceux à réaction.
La peur des accidents est restée vivace dans ce quartier, où l'on connaît par cœur leur liste complète depuis la chute du Tupolev.

   
   

Gouss05 : L'interviewée est une femme de 35 ans, mariée et mère de deux enfants, technicienne en milieu hospitalier, habitant un pavillon de 6 pièces avec un jardin d'environ 600M2. Le mari est chauffeur-livreur. Leurs revenus sont de 14 KF. L'ambiance est sécuritaire dans ce pavillon gardé par un chien très efficace. L'interviewée pratique le judo, et déclare que sa préoccupation n°1 est la sécurité; en second lieu seulement elle se plaint des avions : le ménage est en train d'isoler la maison contre le bruit. L'air sent le kérosène, il y a un dépôt de gras sur l'eau; sa famille boit de l'eau en bouteille. Concernant l'environnement, elle estime que le problème le plus grave c'est le bruit des avions « parce que l'insécurité c'est partout! ». Sa maison n’aura pas droit aux aides à l'isolation acoustique, car ils n’ont acheté qu'en 1984. « En 1984 il y avait beaucoup moins de bruit que maintenant, c'est devenu dramatique ! » , et c'était plus facile de supporter le bruit « quand on était jeunes, on avait vingt ans ». Lors de la grève d'Air France, elle s'est aperçue que c'est cette compagnie qui selon elle fait le plus de bruit : « les avions qui décollent très très haut ne posent pas de problème. Ceux d'Air France sont beaucoup plus lourds, ils ont plus de mal à décoller ». Elle est arrêtée pour maladie en ce moment, et constate la différence d'ambiance sonore avec une semaine normale : « Ça va quand on travaille, bon les week-ends on s'en accommode, mais là je trouve ça très pénible ! » Sinon, le quartier et les voisins sont agréables, l'insécurité proviendrait des collectifs dans Goussainville.
Le bruit des chiens, le leur et ceux des voisins, est un bruit relativement positif puisqu'il signifie que le quartier est bien surveillé malgré le bruit des avions qui peut fournir un écran acoustique à celui des agressions et de l'insécurité.
« Le plus dur à supporter c'est le retour des vacances, il faut se réhabituer, quoi. De ce point de vue là, je préfère encore le Concorde. » Cependant, le souvenir marquant de son enfance au Tillay c'est l'accident du Tupolev, qui a coupé en deux la maison en face de chez elle... Un vieux voisin garde la mémoire de tous les accidents aériens depuis l'avant guerre. « Quand je raconte aux gens que j'habite près de l'aéroport de Roissy, que j'ai le TGV qui passe, et la Francilienne en plus, il me disent que je suis folle d'habiter là ! » Le couple s'est donné deux ans pour observer l'évolution du trafic aérien et partir éventuellement dans l'Oise, malgré l'éloignement de leur lieux de travail et les frais de transport que cela entraînerait. Ils envoient les enfants le plus souvent possible chez leur grand-mère à Perpignan « et on doit les mettre sur l'avion à Orly, c'est un comble ! » Les bruits de la campagne ou de la nature, même violents, ne la gênent pas, mais un tracteur à 4 heures du matin certainement (c'est le cas dans les faubourgs de Perpignan... ) Elle avait d'ailleurs une volière de tourterelles : le voisin s'est plaint de leur bruit, elle a du prendre un lapin Le silence « c'est bizarre » , car elle a du bruit à son travail et du bruit à la maison, « mais ça serait agréable de temps en temps ». Pourtant, elle n’aime pas le silence, angoissant ainsi que la solitude, et elle « allume la télé tout le temps » , mais si c'était totalement silencieux, ce ne sont pas les avions qui lui manqueraient, mais bien le bruit des enfants, celui de la vie.
Les avions sont le plus gênants « quand ils font leurs essais de réacteurs, et qu'on essaye d'écouter la télé ». La différence est très nette entre les atterrissages et les décollages : elle préfère les atterrissages, car les avions sont plus visibles, et ils font moins de bruit. Les décollages seraient supportables « s'ils décollaient un petit peu plus haut, comme le Postal, il me dérange pas. » Cette préférence n’est pas due au fait que le Postal est un avion à hélices, mais au fait qu'il « prend beaucoup plus haut ». Le bruit des avions a changé, mais en mal : « il est plus fort, il est plus lourd, plus grave, il dure plus longtemps ». Ni elle ni son mari n’ont jamais pris l'avion, même pour Perpignan. Pourtant, « l'aviation est une belle chose ». « On le prendra bien un jour, l'avion. On ira au Canada ».

   
   

Gouss06 Chauffeur livreur, 33 ans, marié, 2 enfants, locataire de la maison depuis 6 ans, depuis 20 ans avec ses parents, à 1 km de l'aéroport, au nord de Roissy) : Ses parents, originaires du Nord, se sont installés à Goussainville pour raisons professionnelles. La maison occupée actuellement est celle que ses parents habitaient en location et dont il a repris le bail
Le problème numéro 1 de Goussainville, c'est la délinquance : « On ne peut rien avoir de neuf. On rénove tout et tout se recasse ». La commune est bien équipée pour une petite commune
stade de foot, piscine. Mais les habitants saccagent tout et la piscine est devenue impraticable
L'emplacement de la maison est agréable, en pleins champs mais eue se trouve en bout de piste et, l'été, toutes les 30 secondes et toutes les minutes l'hiver, un avion décolle : « Avec les jumelles, on voit le pilote ! » Le pire de tout, c'est quand le Concorde décolle, c'est le plus bruyant (plus de 110 dB) et il décolle trop bas : « Les vitres de la maison vibrent », « Mes enfants se bouchent les oreilles », « Je suis prêt à recevoir des gens pour filmer le Concorde à 300 ou 400 mètres ». Sans compter les essais, même si c'est moins fort, on les entend quand même. Les avions devraient avoir des réacteurs moins bruyants et décoller plus loin des habitations. Ce serait l'amélioration à apporter en priorité à Goussainville.
Malgré les travaux d'isolation aux fenêtres, à la charge du locataire, le bruit reste difficilement supportable. Même la nuit les avions décollent: « Ils ne respectent pas le sommeil des gens. Ils décollent à 2 ou 3 heures du matin ».
En cas de catastrophe, la personne interrogée se déclare aux premières loges : « L'école avait été touchée lors de l'accident du Tupolev ».
En plus des avions, l'environnement souffre du bruit des petites départementales, qui demeure néanmoins acceptable. En revanche, les voitures génèrent de la pollution. Mais ici, l'air n’est pas plus pollué qu'ailleurs : « Je livre tous les jours sur Paris et on ressent encore plus la pollution qu'ici ».
Le bruit des avions est plus insupportable l'été (on vit plus en extérieur ou fenêtres ouvertes et le trafic est plus intense). Le Ministre des Transports devrait être plus vigilant, d'autant qu'il va y avoir une troisième piste qui va s'ouvrir: « S'il y a un problème en plein décollage, ce sera sur Goussainville. Toute la ville sera écrasée. Nous sommes dans une zone à hauts risques ».
Malgré tout, l'interlocuteur reste en raison du loyer, très bas. De plus, ses parents habitaient là et il ne voudrait pas que d'autres y habitent. C'est sentimental.
La personne utilise l'avion pour partir en voyage : « C'est un avantage d'être à côté ». Elle souhaiterait partir le week-end et va chez sa sœur en Normandie de temps en temps : « Je trouve que c'est très, très reposant, ce qui montre à quel point le bruit est fatiguant ». La qualité du sommeil est troublée, on se repose mal, on se fatigue plus vite que ceux qui vivent à la campagne par exemple.

La crainte essentielle est une catastrophe aérienne due à un problème de décollage ou à un attentat sur un avion. E redoute l'ouverture de la troisième piste dans un an : « Ca va être incroyable, de pire en pire ». Il trouve d'autant plus inadmissible que l’État ne rembourse pas les travaux d'isolation engagés par les riverains ou qu'aucune aide de quelque nature que ce soit ne soit allouée.

Note qualité de vie 5
Note gêne 10
Incidence Enviro-santé N. S. P.
Malgré délinquance et bruit, reste attaché à son logement (lien sentimental et loyer très attractif) La crainte d'un accident d'avion est très souvent évoquée
Victime d'un gouvernement qui ne respecte pas la qualité de vie des citoyens en n’hésitant pas à ouvrir des pistes supplémentaires et qui n’offre aucune compensation d'aide financière.

   
   

Gouss07 (Chef d'équipe au PTT, 45 ans, divorcé, propriétaire d'un appartement neuf, isolé aux narines, depuis novembre 1997, à 2 km de l'aéroport, au nord-ouest de Roissy)
Revenu depuis novembre à Goussainville après avoir vécu à Gonesse à partir de 1989 à la suite de son divorce. Préfère Goussainville plutôt que Gonesse car il y a des attaches familiales et professionnelles. Pour lui, il y a le même bruit ici qu'à Gonesse et à Gonesse, c'est presque pire.
Depuis 29 ans qu'il habite Goussainville, il constate une évolution de la population : « la délinquance a augmenté de façon vertigineuse. Dans 5 ans ce sera Harlem ». Il impute ce changement à la crise économique où il n’y a plus de place pour les faibles.
Goussainville présente néanmoins des avantages, comme : son centre commercial, le train, les transports en commun, « on est à 15 minutes de Paris » et la commune est très bien équipée. Mais il y a beaucoup de misère à Goussainville : 11 y a beaucoup de médecins et de pharmacies, c'est lié à la misère. E y a de plus en plus de dépressifs ».
Pour lui, les gens sont mal traités: « Le bruit est un manque de respect ». Il faudrait les informer davantage sur les aides qu'ils peuvent avoir pour améliorer leur cadre de vie. Il faut les responsabiliser pour qu'ils demandent plus. Souligne que Goussainville devient une commune envahie par le béton et c'est ce qui entraîne les problèmes de santé : « C'est psychologique ». Les enfants sont habitués :"C'est comme aux US, les gosses poussent dans le béton. Or, chômage et béton = délinquance ».
A Goussainville, il y a le bruit des avions mais aussi celui du train. On s'habitue au bruit, on devient sourd, on parle plus fort. Reconnaît qu’économiquement « il est impossible de supprimer les avions ».
Mais Goussainville est une zone sinistrée et il est inacceptable que les habitants, paient des impôts locaux : « A Roissy en France, ils ne paient pas d'impôts alors que nous oui et nous sommes plus gênés qu'eux par les avions. C'est un manque de respect pour l'être humain ».
Le sommeil est perturbé: « On croit qu'on s'habitue mais non. Je suis nerveux de nature mais je le suis encore plus avec le bruit ». Le Concorde est l'avion le plus bruyant mais c'est un avion de prestige. « Si il était rentable, on l'accepterait mieux. Parmi les avantages que l'on pourrait accorder aux habitants de Goussainville en compensation du bruit des avions, il y a la gratuité des voyages en avion, par exemple.
La personne interrogée craint aussi qu'il y ait un jour un problème de réacteur et qu'il y ait « un scratch comme en 74 ». Rêve de quitter Goussainville à la retraite sans trop y croire pourtant « Ca fait partie des rêves ». Mais si la proximité de l'aéroport est ressentie comme une gêne, « il ne faut pas oublier qu'il a créé des emplois et qu'il fait vivre une partie de la population ».

Note qualité de vie 4
Note gêne 10
Incidence Enviro-santé  pollution: « Les arbres sont remplis de kérosène ». nervosité
Met en évidence les aspects positifs d'habiter dans une commune bien équipée et qui vit de l'aéroport, et les contreparties, lourdes à supporter qui font de Goussainville une zone sinistrée
Bruit des avions qui porte atteinte à la santé nerveuse des individus, extension des constructions qui entraîne toujours plus de délinquance, exposition aux risques d'accidents aériens de la population qui doit tout supporter sans compensation de l'état.

   
   

Gouss08 Retraitée, 75 ans, veuve, locataire de son appartement depuis 40 ans, à 7 km de l'aéroport, à l'ouest de Roissy : Elle a habité le premier HLM de Goussainville où elle vit toujours. Elle a la nostalgie de l'époque où l'on vivait à Goussainville l'été les fenêtres grandes ouvertes. Maintenant, ce n’est plus possible en raison des agressions et des cambriolages : « Il n’y a plus de sécurité ». Avant, Goussainville était une petite ville de campagne, tranquille, où tout le monde se connaissait. Aujourd'hui, il n’y a plus de petits commerçants. La commune a grossi et est passée de 12 000 à 30 000 habitants.
Goussainville se rénove énormément mais les espaces verts disparaissent, il n’y a plus d'endroits sûrs pour se promener, les enfants n’ont plus les champs pour s'amuser comme autrefois. Tout est construit. Si bien qu'on s'enferme devant sa télé : « On souffre d'une insuffisance vitale ».
Pour améliorer les conditions de vie à Goussainville, il faudrait qu'il y ait plus de surveillance de police. Actuellement, il y a un grand laisser aller : « Les fleurs sont ravagées, plus rien n’est respecté. Les parents n’éduquent plus leurs enfants ».
L'Office d'HLM a fait des travaux d'isolation des fenêtres et depuis, « on dort mieux malgré le bruit de la rue et des avions ».
S'inquiète des deux nouvelles pistes qui doivent ouvrir prochainement. Elle évoque le Concorde qui passe deux fois par jour et qu'on n’entend pas en ce moment en raison de la grève. Sans compter les 747 qui décollent: « L'été, les fenêtres ouvertes, ce n’est pas possible ».
Vit dans un environnement bruyant: le voisinage de l'immeuble, les feux tricolores sur le trajet qui mène à la gare, les voitures qui passent au mépris des gens qui traversent... Tout cela dans un bruit sourd. Le pire, c'est le Concorde, deux fois par jour, qui fait vibrer tout l'appartement. Par beau temps, il vole plus haut et on l'entend moins. C'est surtout quand il décolle La nuit, il y a les gros avions qui passent à 2H30. Le bruit des 747 est plus sourd. Ils décollent tous les uns à la suite des autres. L'été, on ne peut pas parler dehors, les avions décollent et atterrissent sans cesse.
La personne se déclare trop âgée pour remédier à sa situation : Je ne peux rien faire. Je crains qu'on ne puisse plus dormir. Elle s'est habituée au train qui passe à 50 mètres de chez elle mais ce n’est pas possible de s'habituer avec les avions.
Elle prend l'avion deux ou trois fois par an pour aller voir sa fille qui vit à Grasse. Et elle a conscience, qu'à ces moments là, elle prend part à la gêne de bruit : « C'est une petite vengeance ».
Est attachée à son appartement : « Je l'aime. Les avions ne me feront pas partir ». Pourtant, elle a du mal à regarder sa télé dont l'image est brouillée malgré l'investissement d'une antenne sur le toit de l'immeuble.
Elle prend des médicaments pour dormir mais cela a toujours été le cas. Elle constate les effets de la pollution due au kérosène sur l'encrassement des vitres de l'appartement qu'il faut nettoyer toutes les semaines.
Les craintes exprimées : surtout sur l'ouverture des deux futures pistes qui vont venir perturber le sommeil : « Les gens de Strasbourg n’en ont pas voulu, donc ça vient sur Roissy. Ca crée une inquiétude pour nous, pour le bruit et la pollution ». « Ici, on n’a rien, on ne peut même plus se promener ». '«Les avions gênent tout le monde ».

Note qualité de vie 7
Note gêne 8
Incidence Enviro-santé  Non, mais le sommeil va être perturbé.
Femme âgée qui n’a jamais quitté Goussainville. Tout se dégrade, les gens ne communiquent plus, la ville ne propose rien Le bruit des avions empire inévitablement. Très inquiète de l'ouverture des deux futures pistes. Elle ne peut pas partir car elle est trop vieille et elle est attachée à son appartement.

   
   

Iver03 : Une femme de 42 ans, mariée avec deux enfants, vivant dans une maison de ville de six-sept pièces « un peu biscornue » , car issue de la réunion de deux maisons plus petites. Elle travaille comme secrétaire de mairie à Tremblay. Son mari est maître d'hôtel. Leur niveau de revenus et de 24 KF. L'important pour elle, dans l'ordre, ce sont les enfants, la famille, son mari, son travail. Ils ont choisi de vivre là, pour la proximité de leur travail et les bonnes communications, enfin pour le rapport qualité prix de l'endroit. Ce qui fait problème pour elle que ce sont les avions, surtout depuis l'accord sur la nouvelle piste : les problèmes d'environnement sont importants. Le bruit des avions s'est accentué, surtout la nuit. Elle trouve les charges locales et foncières très chères pour un tel environnement. Cela ne semble pas sans rapport avec le fait qu'auparavant elle vivait à Bagnolet en HLM, proche du périphérique, et qu'elle entendait bien le bruit de cette circulation, dit-elle. Depuis deux ans qu'ils sont là, ils commencent à connaître un peu mieux les voisins, surtout à travers les enfants. Ils reçoivent beaucoup de visites, des amis s'installent eux aussi dans le coin. Mis à part les avions, le seul inconvénient de leur nouvelle existence c'est le café d'en face, un café à camionneurs... Elle dit retrouver ici quelque chose de son enfance d'exilée espagnole à Montauban, la verdure, la campagne. Depuis qu'ils vivent là, ils ne sont pas encore retournés au cinéma. Concernant le bruit, elle dit que maintenant il y a beaucoup plus de moteurs qu'autrefois, et davantage de bruit la nuit. Elle même se trouve bruyante quand elle fait son ménage. Un bruit de tracteur tôt le matin, ou la bétonnière d'un bricoleur du dimanche gâchent le plaisir de la campagne, elle préfère encore les avions ! Les avions ne sont gênants, en fait, que quand le vent est porteur « il y a des jours où on ne les entend pas ». Mais les jours de décollage on les entend très fort ; « le dimanche on les entend même en continu, c'est ce qui dérange le plus ». Le soir, parfois jusqu'à minuit, elle entend des avions ; les étés davantage qu'à la mauvaise saison. Lors de la grève d'Air France ils se sont aperçus que l'essentiel de la gêne, y compris la nuit, correspond aux vols de cette compagnie. Le bruit influe sur la santé, il porte sur les nerfs, il est stressant. Elle est plus sensible au bruit lors de la rentrée de septembre, parce qu'elle a passé des vacances au calme. Quand le bruit d'un avion est extrêmement fort, il lui est arrivé de sortir dans la rue pour regarder ce qui se passe. Cela lui arrive aussi lors des survols du Concorde, « parce qu'il est beau »; son bruit est très fort, mais il est très court.

   
   

Iver05 femme de quarante-trois ans, agent des postes, en congé parental, cinq enfants. Propriétaire d'une maison de village depuis dix ans. Quitte la région pour raisons professionnelles. Elle vient de vendre la maison. Satisfaite du prix. : Maison de village mitoyenne. Double vitrage. 10 km des pistes, aux croisées des axes aériens. C'est un rapprochement familial et professionnel qui les a amenés à habiter ici. Ils sont originaires de Seine-et-Marne. Spontanément, ce qui a changé, ce sont les avions : il y a deux fois plus avions qu'avant depuis l'année dernière.
 » On ne comprend pas pourquoi. On évite d'ouvrir les portes, les fenêtres. On utilise rarement le jardin à cause des avions. Cela fait trois ans que je n’utilise plus le jardin : ils ont modifié les trajectoires : ils croisent au-dessus du village. À l'intérieur, on avait le sentiment d'être protégé, surtout du bruit. Le trafic routier ici n’est pas du tout gênant. J'ai toujours été sensible au bruit, mais ici, je l'ai surtout découvert depuis deux ou trois ans. Les enfants, ça les énerve : ils parlent plus fort,, ils augmentent la voix. On entend pas la télé avec les avions : les enfants se mettent à parler plus fort. On considère que c'est un peu une erreur d'être venu ici : raison économique et à cause du bruit. C'est l'été qu'on les entend le plus, parce qu'on ouvre les fenêtres et il y a plus d'avions. La nuit je ne suis pas gênée par les avions. Ma fille qui dort au grenier, aménagé en chambre, ne s'en plaint pas. On parle de pistes en plus, mais ça ne peut pas être pire que maintenant. »
Pas de peurs liées au risque d'accidents aériens.
Les avions c'est surtout du bruit (plus que pollution de l'aire, danger...
Il n’y a que moi qui suis gênée. Ni les enfants, ni mon mari ne s'en plaignent.
Je suis beaucoup plus sensible qu'eux.
Mais non je ne prends pas de médicaments à cause du bruit.

Note qualité de vie: 7. Note gêne: 5.
Ça ne m'empêche pas de vivre. Incidence environnement: non.
Forte sensibilité individuelle au bruit Projette ce vécu sur les enfants Augmentation forte de la nuisance ces trois dernières années Vente satisfaisante de la maison. Utilise peu le jardin mais pas de troubles du sommeil.

   
   

MAm01 : Entretien simultané : F : 42 ans secrétaire ; H : 53 ans retraité SNCF ; mariés ; 5 enfants.
Elle est née ici. Propriétaire pavillon depuis 20 ans. Elle évoque une commune agréable à vivre, mais parle de problème de désertification (peu de commerces). La commune organise des activités et des voyages pour les enfants. La commune est très bien équipée en infrastructures. Les avions sont gênants surtout l'été quand il fait beau. L'été, les doubles vitrages ne servent à rien. Elle ne supporte plus les avions entre midi et 14h et le soir entre 19h et 21h, au téléphone, elle est obligée d'interrompre la conversation. Elle décrit le problème des bandes de jeunes, le soir, avec leurs mobylettes, qui les ont contraints à mettre du double vitrage dans les chambres, mais aussi le problème, le week-end, du bruit de la salle des fêtes. Elle reconnaît que l'aéroport a généré tout autour de sa périphérie un essor important mais il y aurait une mauvaise répartition des taxes professionnelle, de plus, beaucoup de gens ici, travaillent à l'aéroport. Elle juge la procédure d'indemnisation par l’ADP compliquée, et elle pense qu'ils dépassent le plafond de ressources. Quand les enfants seront grands, ils s'installeront à Valréas où ils ont une maison. Ils s'y rendent autant que possible pour respirer. Ils partiront à cause du stress de la vie parisienne, pas spécialement à cause de Roissy. En tant que conseiller municipal, il participe à des réunions avec l'ADP, il est donc informé sur le développement de Roissy.

   
   

MAm03 : Entretien simultané : F : 39 ans agent administratif Air France ; H : 44 ans pilote de ligne ; mariés 3 enfants : Propriétaire maison depuis 10 ans. Il est originaire de la région. Elle parle d'une commune rurale. Une partie de l'aéroport est sur le terrain de la commune et donc il y a des taxes importantes qui lui sont versées. Mais la commune est située en zone de bruit, donc la construction est réglementée. Elle pense que le maire décourage les actions contre l'ADP. Pour elle, la dépréciation du patrimoine est compensée par la proximité du lieu de travail. Elle se déclare la seule à entendre le bruit des avions dans sa maison. Au décollage, ils ne peuvent pas se parler. Les vibrations qu'elle ressent parfois très fortement sont irritantes pour le corps. L'été ils les entendent plus parce qu'ils ont les décollages, alors que les 3/4 du temps ils les entendent à l'atterrissage. Le Concorde règle les horloges de la région. L'aéroport est une nuisance, mais avec toute l'infrastructure qui a été faite autour de l'aéroport, et toute la qualité de vie qui a été consécutive, ils évoquent une qualité de vie rehaussée.
Ils décrivent le problème de la pollution du kérosène qui oblige à nettoyer le salon de jardin tous les 3 jours, à cause de cela ils ne font plus de potager. On ne peut pas retourner en arrière, il faut donc s'adapter. Il est, de plus difficile, pour un pilote de ligne de râler contre l'aéroport. Pour eux, la seule action envisageable, est de demander que les avions nouvelle génération remplacent plus vite les avions ancienne génération.

   
   

MAm04 : Entretien simultané F : 37 ans employée France Télécom ; H : 44 ans employé communal mariés ; 1 enfant : Propriétaires pavillon depuis 13 ans. Quand ils ont choisi de vivre au Mesnil, Roissy était déjà là, ils jugent donc difficile de se plaindre. L'avantage, qu'ils trouvent à habiter près d'un aéroport est la bonne desserte des transports en communs. Ils entendent les avions, mais n’y font plus attention. Toutefois, ils les jugent gênants l'été, fenêtres ouvertes ou quand ils sont dehors. Ils les entendent au décollage, mais quand ils atterrissent, ils ne les entendent pratiquement pas. lis décrivent le bruit des avions comme un gros bourdonnement qui varie selon les avions et selon que l'air est sec ou humide. L'institutrice dit que les enfants sont distraits par le bruit des avions et que c'est embêtant pour la concentration. Dans la cour, ils voient parfois des tâches, ils retrouvent des tâches violettes sur le linge étendu dehors, ils n’imaginent pas ce que ça peut être d'autre que le kérosène. L'odeur quand on l'a c'est toute la journée, ce n’est pas comme le bruit. On est obligé de supporter, si on n’est pas content, on va vivre ailleurs. Ils ont pensé à déménager, mais les prix de l'immobilier les obligent à rester. Il y a l'économie du pays qui est en jeu, l'aéroport c'est peut-être des nuisances, mais la France a besoin d'un aéroport. Ils sont allés à la maison de l'environnement à Roissy et ont été satisfaits des explications. Avec le doublement des pistes, le trafic sera plus fluide, il n’y aura donc pas forcément plus de nuisances. Ils entendent les associations à la télévision, mais se plaignent de n’avoir jamais d'informations dans la boîte aux lettres.

   
   

MAm06 : L'interviewé est un homme de 28 ans, vivant maritalement, père d'un enfant. Il travaille comme mécanicien chez Citroën à Aulnay, sa femme est secrétaire. Leur niveau de revenus est de 14 KF. Ils habitent une maison de ville de quatre pièces, dans laquelle il faudrait 80 KF de travaux d'isolation pour le salon, et 40 KF pour la cuisine. L'important pour lui est de mieux respirer, dit-il : il y a trop de pollution, trop de déforestation, en Amazonie il y a eu des milliards d'hectares de forêt coupée. Il ne fait pas confiance à l'eau du robinet, il boit de l'eau en bouteille. Il est asthmatique, il est soigné par désensibilisation; il attribue son asthme aux gaz des avions, aux fortes chaleurs, aux pics de pollution. Les problèmes d'environnement sont extrêmement importants pour lui, la pureté de l'air en premier lieu, en second l'état des routes pour les rendre plus fluides, en dernier la crainte des chutes d'avions. Il est né ici même, ses parents habitaient cinq cents mètres plus loin; c'est la vie de village. Il dira curieusement ne pas avoir de temps libre, ses activités de loisirs l'absorbant entièrement... Une fois par mois ils vont du côté de Péronne, dans la maison de ses beaux-parents, pour se déstresser car ils n’ont pas de bruit d'avions. À la campagne, il n’a jamais entendu des bruits agricoles. Le bruit des avions est « gênant l'été pour le barbecue : un avion toutes les cinq secondes » , il provoque des fissures dans la maison, des vibrations du sol, « et ils construisent deux nouvelles pistes ». Il faudrait mettre en place le « contre-bruit » au décollage, dont il a lu la description dans un article de la revue de l'ADP distribuée gratuitement dans la région. Il met parfois la musique à fond, chez lui ou dans sa voiture, « ça fait écran ». Parfois ce sont les voisins qui sont gênants, avec leur escalier en bois, quand la petite dort. Gênants également, les camions qui font du travail de nuit. Concernant les avions plus particulièrement, le plus gênant ce sont les pics de décollages vers 10, 11 heures jusqu'à 15 heures et le soir à partir de 22 heures jusqu'à une heure du matin. Il ne sort jamais de chez lui pour voir passer un avion, « ça fait vingt ans que je les vois ! Sauf le Concorde, mais celui-là passe vite ! » Le bruit des avions a changé, la Caravelle a disparu, « elle mettait longtemps à passer ». Il lui arrive de ne plus entendre les avions, « mais seulement les tout petits ». Il n’est pas certain que le bruit des avions ait une influence sur sa santé, « mais ça rend nerveux, ça stresse ». Une solution, d'après lui, serait de reverser correctement les fonds collectés contre le bruit, et réservés aux accédants d'avant 1978.

   
   

MAm07. Femme 60 ans, d'origine portugaise, retraitée de la restauration (collectivités). Habite ici depuis trente ans, propriétaire d'une maison de ville depuis 1978. 15 km des pistes. Double vitrage : Son mari est venu ici, en premier, pour la construction de l'aéroport.
Se dit spontanément de plus en plus gênée à cause du bruit et de la poussière. Elle n’ouvre plus les portes et les fenêtres. Les enfants sont grands et ils sont restés sur la région.
Mais elle envisage de retourner vivre au Portugal avec son mari et une de ses filles qui est au chômage.
Le village est agréable : Le maire fait des efforts pour les enfants et le troisième âge. Mais il n’y a pas grand-chose à faire ici, surtout pour les jeunes
Les travaux sur la route. occasionnent beaucoup de bruit, des poussières. Il y a de plus en plus d'avions. Depuis cinq ans, le trafic a triplé et ils font toujours autant de bruit.
Parfois, on a peur des avions mais on vit avec.
Es vident leur réservoir d'essence avant de se poser. On est obligé de laver plusieurs fois les légumes.
Pour repartir au Portugal, ils vont revendre leur maison, mais ça ne les inquiète pas : il y a beaucoup de gens qui travaillent à l'aéroport qui cherchent à acheter une petite maison dans le coin. Ca se vend bien.
N’utilise plus le jardin (à cause du bruit).
Pour dormir, elle utilise des bouchons de cire.
Il n’y a pas de période particulière sur l'année, en ce qui concerne le bruit.
Pense que parfois, elle est peut-être plus énervée à cause du bruit, on ne se repose pas comme il faut.
Parfois, c'est le ras-le-bol, surtout depuis qu'elle ne travaille plus. Loin du bruit, près de la famille, au Portugal.
Ici, les gens disent parfois : c'est la rue du Portugal.
Pour l'isolation au bruit, pas d'aide par l'aéroport (maison achetée en 1978). Pourtant, à l'époque, quant on est venu s'installer ici et qu'on a acheté la maison, il y avait beaucoup moins de bruit, l'aéroport était en construction.

Note qualité de vie: 3. Note bruit avions : 10.
Environnement santé: peut-être : sinusites (pollution).

Sentiment de lassitude, de « fin d'une époque » Très gênée par les avions sans mécanismes de projection. L'indemnisation des riverains repose sur des dates injustes. Inquiétudes environnementales : vidange des réservoirs. Désir de partir. Pas d'inquiétudes sur la revente de la maison.

   
   

MAm08. Femme, 60 ans, assistante maternelle à domicile. Maison de village. propriétaires depuis 1987. Double vitrage sur certaines fenêtres.
Sur la commune depuis 1974, son mari travaillait pour la construction de l'aéroport.
Je ne me plains pas de mon cadre de vie.
C'est un petit pays agréable, on se connaît, on se parle entre voisins.
E y a tout à proximité : plus de commerces.
La proximité de l'aéroport, c'est bien : il y a tous les commerces ouverts tard et tous les jours.
44 a fait revivre le village. C'est positif, pour le travail, l'industrie.
Avant, quand il n’y avait pas d'avions ou beaucoup moins, c'était quand même plus agréable.
Les avions, c'est surtout le kérosène : pollution de l'air.
Quand on pose des questions, on nous dit que les avions ne rejettent rien, mais je ne suis pas d'accord.
le linge, je l'étends à l'intérieur de la maison (à cause des rejets).
Il y a de plus en plus de bruit avec les avions et ils sont toujours aussi bruyants, ça n’a pas changé.
L'été, on ne peut pas ouvrir les fenêtres (jour et nuit à cause du bruit des avions).
Quelques craintes que le bruit augmente, mais n’a pas l'inquiétude quant à la revente éventuelle de la maison. C'est très demandé ici par les gens qui travaillent.
En conclusion, ce qui est le plus gênant, c'est le bruit des gros avions et le bruit des voisins : la maison est mitoyenne et mal isolée et ils écoutent la musique, la télévision à fond, il faut toujours leur dire de baisser.
Plus de bruit au décollage.
Un peu le sentiment que l'aéroport s'en fout.

Note qualité de vie 8.
Note gêne 3,5.
Incidence N.S.P..
Importance dans le discours de l'impact de l'aéroport sur l'emploi Sentiment d'une vie qui s'est améliorée sur le plan matériel (vivait avant en caravane) Avions plus bruyants au décollage Pas d'inquiétudes sur la revente. Les enfants (interrogés brièvement) : la fille (19 ans) pas du tout gênée. Le fils (21 ans) arrivé en fin d'entretien : discours très agressif vis-à-vis des autorités aéroportuaires (non-indemnisé, extension de l'aéroport, non-respect des couloirs aériens)

   
   

MAub03 : Entretien simple H : 58 ans ; serrurier ; marié (employée) ; 1 enfant : Propriétaire pavillon depuis 16 ans lis ont acheté au Mesnil par rapport à la proximité de leur lieu de travail. La maison était peu chère et très spacieuse. Il décrit un petit village avec quelques animations. Il remarque les avions le soir quand il regarde la télévision fenêtre ouverte. L'hiver, quand tout est fermé, il dit n’entendre quasiment rien. Par contre le passage du Concorde à 11 h 20, empêche toute conversation téléphonique.,
Il a le désavantage de les avoir au décollage, parce qu'à l'atterrissage, ils font moins de bruit. Il dit s'être habitué. Sa maison était déjà isolée quand il l'a achetée, il ne se sent donc pas concerné par les indemnisations. Il n’a pas d'information sur les associations de riverains.

   
   

MAub04 : L'interviewée est une femme de 37 ans, mariée et mère de six enfants. Elle habite une maison de ville de 6 pièces, dans la rue centrale du village. Son mari est chauffeur agricole. Leur niveau de revenus est de 14 KF. Ce qui est important pour elle c'est une bonne vie à la campagne. Mais il y a les avions de Roissy, à 5 kilomètres à vol d'oiseau. Elle ne voit aucun autre problème dans son existence, sauf des allergies. Les problèmes d'environnement sont dans l'ordre : le bruit, l'air, et l'eau qui est très calcaire. Le kérosène se dépose sur les vitres. Mais les pots d'échappement des voitures des clients de la boulangerie d'en face sont encore pire. C'est la vraie vie de village, ils connaissent tout le monde, le curé, etc.. lis sont en froid avec les boulangers : leur caravane garée devant chez eux gêne la boulangerie. La nuit à la campagne ils ne sont gênés que par les camions de betteraves. Le bruit est une préoccupation importante, elle trouve qu'il y a de plus en plus d'avions, de circulation, etc. Le meuglement des vaches lui manque. Le bruit des avions est le plus pénible en rentrant de vacances, à cause du calme dans les Vosges. Il passe un avion toutes les quarante secondes le soir entre 18h30 et 21h30. Selon le vent ils passent très bas au-dessus de chez elle au décollage, elle n’entend jamais d'atterrissage. Parfois, ils sortent voir passer le Concorde « parce qu'il est très beau ! » Depuis neuf ans qu'ils sont là, elle ne trouve pas que le bruit des avions ait changé. Il influe sur la santé, il provoque des acouphènes. Aux débuts de sa vie de couple elle entendait les avions de la base militaire de Meyenheim: ici, c'est pire! Elle ne pense pas que l'on puisse faire grand-chose.

   
   

MAub05 : L'interviewé est un homme de 52 ans, marié, père de trois enfants. Il habite un pavillon de cinq pièces, avec un jardin de 700M2. Il est surveillant de travaux à la DDE, sa femme est chef de service d'une société d'intérim. Leur niveau de revenus et de 19 KF. L'important pour lui c'est le bruit de l'aéroport, la décharge de l'AREPP, l'autoroute, la RN 16. Également l'apparition de l'insécurité dans les petites communes. Récemment son barbecue a été volé, ainsi que le stock du voisin. Il est président de l'association du lotissement de douze lots. Il constate un renfermement croissant, une perte de convivialité depuis 1981. Dans son enfance, il a connu Villeneuve-Saint-Georges vers 1950 et n’a pas gardé de souvenir des avions. L'aviation est une des grandes épopées de notre époque; son père était un ami de l'as de la chasse Clostermann. Dans la nature il aime aussi bien le calme que le torrent où l'orage. Il a du mai à s'imaginer « à la campagne » , et il répond à la question sur les engins agricoles qu'un tracteur à 5h du matin ne le gène pas : « on ne les entend pas, les avions les couvrent ». C'est le vent d'Est qui apporte le bruit, le vent d'Ouest le diminue. Le temps cotonneux et le brouillard diminuent également le bruit. Les différences sont très nettes entre décollages et atterrissages. « Aux décollages, parfois, leurs ailes sont remontées tellement ils sont chargés ». Non seulement il les voit de chez lui, mais il pense même que les pilotes utilisent son pavillon à lui comme balise pour tenir leur cap lorsqu'ils décollent: ils passent tous au-dessus de chez lui ! Le bruit des avions à changé pour certains modèles, il reconnaît les Airbus. Il est certain que le bruit des avions influe sur la santé. Il connaît le système Sonate, etc.

   
   

MAub07 Gérante d'une société de production, 55 ans, mariée, propriétaire de sa maison depuis 13 ans, à 10 km de l'aéroport, au nord de Roissy : Mari compositeur de musique, Paris lui était devenu insupportable, il fallait trouver un endroit où il puisse continuer à travailler efficacement ». L'air est meilleur ici qu'à Paris.
Au Mesnil Aubry le gros problème ce sont les transports. Les avantages du village : tout le monde se connaît, on a une vie associative, des amis que l'on découvre plus en profondeur. Les relations sont plus solides en ville, qu'à Paris. « On a un curé pour le village ».
La personne interrogée travaille dans le spectacle. Quand ses clients ou les comédiens viennent pour travailler au Mesnil Aubry, « C'est un bonheur pour eux. » Ils travaillent comme à Paris mais sans le bruit ni le stress. Toute la maison est organisée pour les clients.
Par rapport au bruit des avions : isolation de leur logement mais le bruit extérieur est dramatique pour leur travail. Les avions ne restent pas dans leur couloir, ils traversent les champs économies de kérosène moins cher que de payer une amende. Les avions font du bruit la nuit.
La commune manque de transports en commun pour les jeunes qui n’ont rien à faire. Ils n’ont pas de structures d'accueil et ils n’ont pas les moyens physiques de s'échapper. La commune manque aussi de commerces. E n’y a pas de police. Les camions et les motos roulent trop vite.
Le seul bruit dérangeant provient des avions. Les cloches de l'églises rythment les heures. Les tondeuse, les aboiements des chiens, les singes du voisins, passionné d'animaux en voie de disparition. Ces animaux chantent et crient tous ensemble : c'est la jungle, c'est un plus exotique pour le village. La Nationale engendre un bruit de fond mais ce n’est pas agressif. Le bruit des avions c'est une agression grave jour et nuit. Tout dépend du vent. L'été, il y a un avion qui passe toutes les minutes. Mais ils nous agressent tant au niveau du bruit qu'au niveau du kérosène. Ici un appareil de mesure de pollution sonore a été installé pour modifier le plan de couverture des nuisances. Cela aide à faire comprendre ce qu'un avion engendre de nuisance pour les habitants. Les 747, les 737, les 327, sont les plus bruyants et « le Concorde, c'est le pompon ». Les Airbus sont moins bruyants.
Les périodes sensibles sont 11h, 14h, 18h30, 21h. Quand le Concorde passe tout vibre. C'est dramatique. Il passe au-dessus du studio. Mais il y a des périodes de nuisances toute la journée à cause des autres avions. On a pensé partir. Mais on a conçu un programme informatique qui analyse le bruit de l'avion et le dissocie du son musical. Quand les avions passent les concerts s'arrêtent.
Pas envie de déménager ; on pourrait pourtant facilement dissocier le studio de notre lieu d'habitation. On se donne encore une chance. De plus la taxe professionnelle qu'elle apporte est importante pour la commune, elle l'aide dans ses travaux. Il faut faire des démarches pour obtenir des aides : « On a une écoute de ADP, prêt à aider pour la conservation de l'église. On se débrouille. le bruit est une difficulté intégrée. A Paris les studios sont victimes du métro. Si les avions suivaient leur couloirs, il n’y aurait pas de problèmes : Après l'accident en Hollande nous n’avons pas entendu d'avions pendant deux mois. L'ouverture des 2 pistes va amener plus de trafic. Les habitants manifestent pour que les pilotes respectent les normes. On a des amis qui sont partis à cause des avions et de la pollution. Leurs enfants étaient d'une grande nervosité. La santé des habitants et des enfants est atteinte par la proximité de l'aéroport. Ne perd pas espoir: ADP fait des efforts d'information et de coopération par rapport aux nouvelles pistes. Il y a des efforts pour réduire le bruit des moteurs, les nuisances. Mais y aura t-il respect des accords ? ».

Note qualité de vie 9
Note gêne 10
Incidence Enviro-santé  Oui nervosité, sur les enfants
Installation d'une société de production : positionnement original pour les clients à la campagne. Nuance entre les bruits ambiants et le bruit des avions qui sont une vraie pollution pour activité pro.
Ambivalence : rester dans l'intérêt de la commune et partir pour travailler dans meilleurs conditions.
Espère pourvoir continuer à concilier activité et bruit des avions car il suffit de respecter les couloirs aériens autorisés : il peut y avoir compatibilité entre la réglementation et leur activité.

   
   

MitMor01 Femme, 36 ans, enseignante. Mariée et un enfant Originaire de Clermont-Ferrand, sur MITRY depuis 1990, propriétaires d'un appartement en habitat collectif.
Pas de double vitrage, troisième étage, 15 km de l'aéroport.
A occupé au début un premier poste d'enseignante sur Paris, puis sur M.M à sa demande pour quitter Paris
Habiter la région parisienne a toujours été considéré comme une étape dans leur vie de couple avant de pouvoir retourner à Clermont-Ferrand.
Ils sont mutés pour la rentrée de cette année vers Clermont-Ferrand où sont restés leur famille et leurs amis et donc en instance de déménager.
Mitry-Mory, c'est la campagne, il y a de la vue.
Mais aussi du bruit : les camions, les voitures, et aussi un peu de vandalisme.
Mais c'est familial, ici il y a des activités, il y a de la nature, et des plans d'eau.
La seule chose qu'on reproche ici, c'est un peu le bruit des avions.
Mais quand on vient s'installer ici, on le sait. Mais depuis qu'on habite ici, ça a augmenté, surtout le soir, vers 8 h ou 9 h.
L'incidence de l'aéroport : le bruit et le développement industriel (il y a plus de camions).
Dans notre famille, quand ils viennent ici, ils sont réveillés par les avions.
Mon mari, n’était pas réveillé par les avions. Depuis un an qu'il est muté sur Clermont-Ferrand quant il revient le week-end ici, maintenant il est réveillé.
Notre fille, elle est parfois réveillée, elle fait des cauchemars. Mais elle est fascinée par les avions.
E me semble qu'il y a plus d'avions qu'avant. Et plus, de gros avions, au bruit assourdissant. Ils sont très bruyants, entre 9 h et 10 h 30 (le soir).
Les seules craintes qu'on ait ici, ce sont les risques chimiques industriels.
Nous repartons pour Clermont-Ferrand et nous avons vendu notre appartement très rapidement. C'est vrai qu'on a peut-être un peu de pollution à cause des avions mais je ferme les fenêtres.
J'ai toujours dormi les fenêtres fermées.
Je n’ai jamais pris l'avion, ça me fait peur et ça me fascine en même temps. Je crois que j'aime beaucoup les avions.
Ça ne nous dérange pas beaucoup, mais c'est vrai que les longs week-ends, au bout, on se rend compte qu'il y a du bruit.
Si on était resté sur la région parisienne, je pense qu'on ne serait pas resté ici, pas à cause des avions, mais pour avoir un appartement plus grand. J'aime beaucoup cette région (école, activité culturelle... ). il y a aussi la proximité des commerces. C'est un endroit calme on est coupé de la ville et c'est bien. Mais ici, je ne suis pas chez moi, ce n’est pas ma région. On est très content de repartir.

Note qualité de vie : 7,5. Note gêne : note 5. Mais c'est pas vraiment de la gêne, ça m'inquiète juste un peu.
Vécu d'être « de passage » ici. Souligne l'augmentation du trafic Tendance à minimiser l'impact du bruit (sur sa fille, pour son mari). Peu sensible personnellement au bruit. A toujours dormi fenêtres fermées. Satisfaite de la revente du logement.

   
   

Mont01 : Entretien simple H 44 ans ; spécialiste produits pneumatiques ; marié (comptable), 3 enfants
Propriétaire pavillon depuis 1976. Maison de famille Il s'est installé à Montmorency pour le cadre, il souhaitait vivre en pavillon. Le côté sympathique de Montmorency est l'aspect village, mais il n’y a pas beaucoup d'activités pour les jeunes.
Il habite sur le bord d'une départementale, à proximité d'un feu de signalisation, il se plaint des nuisances du trafic routier (bruit et pollution). Il dit qu'il peut se protéger du bruit routier grâce aux tôles qu'il a posées sur son portail, mais ne peut rien contre le bruit des avions. Il se déclare franchement gêné par les avions, et s'il part ce sera à cause de ça. La fréquence de passage des avions serait d'après lui d1mn 30, de plus il est réveillé à 5h30 par les avions. La nuisance a augmenté progressivement, jusqu'à devenir pour lui une hantise. Seul le Concorde ne le dérange pas parce que c'est le prestige, une belle prouesse technique. D'après lui, ceux qui travaillent dans le domaine de l'aviation s'adaptent mieux. Il dit que tout est sale à cause du largage du kérosène, mobilier de jardin et nature. Il estime que les deux nouvelles pistes vont impliquer un doublement du trafic. Les avions ne respecteraient pas les altitudes de décollage, mais il ne sait pas auprès de qui se plaindre. Il n’a pas de double vitrage et ne trouve pas normal d'avoir à payer l'insonorisation. Il pense que celui qui râle le plus fort obtient quelque chose, et que d'autres communes ont dû râler plus fort que Montmorency. Les associations ne seraient plus écoutées, il faudrait des actions plus musclées.

   
   

Mont05 : Homme de 37 ans, vivant maritalement, deux enfants. Habite un quatre pièces dans un immeuble classique. Il gère une auto-école; son amie est responsable commerciale, ils ont un niveau de revenus d'environ 30 KF. L'important, pour lui, c'est la qualité de vie, et le rôle social : « trouver sa place, socialement. » Il a choisi de vivre sur les hauteurs de Montmorency, au bord de la forêt, retiré du centre : « c'est relativement agréable » , mais son vrai terroir est dans sa Corrèze natale. Auparavant il habitait à Soisy, qu'il a quitté à cause du projet BIP (autoroute urbaine). Le problème pour lui c'est le manque de temps, il a plusieurs activités, dont sa militance pour les Verts. L'environnement prend la première place dans ses préoccupations, une place nationale. Il précise qu'il ne vote plus ici, mais en Corrèze. Les problèmes d'environnement vont du manque de civisme individuel, tel que les bouteilles jetées en forêt, jusqu'au nucléaire et à la politique de l'environnement au plus haut niveau. À la campagne il aime le calme mais aussi les orages. Les engins agricoles, cependant, polluent l'air. A Montmorency, le bruit est un problème important sur le haut de la colline où se situe son immeuble : il reçoit le bruit des avions de plein fouet, et se demande s'ils respectent bien les hauteurs de survol réglementaire. Il trouve les avions plutôt gênants à l'atterrissage, selon lui leur bruit n’a pas sensiblement changé. Il pense que les avions ont une influence sur la santé. Le Concorde passe tous les jours à 11h15, « Il est très bruyant, mais il est beau, est c'est une réalisation, un patrimoine ». Il ne voit comme solution que de déménager les aéroports, mais refuse l'idée d'un grand aéroport pour les futurs supersoniques en Corrèze.

   
   

Roiss01 Femme, fonctionnaire au Centre Culturel du Blanc Mesnil, 39 ans, mariée, 2 enfants, propriétaire de sa maison depuis 15 ans, à 1 km de l'aéroport, face aux pistes)
Cherchait à devenir propriétaire car était locataire au Bourget. L'offre de Roissy correspondait aux moyens financiers du couple. Quand ils ont acheté, Roissy était un vinage tranquille et charmant.
Depuis l'achat du pavillon en 1983, Roissy s'est fortement urbanisé: constructions d'hôtels, de logements collectifs... Et puis, il y a eu l'extension de l'aéroport, et le bruit des avions, et la pollution... On voit qu'il y a de la pollution, les meubles de jardin, les fenêtres sont gris, sales. Roissy est une commune riche, proche de l'autoroute et à proximité de Paris par le R.E.R., elle bénéficie des équipements d'une grande ville.
Mais avec l'extension de l'aéroport, on a vu un changement de population. Les personnes qui s'installent relèvent des APL, ce sont des familles nombreuses de milieux sociaux défavorisés. Aussi maintenant, c'est ici comme dans les banlieues, il y a des vols, de la dégradation, de l'insécurité.
Il faudrait freiner l'urbanisation où tout est concentré sur le centre du village. On aurait dû construire les hôtels en dehors. On manque d'espaces verts : « Avant, derrière chez nous, il y avait un champ, maintenant, on construit un immeuble de 3 étages. Quand nous sommes arrivés sur Roissy, il y avait une grande ferme. Elle a été démolie il y a deux ans et on y construit des immeubles à la place ».
Le couple songe à revendre son bien immobilier car il a peur que le bruit des avions augmente. E y a des essais de réacteurs qui se font en extérieur et non dans un hangar comme ce devrait être le cas. Es ont des amendes mais leur montant est inférieur au coût du carburant. La nuit, c'est à 5H, le soir. vers 22H. On en souffre plus l'été car les fenêtres sont ouvertes.
Les enfants à l'école ne sont pas gênés, ils travaillent les fenêtres ouvertes. Les avions ne passent pas encore au-dessus mais ça va arriver.
Madame ne pense pas aux accidents. Les riverains ne connaissent pas les aides : il faut y aller de soi-même pour avoir des informations. Très étonnée qu'il n’y ait pas plus d'associations contre le bruit. On a l'impression que toute tentative de requête est étouffée.
Le bruit des avions est très présent, c'est un bruit lourd qui masque tout : « On n’entend plus les oiseaux ». Le bruit des avions est aussi pénible que celui de l'autoroute : « Dimanche nous sommes partis à cause du bruit. On a fait un pique-nique avec les enfants ».
Partir devient une nécessité à cause du bruit de l'aéroport mais le couple a investi et tout recommencer les décourage, sans parler des attaches affectives. 2 facteurs de déception
l'extension de l'aéroport pour le bruit et de Roissy en France pour les populations indésirables.
La famille utilise l'avion mais ses destinations l'obligent à partir depuis Orly. Elle part le plus souvent possible, ce qui l'empêche de profiter du jardin.
La qualité du sommeil ne paraît pas entamée. Ce n’est pas le bruit de l'aéroport qui réveille, c'est plus la circulation des gens qui passent dans la rue. Les enfants ont souvent des angines ou des bronchites, de l'asthme parfois. C'est lié à la pollution : « On respire ce qu'on voit sur nos meubles de jardin ».

Note qualité de vie 7
Note gêne 6
Incidence Enviro-santé  Angines... qualité de l'air
En apparence tout va bien : la maison qui est bien aménagée masque tout. Et puis au fur et à mesure du discours, on évoque le bruit croissant des avions, la pollution.
Dès qu'ils peuvent, ils partent le week-end. Ils envisagent de vendre et aller à Senlis.
La population se dégrade : il y a moins de sécurité. Il y a un risque pour la sécurité des enfants.
Désir que l'urbanisme sur Roissy soit stoppé. Parle d'accords tacites entre la ville qui reçoit des indemnités et l’État qui, en échange, demande à la municipalité d'étouffer les plaintes.

   
   

Sann03 : L'interviewée est une retraitée de 66 ans, mariée et mère de trois enfants. Elle habite un immeuble du centre ville de Sannois, un appartement de cinq pièces. Son mari était courtier, leur niveau de revenus est de 20 KF. Ce qui fait problème pour elle c'est d'abord le bruit, ensuite l'eau trop calcaire. Ils ont été les premiers habitants de cet immeuble moderne du centre ville, dans lequel ils se sont repliés pour être plus en sécurité, après plusieurs cambriolages de leur pavillon. Elle ne reconnaît pas du tout le Sannois de son enfance, où les enfants pouvaient jouer dehors en toute sécurité; elle préfère la vie d'autrefois. Ils partent le plus souvent possible dans leur maison de campagne « pour décompresser de la vie urbaine » , mais la base d'Evreux en est proche. Les activités agricoles à la campagne « ne sont pas agréables ».
Le bruit est très important par rapport aux autres problèmes, car il y en a de plus en plus : la circulation et les avions en premier lieu, mais également les jeunes qui rôdent en bandes la nuit au centre ville, « et font des fêtes impossibles ». Son appartement se trouve donc cerné par le bruit de toutes parts : dans la rue devant chez elle il y a la circulation le jour et les bandes de jeunes la nuit, sur la façade derrière il y a le bruit des avions que l'on entend très bien, et pour comble de malheur son voisin de dessus possède un petit Yorkshire, aux aboiements fréquents duquel réplique instantanément celui de son voisin de dessous (un Yorkshire également)!
En ce qui concerne le bruit des avions, il pose problème tous les matins, côté chambre. La vallée de Montmorency résonne, répercute les bruits des avions. Elle ne perçoit pas de différences entre les décollages et les atterrissages, mais les voit très bien de chez elle; elle va les voir à sa fenêtre quant ils font trop de bruit. Le bruit des avions a changé, elle a l'impression qu'il y en avait moins autrefois, ou bien qu'ils passaient ailleurs. Il lui arrive de ne pas les entendre quand on passe l'aspirateur. Lorsque le Concorde passe, elle pense à sa fille qui habite exactement sous sa trajectoire. Les aéro-clubs, les avions à hélice, les hélicoptères ne les dérangent qu'à la campagne, près d'Evreux : « nous avons de tout, même des ULM, et puis les préparatifs du défilé aérien du 14 juillet ! » Elle préfère finalement ne pas apprendre à piloter car elle aurait trop peur des lignes à haute tension en volant à basse altitude...

   
   

StM01 : Entretien simple H : 32 ans ; artisan ; marié ; 2 enfants.
Propriétaire pavillon depuis 2 ans. Il dit avoir acheté sur un coup de tête. Il est surtout gêné par les avions quand il est dehors et le soir. Sur la terrasse, il faut parler fort, de même chez lui, fenêtre ouverte, il faut monter le son de la télévision. Le seul qui ne le dérange pas c'est le Concorde, parce qu'il est agréable à regarder. La fréquence de passage des avions est de l'ordre de 2 à 3 minutes. Les avions l'énervent, mais il dit qu'on s'habitue à tout. Il pense que l'immobilier est dévalorisé de 20 à 30 %. Il est situé tout nouvellement en zone de bruit, mais il estime que les dossiers d'indemnisations sont trop compliqués. Il dit que toute action est inutile parce que c'est le pot de terre contre le pot de fer car il y a trop d'argent en jeu.

   
   

StM03 Entretien simultané F : 34 ans ; H : 41 ans comptable, mariés Originaires de la région.
Propriétaire pavillon depuis 7 ans lis ont choisi Saint-Mard pour la commodité des transports. Quand ils se sont installés, ils ont bien pesé le pour et le contre. Comme ils sont arrivés après l'aéroport, il pense que c'est à eux de s'adapter. Pour eux, les avions sont gênants parfois l'été, fenêtres ouvertes, mais c'est quand même supportable. Dehors, quand un avion passe, ils arrêtent de parler. lis reconnaissent le Concorde et ses horaires. Ils vont voir de temps en temps décoller les avions qui sont pour lui plus synonyme de voyage que de développement économique. Mais il précise que la région s'est bien développée grâce à l'aéroport. lis parlent de la pollution et de l'odeur du kérosène. lis reconnaissent l'évolution technique des avions qui font maintenant moins de bruit, et pensent qu'il faut continuer dans ce sens. lis ne sont pas sûrs d'être dans la zone de bruit. Ils trouvent injuste la notion d'ancienneté dans l'attribution des indemnisations, parce que tout le monde est soumis au même bruit. Il estime que l'on pourrait moduler le pourcentage d'indemnisations en fonction du nombre d'années d'ancienneté. D'après lui, les avions ne respectent pas les couloirs aériens, mais il n’a jamais pensé à porter plainte. Ils pensent que les politiques ne peuvent rien contre le bruit des avions.

   
   

StM06 : L'interviewée est une femme de 28 ans, sans enfants, qui vit maritalement. Elle est institutrice à 12 km de là; son compagnon est ingénieur informaticien; leurs revenus globaux sont de l'ordre de 15 KF. L'important pour elle c'est le bonheur, la santé. L'endroit où elle habite est très clair, très vert, avec des grandes fenêtres. Elle y trouve une grande qualité de vie par comparaison avec son ancien quartier dans le 93, quartier calme mais purement urbain. Le bruit des avions constitue le seul aspect négatif du quartier : la pureté de l'eau est satisfaisante, l'eau a bon goût. L'air, pour sa part, est meilleur qu'à Paris. Mais l'environnement devient très vite stressant quand il fait beau ' et qu'il passe 5 avions en 15 minutes. Elle prétend ne pas avoir besoin de passer des week-ends à la campagne - Dur échapper au bruit des avions. Pour ses vacances, elle préfère aller à la mer; cependant le bruit du vent ou de la tempête la dérange : le bruit en général a pour elle une très grande importance. Elle trouve qu'il y a maintenant beaucoup plus de bruit qu'autrefois : bruits de transports, mais également les médias, la télé, la radio. Les avions sont très gênants le soir à partir de 19h30 ou 20h00, mais elles ne les entend pas pendant la nuit. Elle ne perçoit pas de différences entre les atterrissages et les décollages, son ami par contre les perçoit. A l'école où elle travaille on a du interrompre un match de football avec des élèves à cause du passage du Concorde, qu'elle trouve très beau mais extrêmement bruyant. Les avions à hélice dérangent moins à son domicile mais à d'autres endroits il sont terribles, de même que les avions militaires quand il y en a.

   
   

StM07 : L'interviewée est une femme de 40 ans mariée et mère de trois enfants; elle est mère au foyer. Elle habite un pavillon de 6 pièces avec jardin de 700 M2. Son mari est ingénieur technico-commercial ; ils ont un niveau de revenus de 15 KF. Ils habitent l'endroit depuis 6 ans, mais n’étaient pas du tout de la région : ils viennent de Tours, le mari a accepté une mutation sur Paris et ils ont voulu éviter la ville et la banlieue en s'établissant à St Mard. Ce qui fait problème dans leur existence c'est qu'ils sont déçus du choix qu'ils ont fait de la campagne : ils trouvent finalement qu'il y a autant de problèmes que dans la grande ville, qu'ils connaissent très bien ayant vécu au centre ville de Tours et également au centre ville de Lyon. Cela en dehors même des problèmes d'environnement, qui dans l'ordre sont : le bruit, l'eau qu'ils sont obligés de boire en bouteille, les odeurs de kérosène, et les voisins bruyants. « Les avions, au moins, on s'y attendait ». Ils rêvent désormais d'une grande maison, sur un grand terrain, très isolée. Ils retournent souvent chez sa sœur, ou ses beaux-parents, dans la banlieue lyonnaise où ils n’entendent plus d'avions.
Ils aiment les vacances en forêt ou au bord de la mer; à la campagne des bruits de tracteurs ne les dérangent pas : « c'est comme le chant du coq ». Le bruit les dérange beaucoup, ils ont l'impression que « c'est toujours quand ça pourrait être calme » qu'il y en a le plus, et que les gens, décidément, aiment faire du bruit. Les avions également semblent, ces derniers temps, avoir décidé de survoler précisément leur pavillon. Le Concorde, par exemple, quand il garde sa route normale ne pose aucun problème, « mais quand il me survole ça fait gling gling dans la vitrine et ça vibre longtemps ». Elle sort pour le regarder. Les petits avions à hélice ne la dérangent pas, elle a vécu près d'un aéro-club à Lyon. Les gros peuvent être dérangeants à cause de l'heure: « ça réveille ».

   
   

StM08 : Il s'agit d'un couple (34 et 35 ans), elle est enseignante à 8 km de là, et lui est dans l'automation industrielle à Marne la Vallée; ils ont trois enfants. Ils vivent là depuis 1990, dans un pavillon de 6 pièces, dont le jardin fait 900 M2. Leur niveau de revenus et de l'ordre de 23 KF. Ce qui est important pour eux, c'est de vivre là où les enfants se sentent le mieux. Les principaux problèmes sont le bruit des avions, la pollution de l'air (la table de jardin est noire à cause du kérosène), ainsi que l'eau qui est très calcaire. Le problème se pose avec plus d'acuité à la belle saison, par rapport à l'utilisation du jardin : « C'est en plein été qu'on est vraiment gênés ! On en prend plein les oreilles! » Pendant ses deux mois de vacances en tant qu'enseignante, elle est forcée d'établir son emploi du temps par rapport aux avions en profitant de leurs heures creuses. Ils ont choisi leur pavillon pour se rapprocher du village de St Mard, « il y a davantage de vie urbaine » qu'à Thieux où ils vivaient auparavant. Le voisinage leur paraît convivial, il y a eu beaucoup de bricolage au départ, et beaucoup d'entraide entre voisins. Ils font partie d'une association antibruit, ils militent pour l'environnement en général. Ils n’ont pas de maison de campagne, et font du camping en vacances pour être plus près de la nature. Ils supportent bien tous les bruits naturels, les engins agricoles ne les réveillent pas. Ils pensent qu'il y a maintenant plus de bruit qu'autrefois, car « si le projet de la cinquième piste été abandonnée d'autres ont été construites » : si on parle de bruit, il ne peut s'agir dans leur esprit que de bruit d'avions. Les avions les dérangent le plus à leur retour du travail, dans le jardin, de 11 h30 à 14 heures, et de 18 heures à 21 heures. Les décollages « on les entend depuis la salle à manger ». Ils sortent parfois pour regarder certains avions, surtout le Concorde, qui « parfois passe à 21 heures ! On le regarde toujours, il est le plus bruyant ». Ils constatent, toutefois, qu'il existe une habituation relative car des amis en visite chez eux sont surpris par le bruit de certains avions qu'eux-mêmes n’entendent plus. L'influence sur la santé porte sur l'énervement. Les avions à hélice ne sont gênants que sur le Bourget. Une solution sont les procédures d'envol, « l'A-320, il décolle avec un angle beaucoup plus raide, on les entend beaucoup moins. »

   
   

StM11. Femme 35 ans sans enfant, propriétaire depuis onze ans. Maison de ville avec jardin. Bibliothécaire. Concubinage. Double vitrage. 15 km aéroport. Dans axe pistes. En zone rouge. Originaire de Beauvais et on habite ici parce que c'est près du travail.
C'est un village tranquille, mais ça c'est beaucoup agrandi et il y a plus de circulation routière. Les relations de voisinage sont très très bien ici et c'est le plus important.
Un problème: il manque de transport en commun. Et puis, il y a l'aéroport: le trafic augmente, plus de bruit. Le bruit des avions, c'est plus un problème que le bruit des voitures, ici.
Non je pense pas que l'environnement ait un effet sur ma santé. peut-être pour ceux qui ont déjà des problèmes, oui. L'hiver, on est moins dérangé par le bruit que l'été : ils décollent sur nous.
C'est sûr que quelqu'un qui va bien dans sa tête, il prend les choses mieux que quelqu'un qui ne va pas bien.
Les avions, ils sont plus bruyants au décollage qu'à l'atterrissage. On remarque bien que les avions anciens font plus de bruit.
Mais je ne critiquerai pas trop, parce que ça me fait vivre l'aéroport, et puis ça me permet de voyager aussi. C'est aussi un bassin d'emploi important pour la région.
Moi, j'aime pas le bruit. Je suis plutôt du genre à rechercher le calme, je ne suis pas bruyante.
En Assisté : oui, on laisse les fenêtres ouvertes et on va dans le jardin sans problème. Je suis bonne dormeuse.
Mais le bruit des avions, c'est ce qui me gêne le plus dans l'environnement. Et on a un peu peur pour l'avenir: augmentation du trafic.
On pourrait dire qu'il y a une amélioration avec les nouveaux avions mais il y a encore les anciens qui volent. Si il n’y avait que des nouveaux avions, ce serait supportable.
Là où ça nous dérange le plus, c'est le soir au moment des repas. L'été, la, ça peut-être insupportable. Mais en général, on n’hésite pas à déjeuner dehors.
Nous, on part le plus souvent possible en vacances : c'est le plaisir d'aller découvrir d'autres pays, d'autres gens.
J'aimerais que Saint-Mard reste un petit village et qu'il ne se fasse pas manger par la ville.
Si on devrait partir, (un peu à cause des avions, mais surtout à cause du manque de terrain.) ce serait pour aller dans un petit village un peu plus loin.
D'une façon générale, je me trouve très bien ici : on est bien entouré, on a une maison qu'on aime.

qualité de vie: 9. Gêne : 6.
Incidence environnement aéroport :ne sait pas.
Augmentation du trafic et du bruit Avions moins bruyants qu'avant Plus de bruit au décollage
Incidence comportementale et sur sommeil faible
Craintes pour l'avenir

   
   

VSG01/02 (couple) : Ce couple de retraités de 72 et 74 ans habite un étage de quatre pièces d'un grand pavillon en copropriété, depuis leur mariage il y a 60 ans. Le mari avait pris la tête de l'entreprise de bâtiment de son père; ils sont tous deux des villeneuvois de toujours, ainsi que leurs enfants. Ils ont souffert du bruit des avions presque toute une vie, mais viennent d'obtenir des fenêtres isolantes de l'ADEME, en février 1998. Ils déclarent que cette isolation est efficace à 80%, « et même quand il y a moins d'avions », ce qui nous paraît être davantage un effet subjectif de la récente isolation plutôt qu'une réalité du trafic...
Ils disent que Villeneuve Saint-Georges a beaucoup changé, les enfants ont tendance à partir, et ils lient ce fait à l'insécurité et l'appauvrissement de la ville. Ils sont moins satisfaits de Villeneuve Saint-Georges qu'autrefois; il y a trop de cambriolages. La police ne fait rien. Autrefois « La Passerelle » , où ils habitent, c'était le quartier résidentiel, « il arrivait qu'on parte en vacances en laissant les portes ouvertes ». Les seules personnes qu'ils fréquentent maintenant sont quelques vieilles familles, amies de longue date. lis ont une résidence secondaire à 80 km, mais ils ne voient pas de lien avec la possibilité qu'elle leur offre d'échapper au bruit des avions. Aucun bruit à la campagne n’est gênant, y compris les tracteurs. Le bruit n’est plus un problème du tout, depuis l'isolation acoustique, et même quand ils ouvrent les fenêtres désormais l'ambiance sonore leur semble plus supportable. Les avions seraient non seulement moins nombreux (?), mais aussi « plus silencieux, on ne peut pas les comparer à il y a une quinzaine d'années ». Par ailleurs, ils « ont l'habitude » , et ils ne travaillent plus, et « on supporte mieux quand on n’est pas stressé par le travail ». Le bruit « porte sur les nerfs, sur la santé c'est moins sûr ».
Les avions ont selon eux diminué en nombre depuis l'ouverture de la dernière piste de Roissy, il y a cinq ou six ans. « Avant, quand on était dehors on ne s'entendait pas parler... quand les enfants étaient jeunes, on ne pouvait pas manger dehors ». A Villeneuve Saint-Georges, ce sont les décollages qui sont le plus gênants, « c'est plus long ». Ils les voient facilement, « ils passent au dessus de la maison ». Actuellement, il est devenu possible de suivre une conversation dans la rue, les moteurs ont changé. Ils ne pensent pas au type d'avion, sa destination, ses voyageurs ou sa cargaison : « les avions ne font pas penser ». Le Concorde ne passe jamais, ils ont du le voir deux fois dans leur vie. Quant à échanger son bruit contre le grondement permanent de Villeneuve Saint-Georges, contre six Concorde par jour, ils s'estimeraient gagnants; mais, réalistes ils disent que « six Concorde ce n’est pas beaucoup » , en termes de transport. Les petits avions des aéro-clubs n’ont pas le droit de survoler Villeneuve Saint-Georges (à quelque chose malheur est bon). Ils estiment en conclusion que la solution au bruit des avions est l'isolation acoustique des logements, comme chez eux.

   
   

VSG03 : L'interviewé est un homme de 65 ans, retraité de la banque ainsi que sa femme, et père de deux enfants. Il habite un pavillon dont le jardin fait 250 M2, directement sous la trajectoire des avions. Ses parents étaient douaniers, ceux de sa femme travaillaient à la SNCF. Il n’a pas de maison de campagne. Il me reçoit la porte ouverte pour que le magnétophone enregistre bien chacun des avions qui vont passer. Sa préoccupation essentielle est de trouver le calme, la sérénité : il y a trop d'avions et trop de voitures. La RN 6 traverse Villeneuve Saint-Georges. Sa propre rue est un peu moins bruyante maintenant qu'elle est en sens unique, mais son passage est encore important.
Il habite Villeneuve Saint-Georges depuis 45 ans, le pavillon appartenait à sa belle famille. Il dit y avoir ses racines, même si son enfance s'est déroulée à Valenton, qui jouxte Villeneuve Saint-Georges, les avions étaient déjà une nuisance, bien que moindre que la RN6. Il est attaché à cette banlieue, décrite par René Fallet, « une peinture de la société de l'époque ».
Les avions sont donc le problème principal de son existence, malgré l'isolation acoustique qu'il a fait réaliser il y a trente ans déjà (plus tard cette isolation a été complétée par l'ADP et l'ADEME). Le bruit est insupportable au dehors de cette maison isolée, et réduit à néant les avantages de la vie pavillonnaire, le jardin n’étant plus un espace d'agrément. Le kérosène empoisonne les légumes, les salades. « On ne s'est jamais trop penché sur le sujet je crois, parce qu'on ne veut pas affoler certainement les populations, mais je pense que si un jour on faisait une étude très sérieuse, on serait peut-être très surpris ». Il connaît bien les différents avions, et leur bruit caractéristique. Le trafic aérien augmente, les Airbus ont apporté une légère amélioration au plan du bruit, mais les avions tapent sur les nerfs. Le Concorde est magnifique, mais extrêmement bruyant. De même que les chasseurs, les 14 juillet.
Le bruit des avions finit par susciter localement une mutation sociale, de plus en plus de gens quittent la région, et ils tendent à être remplacés « par des populations à problèmes ». L'immobilier perd de sa valeur, un très grand nombre de pavillons sont en vente, mais la réputation de Villeneuve Saint-Georges (avions, bouchons, bruit, pollution) provoque une chute de l'ordre de 20%. A part les avions, et en dehors de toute considération politique, précise-t-il, ce qui pose problème à Villeneuve Saint-Georges ce sont des bandes de jeunes qui parfois font du bruit une partie de la nuit durant. Une place proche du pavillon de l'interviewé semble être devenu le lieu de réunion nocturne de ces bandes de jeunes, qui crient, hurlent, sans que la police intervienne. Perte de civisme, et « faiblesse pour appliquer le droit. »
Le souvenir marquant de son enfance est le bombardement aérien d'avril 1944, dans lequel il perdit un certain nombre de copains d'école : déjà un traumatisme lié aux avions ! Il en parle de façon détaillée, faisant soigneusement la distinction entre les pilonnages massifs des américains et les destructions ciblées des anglais.

   
   

VSG04 : L'interviewée est une femme de 71 ans, mariée, dont la fille de 48 ans est, elle aussi, exposée aux bruits des avions dans la région de Roissy. Elle a travaillé comme secrétaire à la mairie, son mari était pharmacien. Leurs parents étaient du même milieu social. Son mari âgé, actuellement placé en cure de long séjour, est devenu sourd assez tôt. Ils ont des revenus de l'ordre de 25Kf. Elle habite un immeuble moderne d'une dizaine d'étages exposé autant au bruit des avions qu'à celui des trains. Elle y habite depuis 1965, « à l'époque les avions passaient plus loin ». La modification des axes des pistes les amena au dessus de leur immeuble en 1974. Auparavant elle a vécu dans une commune voisine survolée par les avions, où les avions à hélice ne l'avaient jamais gênée : la gêne, ce sont davantage les réacteurs que l'accroissement du trafic aérien, surtout au décollage. Elle apprécie depuis peu l'angle accru au décollage pour diminuer le bruit... Le bruit des avions est un gros handicap pour Villeneuve Saint-Georges « parce que les gens n’ont plus pu faire construire, on avait le droit d'acheter et de modifier du vieux mais plus de construire du nouveau, donc les gens sont partis plus loin. Mais petit à petit ils ont été remplacés par des populations, disons, plus difficiles ». « Villeneuve Saint-Georges était autrefois une ville très commerçante, très vivante, maintenant deux commerces sur trois sont fermés. Nous avons eu tous les inconvénients et aucun avantage, les avions ne nous ont rien apporté » , contrairement à Villeneuve le Roi, plus nuisancé, et qu'ADP selon elle « a donc muni de grosses ressources ». Villeneuve Saint-Georges est devenu une commune pauvre avec une population à problèmes, et des impôts très élevés compte tenu de l'environnement très médiocre. La RN6 et le train, qui passent tous deux devant l'ancienne pharmacie de son mari, font un tel bruit qu'il n’y entendait pas les avions, et elle se demande si cela n’a pas précipité sa surdité. On n’est donc pas très étonné que l'important pour elle ce soit « le calme et la tranquillité ». Elle plaint les gens de Roissy, « qui ont des avions même la nuit » , mais considère qu'ils savaient ce qu'ils faisaient en allant y vivre puisque l'aéroport y a précédé l'urbanisation, contrairement à la région d'Orly. Son pied à terre à Trouvaille lui sert heureusement pour y retrouver le calme, « je me vidais la tête complètement ». Le bruit de la tempête en mer n’est pas gênant, ni aucun bruit naturel. Ce sont les bruits de moteurs qui la gênent, même ceux des engins agricoles : le seul bruit désagréable à Trouvaille c'est celui de l'entretien des pelouses et des haies avec des outils motorisés, « on ne sait plus rien faire sans moteurs, maintenant! » Elle s'en veut d'être assez bruyante elle même, « je suis assez vive ».
Son souvenir marquant est un souvenir de guerre. Elle habitait Le Creuset, qui fut très bombardé. Elle se souvient du bruit terrible d'un gros bombardement, à la suite duquel sa famille partit vivre à Villeneuve Saint-Georges... qui en avril 1944 fut lui aussi bombardé. Une nuit sur deux, la nuit passée la cave, la peur, le froid, la faim : « J'entendais les moteurs d'avion avant tout le monde... »
Entre neuf et dix heures, on ne peut pas écouter la télévision, elle se réfugie de l'autre côté de son appartement. Pourtant ce n’est plus le bruit des Caravelle, les moteurs ont fait beaucoup de progrès, et surtout « les procédures » témoignent du souci de moins gêner les riverains. Elle se souvient du temps où elle avait commencé à voyager en avion avec son mari, « j'adorais me sentir décoller, cette poussée »; elle a remarqué qu'à leur retour elle tolérait beaucoup mieux le bruit des avions à Villeneuve Saint-Georges. Elle a dit à ce sujet à son mari que, pour diminuer les plaintes, les gens de l'aviation « devraient offrir à tous les riverains au moins un voyage par an ».

   
   

Groupe C : moyennement gênés

Bull01 : Entretien simultané F : 39 ans -, prof. ; H : 38 ans prof. mariés 3 enfants. Propriétaire pavillon depuis 14 ans. Ils cherchaient un pavillon en région parisienne et sont arrivés à Bullion par hasard. Un des inconvénients de vivre ici est le manque de transports en commun. L'avantage est la volonté de certains bullionnais de conserver le cachet du village. Les avions sont une petite gêne, mais elle vit avec. Elle les entend dans le jardin mais pas dans la maison. Elle dit s'être habituée sans problème, surtout du fait de les avoir seulement à l'atterrissage, or c'est au décollage qu'ils font le plus de bruit. Elle ne pense pas quitter Bullion à cause du bruit des avions.

   
   

Bull02 : Entretien simple F : 44 ans ; médecin ; mariée (médecin) ; 2 enfants Propriétaire pavillon depuis 2 ans. Elle a la sensation de vivre dans un cadre protégé, un environnement privilégié sans nuisances de bruit, ni de pollution. Elle apprécie beaucoup les conditions de vie à Bullion. Pour elle, Bullion est une commune vivante, avec de nombreuses activités organisées par la mairie et par des bénévoles. Les avions, elle les entend par périodes, donc elle ne s'en plaint pas. Il y a des moments où elle entend les avions qui atterrissent mais c'est rare et ça n’empêche pas les conversations. Elle pense que les avions larguent une partie du kérosène au-dessus des forêts mais ne l'a jamais constaté. Sa seule crainte est que Bullion soit envahi par les promoteurs. Elle a signé des pétitions contre l'installation du 3e aéroport à Chartres.

   
   

Bull04 : L'interviewé est un homme de 58 ans, au chômage depuis quatre ans, et bientôt au RMI ainsi que sa femme, qui était déjà au chômage avant lui. Leurs revenus actuels ne sont plus que de l'ordre de 4000 francs par mois. Ils habitent la « Résidence la Clairière » , un quartier pavillonnaire récent en bordure de Bullion, considéré comme le quartier modeste de ce village très résidentiel. Cet interviewé manifeste une sensibilité exceptionnelle au bruit pour un pavillonnaire, et il vit toujours à la limite du conflit avec ses voisins auxquels il reproche leurs activités de bricolage et de jardinage, souvent intempestives selon lui.
Les problèmes d'environnement lui semblent d'abord liés à l'accroissement de la population et à son taux d'équipement en engins qui provoquent des nuisances de toute sorte, tels que les tondeuses, les taille-haies, les scooters et mobylettes des jeunes qui font des rodéos traversant le lotissement, surtout la nuit, et même « la récupération du verre à n’importe quelle heure ». L'accroissement de la circulation y est directement liée, mais également la dégradation de la relation parents-enfants : ce sont les jeunes qui font du bruit. Mais aussi son voisin, un « brave type, bricoleur de génie, mais il a un tour de fraisage dans son garage... » Or, il a deux chambres contiguës avec ce garage! Lui-même laisse souvent le bricolage à cause du bruit qu'il fait. Il était mécano ajusteur au début de sa vie professionnelle, et considère avoir eu assez de bruit comme cela dans les ateliers.
je devrai le relancer par deux fois, alors même que des avions nous avaient survolé, pour qu'il mentionne les survols à l'atterrissage par vent d'Est comme étant une gêne certains jours; mais immédiatement il atténue ce qu'il vient de dire en déclarant que la situation locale n’est pas comparable à celle, infernale, des habitants proches d'Orly. Par ailleurs, les beaux avions ne lui déplaisent pas, il sort parfois les regarder. Leur bruit est moins aigu, moins sifflant que sur les appareils du passé, parce que les moteurs sont plus puissants, et tournent plus lentement. Il ne les entend pas quand il jardine, mais si leur fréquence augmente « je n’en rate pas un seul ». Il aime bien le Concorde « parce qu'il est rare ». Il pourrait accepter davantage d'avions, s'ils étaient plus discrets.

   
   

Bull05 et 06 (couple) : L'interviewé est un homme de 82 ans (il n’en fait que 70, et précise que sa mère en a 102... ). Sa femme ne dira pas le sien (elle est plus jeune). Ils se sont installés en 1981 à la « Résidence la Clairière » attirés par les bois, pour y trouver le calme. Auparavant ils étaient riverains à Chaville d'une ligne à quatre voies de la SNCF, avec à certaines heures un train toutes les deux minutes. Le mari était technicien radio, la femme coiffeuse; ils perçoivent une retraite de l'ordre de 15 KF. il est très satisfait d'être propriétaire de son pavillon de 100m2, avec chauffage au gaz tient-il à préciser.
Son père était ajusteur chez Farman à Billancourt; il a du arrêter ses études très tôt et se débrouiller dans la vie par ses propres forces.
Il trouve son quartier tranquille, malgré quelques tondeuses, ainsi que quelques avions. « Mais où n’y a-t-il pas de gêne » , demande t-il. Ce qui lui pose problème : l'éloignement de Paris, le RER est à Saint Rémy et ils font 15 km en voiture pour le prendre. Les dimanches ils s'enhardissent à aller en voiture à Paris pour voir les musées, les expositions : l'agitation de Paris manque à sa femme, dont il dit qu'elle a un caractère très différent du sien. Il l'a rencontrée il y a 50 ans dans le café que tenait sa mère... (enfance passée au bruit?).
Elle déclare : « le bruit, ici, c'est moi qui le fais! le bruit c'est la vie! ». Elle trouve Bullion un peu morne, et ne se plaint que des aboiements des chiens. Les avions ne la gênent pas.
Il se déclare, lui, très sensible aux problèmes de l'environnement et du bruit, « mais ici heureusement le bruit est faible » , sauf les samedis et dimanches où les personnes en profitent pour tondre le gazon, pour faire des travaux dans leur jardin avec des outils bruyants « à cause de la mécanisation de nos jours ». Cependant, les voisins sont très corrects et ne font jamais de bruit inutile et surtout pas tard le soir. Les relations de voisinage sont très conviviales, faites d'échanges de services, de prêts d'outils. La différence d'âge restreint cependant ces contacts.
Quant aux avions, il les entend surtout quand il fait beau, et selon la direction du vent (Est), mais il ne trouve pas qu'ils posent problème car « on ne les entend plus à partir de 11 h ou 11 h30 du soir ». « Cela dépend des pistes d'atterrissage » , dit-il. Il craint qu'il y ait davantage de gêne d'avions avec la déréglementation.
Par ordre d'importance les problèmes d'environnement sont selon lui : en tout premier,* l'eau (qui est « infecte, scandaleusement chère »; pour pouvoir jardiner, les gens refont des puits... ), puis l'air (le kérosène abîme un peu les arbres). Le bruit lui semble tolérable par comparaison avec son cousin de Brie Comte Robert, qui, lui, vit l'enfer entre la Francilienne, Roissy et le TGV... (mais son cousin ne se réveille plus quand un 747 passe à 50m du toit). « Ça dépend des personnes. Moi c'est depuis que je suis ici que je peux dormir les fenêtres ouvertes la nuit ». « Il faudrait être difficile pour ne pas être satisfait de ce quartier ». Il perçoit cependant très clairement l'accroissement du bruit dans le temps, au début il passait une voiture toutes les 5 minutes devant chez lui, maintenant ce sont 5 voitures à la minute... « Ça c'est dégradé, mais qu'est ce qui ne s'est pas dégradé? ».
S'il n’y avait pas d'avions, ce serait mieux, mais il les supporte. Ils sont gênants au décollage, vers l'Ouest, de gros porteurs passent parfois à 100m. Exceptionnellement il sort voir les plus bruyants, « en fulminant ».
Il signale quand même que le dimanche, l’aéro-club de Toussus-le-Noble est très bruyant, ces petits avions monomoteurs sont parfois plus bruyants que certains gros porteurs, et plus longtemps.
Il entend tous les avions, toujours (même quelques avions de chasse) sans habituation qui fasse filtre. Il n’aime pas trop le voyage en avion pour lui-même, à cause du bruit. Les avions et l'histoire de l'aviation le passionnaient au temps de Mermoz, Védrines et Detroyat, mais ne l'intéressent plus depuis l'introduction du moteur à réaction, même Le Concorde; il s'intéresse surtout aux trains (qu'il n’entend heureusement plus) : il est abonné à la Vie du rail Toute locomotive qui passe, il peut en dire le type et la puissance, c'était le seul bon côté de vivre à 10m des voies...

   
   

Bull07 : L'interviewée est une femme de 62 ans, mariée, qui a eu quatre enfants. Elle est assistante maternelle, son mari est électricien. Ils gagnent 20 KF. Ils habitaient la Résidence la Clairière dans un pavillon de cinq pièces sur un jardin des 600 mètres carrés. Elle se plaint du manque de commerçants, des transports, du faible équipement du quartier... L'endroit manque de vie, « c'est un cadre de vie tristounet ». La vie y est trop casanière, les contacts avec les gens ne sont pas satisfaisants, sauf avec quelques voisins directs qu'ils connaissent parfois depuis 27 ans. Elle se plaint également du manque de sécurité, du vandalisme, des vois, du manque de tranquillité. lis habitaient autrefois le grand ensemble de Massy qu'ils ont quitté pour le cadre campagnard de Bullion. Elle finit presque par regretter les HLM où « il y avait toutes les commodités ! ». Ils rêvent de changer leur pavillon contre une maison de ville dans le vieux village de Bullion même, « malgré la route ». Ce qui, d'après elle, pose le plus de problèmes dans son quartier ce sont les chats. Il y a beaucoup trop de chats, « on les retrouve dedans en rentrant ». Elle ne retrouve rien de son enfance à la campagne, en Bretagne, où ils étaient 12 à la maison. Ici, c'est « la campagne pour les riches » , Bullion est snob, et tout y est très cher... Elle ne regrette cependant pas la vie qu'ont eu ses parents, des fermiers en difficulté financière permanente. Le couple sort souvent, ils vont marcher, ou ils se promènent en voiture; ils passent leurs vacances en Bretagne, où à la montagne. lis disposent d'une maison en Bretagne. Elle aime le bruit de l'eau qui coule, et elle va mettre un bassin dans son jardin. Les bruits agricoles sont vivants, dit-elle. Elle donne beaucoup d'importance aux bruits, qui sont « très gênants ». Mais le silence, trop de calme est gênant également, il lui faut le bruit de fond de la vie humaine, dit elle. Les corbeaux lui rappellent les champs de Bretagne. Le quartier est calme, « sauf quelques avions ». Les voisins sont tous d'accord pour restreindre le bruit, car les pavillons jumelés ont des problèmes (entre les numéros 17 et 18 par exemple). Heureusement, eux-mêmes ne sont pas bruyants, dit-elle.
Les avions produisent un grondement quasi permanent, mais pas gênant. Le vrai problème c'est l'obsession du voisin mitoyen (l'interviewé Bullion01), « qui ne supporte pas les chiens, d'ailleurs il ne supporte rien ». Les mobylettes la dérangent davantage que les avions. Mais par temps très sec on les entend fort. À table, ils dérangent lors des repas des week-ends dans le jardin. Ce sont les décollages qui sont bruyants, ils décollent exactement sur Bullion. On les voit du jardin, ils passent près. Ils sortent dans le jardin pour regarder quand le Concorde passe. Ils trouvent que le bruit des avions a changé, ils sont aujourd'hui moins bruyants qu'au temps des Caravelles. Cela est dû à la technique, au progrès des moteurs. De façon générale ils supportent bien les avions, et parfois ne les entendent plus, mais quand ils passent trop bas « on les entend toujours »

   
   

Deuil01 Femme au foyer, 40 ans, mari informaticien, 4 enfants, propriétaire de leur maison depuis 4 ans, 15 à 20 km de l'aéroport) : Ils sont venus s'installer ici en raison de leurs moyens financiers : ils souhaitaient devenir propriétaires, ayant vécu en HLM au Blanc Mesnil (93). Ils recherchaient une petite maison de village à restaurer, avec peu de terrain.
Ils ont acheté en fonction du bon emplacement, proche de la gare et des écoles et Deuil La Barre leur est apparue comme une commune « plus saine » que Le Blanc Mesnil. Ils sont déçus par leur choix. Le quartier est pourtant plus tranquille, mieux fréquenté que là où ils habitaient mais, en revanche, il n’y a rien pour les enfants, aucun encadrement.
Deuil La Barre est une commune qui se rénove, « les rues sont refaites, la Mairie fait tout pour que les gens restaurent leur façade ». Le centre du village est agréable, il y a des commerces, des transports, « on est à 10 minutes de Paris ».
Mais la commune est surtout habitée par des personnes âgées, aux mentalités « anti-jeunes », « les enfants ne doivent pas faire de bruit », aucune structure d'accueil n’étant prévue pour eux.
Elle prend l'avion deux ou trois fois par an pour aller voir sa fille qui vit à Grasse. Et elle a conscience, qu'à ces moments là, elle prend part à la gêne de bruit : « C'est une petite vengeance ».
Est attachée à son appartement : « Je l'aime. Les avions ne me feront pas partir ». Pourtant, elle a du mal à regarder sa télé dont l'image est brouillée malgré l'investissement d'une antenne sur le toit de l'immeuble.
Elle prend des médicaments pour dormir mais cela a toujours été le cas. Elle constate les effets de la pollution due au kérosène sur l'encrassement des vitres de l'appartement qu'il faut nettoyer toutes les semaines.
Les craintes exprimées : surtout sur l'ouverture des deux futures pistes qui vont venir perturber le sommeil : « Les gens de Strasbourg n’en ont pas voulu, donc ça vient sur Roissy. Ca crée une inquiétude pour nous, pour le bruit et la pollution ». « Ici, on n’a rien, on ne peut même plus se promener ». « Les avions gênent tout le monde ».

   
   

Gouss09 homme, Fonctionnaire à la municipalité de Goussainville, 40 ans, divorcé, 2 enfants, locataire de son appartement depuis 17 ans, à 7 km de l'aéroport, à l'ouest de Roissy.
Il est resté à Goussainville à la suite d'un accident de sport et ses parents sont retournés en Espagne. Il est handicapé.
Avant Goussainville était plus calme, il y avait une bonne solidarité entre les gens.
Il reste car son loyer est bas. Depuis 10 ans, il constate une progression de la violence, il y a des manifestations de gens mécontents, les commerces de proximité ferment les uns après les autres. La convivialité disparaît.
Mais la principale nuisance, c'est l'aéroport de Roissy, sans compter les deux pistes supplémentaires qui vont s'ouvrir et qui vont donc multiplier le trafic aérien. En été, il y a un avion toutes les 45 secondes qui passe devant les fenêtres. On ne peut pas regarder un film à la télé, on est gêné dans ses loisirs.
Pourtant, la personne interrogée ne quitterait pas Goussainville pour Paris même pour plus d'argent : elle est à 50 mètres de son lieu de travail, à 100 mètres de la station du R.E.R., cela en dépit des nuisances : le quartier qui se dégrade par l'arrivée de nouvelles populations et le manque de respect d'autrui.
Il est impératif de créer des endroits où les jeunes puissent s'épanouir, il faut aménager les quartiers les plus défavorisés.
Pour l'incidence de la présence de l'aéroport sur la santé, tout dépend de la fragilité de l'individu qui sera plus ou moins sujet à l'asthme.
Vit dans un environnement bruyant : les voitures de la rue, les avions, le train, la salle des fêtes... « On n’y prête plus attention car c'est un bruit général. Mais finalement, le bruit des festivités me gène plus que le bruit des avions : je n’arrive pas à m'y habituer ». Pour lui, les avions sont évidemment plus bruyants mais il s'y habitue : « Quand je suis à la campagne je ne peux pas dormir car c'est trop calme ».
Aujourd'hui, il pâtit moins de la nuisance des trains en raison des nouvelles constructions qui font écran. De plus l'Office d'HLM ayant fait des travaux d'isolation, il entend moins le bruit en provenance de l'extérieur que le bruit des voisins : « Tout compte fait, les bruits de voisinage sont plus gênants et plus inquiétants ».
Le Concorde passe à 11H15. Il est très bruyant : « Quand on entend le Concorde, on sait que c'est l'heure de l'apéro et quand c'est un autre qui décolle, on est surpris. On se dit que ce ne sont pas des vols réguliers ». Le Concorde atterrit tous les soirs vers minuit vingt.
Se plaint des essais de réacteurs la nuit. On a fait des pétitions qui n’ont jamais abouti. Maintenant on est vacciné contre les nuisances ». Les habitants de Goussainville se sont résignés.
Obligé de rester ici pour le travail et par manque d'argent pour habiter ailleurs. Quittera Goussainville dès qu'il pourra, pour aller dans le Sud ou le Sud Ouest, en tous cas, loin d'un aéroport.
Il utilise les avions pour voyager: Et comme cela j'embête aussi le monde. E n’a aucune crainte concernant un éventuel accident aérien :"malgré les bruits suspects ». Craintes dans l'avenir de ses enfants qu'il protège. (Divorcé, garde de ses 2 filles). Sa femme l'a quitté pour s'installer dans l'Hérault. Elle avait aussi de graves problèmes de santé nerveuse peut-être liés à l'environnement.

Note qualité de vie 6
Note gêne 10
Incidence Enviro-santé  Peut être problèmes nerveux
Se positionne comme « un drogué du bruit ». Il ne sait plus vraiment ce qui le gène le plus entre le bruit des avions, le bruit des voisins, le bruit de la route, le bruit des samedis soirs...
Se plaint en priorité de l'insécurité de la ville et de la perte de convivialité environnante.
Désire partir sans vraiment y croire. il reporte toutes ses craintes sur ses enfants.

   
   

Iver01 : Entretien simple : coiffeuse : 46 ans, mariée ( convoyeur de fonds 51 ans) ; 2 enfants : Propriétaire maison depuis 2 ans. Elle est née ici et est restée pour des raisons d'attachements familiaux. lis ont cherché à partir, mais sont restés à cause de l'emploi de son mari. Elle évoque le problème des jeunes qui restent dehors jusqu'à deux heures du matin à partir de début juin, qui sont très bruyants. Elle s'est plaint plusieurs fois à la gendarmerie. Il y a le problème des avions, mais elle a le sentiment d'être quand même à la campagne. De plus, s'il n’y avait pas l'aéroport, il n’y aurait pas d'emplois. Elle entend le bruit des avions à partir de 4 heures du matin. Elle dit qu'on s'habitue et qu'avec le double vitrage, l'hiver ça ne la gêne pas trop : c'est gênant pour se parler quand on mange dehors. Le Concorde fait beaucoup de bruit, il passe à 11h20 et 16h20, mais c'est rapide, et il est beau. Elle a l'impression que le bruit des avions augmente régulièrement. Le bruit, elle s'en rend compte quand elle part en vacances, quand elle revient, il faut qu'elle se réadapte. Elle craint de passer en zone de bruit parce que ça va arrêter la construction et donc arrêter la vie du village. Elle ne participe pas aux réunions contre le bruit parce qu'elle n’a pas le temps, et parce que de toute façon l'aéroport fait ce qu'il veut. Elle parle plus du problème de délinquance que de celui des avions. Pour elle, ça ne sert à rien d'avoir plus d'informations, « on pourrait faire quoi de plus ».

   
   

Iver06 homme, 36 ans, sérigraphe, propriétaire d'un pavillon depuis 2,5 années. maison individuelle, double vitrage, dans l'axe de deux pistes, à 20 km aéroport.
Originaire de Clichy sous-bois puis de Bondy, vivait en immeuble. Souhaitait quitter la ville, sans habiter en lotissement.
S'est éloigné de Paris pour le prix.
Voulait vivre à la campagne.
Ici, il y a une bonne ambiance, un bon voisinage, le coin nous a tout de suite plus.
Parle spontanément des avions, mais précise qu'il est content d'habiter ici même si il y a des avions : on mange dehors on dort la fenêtre ouverte.
Les critiques : c'est qu'ici il y a pas beaucoup de bus, mais on ne voudrait pas que le village grandisse trop.
On ne veut pas retrouver ce qu'on a connu en ville (immeuble, la délinquance, promiscuité).
Ici, on a trouvé un cadre plus agréable, sans nuisance. Les enfants peuvent grandir et s'épanouir.
Le Concorde : s'il n’y avait que lui, il est joli. Parce que c'est vrai que la seule nuisance ici ce sont les avions.
Les avions, c'est toujours le même bruit, toutes les trois minutes.
N’a jamais pris avions, mais il trouve ça agréable (vacances, technologie).
J'ai un bon sommeil, je travail dur et je dors bien, les fenêtres ouvertes.
En immeuble, c'était beaucoup plus gênant, le bruit.
On est une famille vivante, bruyante, avec quatre enfants.
Pour l'avenir, j'espère que ça ne changera pas trop.
L'avion ce n’est pas bien pour le bruit, mais c'est bien pour l'économie.
Je trouve que je suis très bien ici, il n’y a pas de pollution.
Ici, il y a l'odeur des champs.
Ça sent bien meilleur que dans l'atelier où je travaille.

Note qualité de vie : 8. La gêne: 5
incidence environnement: aucune, globalement positive
Achat récent d'une maison: sentiment d'avoir gagné en terme de qualité de vie Pas de troubles du sommeil, Utilise beaucoup le jardin Environnement sonore familial « riche » Famille avec enfants

   
   

MAm10. Homme 44 ans, fonctionnaire cadre B. marié et deux enfants, 9 ans et 6 ans. Maison de village, double vitrage, deux ou trois kilomètres des pistes, propriétaire depuis 13 ans.
Des amis ont vendu la maison et on a acheté en 1985. Vivait avant en banlieue sud de Paris.
A quitté un appartement pour vivre en maison à l'extérieur de la banlieue Parisienne.
Travaille à Paris intra-muros. En arrêt maladie depuis trois mois (colonne vertébrale).
Pas de grands changements ici sauf création zone artisanale et piscine. Quelques logements neufs.
Ici, c'est la campagne mais près de Paris.
Ce qui est moins bien, c'est l'aéroport, il y a du bruit surtout au période « grands départs ».
Mais lorsque j'étais à Paris, j'étais beaucoup plus embêté par le bruit.
Depuis que je suis en arrêt de travail, les gens disent que j'ai bonne mine. C'est parce que je ne vais pas à Paris. Ici, il n’y a pas de pollution.
La pollution du bruit, c'est limitée aux jours de grands départs et de fort vent. De ce côté ci, on est un peu privilégié : on est entre deux pistes.
Ce qui est bien, c'est que le double vitrage a été pris en charge par 1 'aéroport. On utilise jamais le jardin, mais ce n’est pas à cause du bruit (à cause des voisins).
On se couche plutôt tard et on n’a pas de problème à cause du bruit, sauf à quelques rares exceptions.
Peut-être qu'il y a des avions plus bruyants que d'autres.
Mais nos inquiétudes, c'est plutôt la délinquance (nos voisins), les jeunes à l'abandon pour qui rien n’est fait.
L'été, il y a des jeunes qui se regroupent et ça, c'est bruyant.
Je suis relativement satisfait de vivre ici. J'ai même l'impression que le bruit diminue, mais il ne faudrait pas qu'il y ait plus avions.
Les regrets, c'est par rapport au voisin, par rapport à l'aéroport.
La grosse contrainte : on est à une heure et quart de Paris
Ce qui se fait ici, c'est pour les enfants, pas pour les adolescents.

Note qualité de vie: 8. Note gêne: 3.
Incidence environnement: ne sait pas mais peut-être inconsciemment. Des voisins, des amis parlent de kérosène. On se pose parfois des questions.
Beaucoup plus préoccupé par le voisinage que par l'aéroport Vécu d'un bilan environnemental positif (moins de pollutions qu'à Paris) Le regard des amis est plus critique que le sien. Sentiment que le bruit diminue.

   
   

MAub02 : Entretien simple F : 36 ans ; agent de maîtrise PTT ; mariée (professeur) ; 2 enfants.
Propriétaire pavillon depuis 1 an. Ils se sont installés ici parce que la maison n’était pas chère. Elle dit que le voisin alcoolique et le bruit des tracteurs dans la ferme à côté sont plus gênants que les avions de l'aéroport de Roissy. Les avions ne sont pas pour elle un problème majeur, par contre quand elle part en province et qu'elle n’entend plus de bruit du tout, au retour, il faut se réhabituer. Elle décrit un bruit qui arrive progressivement, mais qui ne dure jamais longtemps. Le bruit le plus fort est celui du Concorde qui passe vers 11 heures, mais il est beau cet avion. Elle dit également que le soir, quand elle regarde la télévision, elle n’entend plus le son. Elle aimerait bien être en zone de bruit pour profiter des indemnisations. Le fleuriste à côté a remarqué la pollution sur ses fleurs. Elle pense que les avions ne respectent pas les couloirs aériens. Elle n’a pas d'informations sur la troisième piste. Elle juge plus important de lutter contre le Front National (membre d'une association), que contre le bruit des avions.

   
   

MAub06 (Fonctionnaire, 58 ans, mariée, 1 enfant à charge, propriétaire de sa maison depuis 18 ans, à 5 ou 7 km de l'aéroport, au nord ouest de Roissy)
Ont choisi de s'installer au Mesnil Aubry par goût de la nature. Ils vivaient à Noisy le Sec dans un HLM jusqu'en 1980. Ils ne regrettent pas leur choix.
Le village était à l'époque, un village rural déserté. Il s'est repeuplé. On constate une lente amélioration des constructions : « Mais nous souhaitons rester petits et préserver une vie de village ».
Village tranquille où chacun a son jardin. On vit dans les champs et il y a peu de passage malgré la Nationale dont le bruit se ressent surtout par vent d'est. Les habitants se connaissent tous. Mais il y a le bruit permanent des avions, il manque des commerces et il n’y a pas de moyens de transport.
Le Mesnil Aubry souffre d'un manque d'entretien. Des travaux ont été entrepris pour la rénovation de la place publique. E faut prévoir des terrains de sport pour les adolescents.
Observation des effets de la pollution - odeur d'engrais, élevage de poules voisin qui entraîne une invasion de mouches, poussière. Ce sont les nuisances de la campagne. La personne travaille rue de Rivoli, à Paris et les effets de la pollution sont beaucoup plus importants. Ici, il y a les retombées de kérosène : « Je le vois dans le bassin où il y a des dépôts gras sur l'eau ».
En plus du bruit des avions, de nombreux camions passent dans le village en raison des travaux routiers et autoroutiers avoisinants. Es vont vite, ils stationnent n’importe où, Les camions passent sur une plaque d'égout encastrée dans la chaussée et nous réveille vers 5 ou 6 heures ».
Bruits de bennes, bruits de tracteurs interviennent aussi mais à des heures normalement acceptables quand on vit à la campagne. B y a aussi le bruit agréable des cloches.
Les avions sont le point noir : ils passent au-dessus du jardin et font vibrer les vitres qui se fêlent. Le bruit des avions est lié au vent. c'est au décollage que les avions gênent le plus. A l'atterrissage, on ne les voit pas. Le Concorde est le plus bruyant. Certains ont un bruit plus agréable (Airbus).
Quand nous avons visité la maison, j'ai vu et entendu les avions. J'ai pensé que je ne pourrai pas vivre ici mais les propriétaires m'ont dit qu'on s'y habituait. Le bruit des avions ne nous empêche pas de regarder la télé : ça ne nous gâche pas la vie. C'est surtout l'été, on ne peut pas manger dehors.
Inquiète de l'ouverture des nouvelles pistes. On risque de partir: on ne veut pas vivre enfermé. Mais si les couloirs sont respectés, la réglementation stricte, pense pouvoir supporter le bruit. Travaux d'isolation sans aucune aide. Ils ont espoir, malgré tout, d'être entendu des pouvoirs publics : Ce n’est pas invivable. On fait des pétitions, on va peut-être prendre en compte tous nos problèmes.
Si rien n’est fait dans ce sens, s'ils ne peuvent garder leur tranquillité de vie, ils s'en iront en province, dans le midi où l'un de leurs fils a un projet. Ils prennent l'avion mais toujours d'Orly. La qualité du sommeil n’est pas entamée, ils dorment bien dans l'ensemble.
L'ouverture des deux pistes va entraîner d'autres problèmes : arrivée de populations indésirables (par la liaison R.E.R. avec Roissy), plus de circulation. En plus à y a le projet d'autoroute : « Nous sommes cernés par la civilisation (autoroute, Francilienne, avions sur la tête) ; je suis la petite fourmi cernée par les géants, C'est angoissant, Les gens baissent les bras tout de suite, par défaitisme ».

Note qualité de vie 6
Note gêne 4
Incidence Enviro-santé Sommeil, peut-être Kérosène
La contrée se transforme, se structure à l'image des villes(autoroutes, pistes supplémentaires.
Elle subissait déjà le bruit des avions qui restait acceptable puisqu'on n’en ressentait la gêne que l'été. Mais changements vont amplifier ces phénomènes (bruits, circulation, populations à problème... ).
Victime de la civilisation moderne, sans soutien, sans écoute des pouvoirs publics.

   
   

MAub08 Préretraité, 57 ans, marié, propriétaire de sa maison depuis 30 ans, à 12 km de l'aéroport, à l'ouest de Roissy
Racines et celles de son épouse au Mesnil Aubry : « J'ai toujours vécu au Mesnil Aubry et j'y ai fait construire ma maison en 70 ».
Les choses ont changé depuis, on a gardé la tranquillité mais l'environnement a changé : l'esprit village a disparu, la mentalité des gens n’est plus la même, les nuisances ont augmenté. Le village rural s'est agrandi avec l'arrivée de personnes nouvelles. Elles ne communiquent pas avec les anciens du village et s'intègrent mal. Maintenant, dans le village, on est agressé par les q~ manouches ». « Le village est moins bien fréquenté car il y a des ethnies différentes ».
Nuisances : les avions par vent d'ouest. Tous décollent là et ils survolent nuit et jour : « Ils nous réveillent la nuit. Quand, j'ai fait construire, il n’y avait pas d'avions ». Le trafic est de plus en plus intense et si les avions d'aujourd'hui sont moins bruyants que les Caravelles, les progrès en acoustiques sont encore infimes. Apprécie cependant d'avoir un logement indépendant, bien installé, une bonne qualité de vie : « Avoir pu faire tout ce que j'espérais ». Il y a 2 avions qui décollent par minute et les prochaines lignes prévues vont encore augmenter le trafic. Mais il devrait y avoir des subventions pour le survitrage, cela a été annoncé dans le journal. Le trafic des avions augmente pendant les périodes de vacances, Quand le Concorde décolle, on est à plus de 75 dB. C'est surtout le Concorde, les Airbus sont plus silencieux. Le bruit interfère sur la télé, la radio, on monte le son.
Le problème du village, c'est son développement : « On va être cerné par l'urbanisme, par la construction de la Francilienne ». De plus il va y avoir la nouvelle autoroute A 16 qui va passer vers la maison. C'est une véritable inquiétude.
Il n’y a plus de transports en commun car trop peu utilisés, il n’y a plus que la ligne de l'école. En revanche, il y a un bon équipement sportif. Mais les commerces locaux disparaissent. Ces nuisances ont une influence sur la santé, l'air n’est plus le même qu'avant. Les avions augmentent régulièrement depuis 1977 et maintenant, il y a les hélicoptères qui passent juste au-dessus : On pourrait éviter cela. Pour ceux qui travaillent, il y a aussi le stress du trajet.
Le village souffre du bruit des avions, de la Nationale, du passage des camions sur la route qui traverse la commune, ils donnent de grands coups de frein, des engins de sécurité de la décharge qui bipent. Il n’y a aucun moment de calme, le silence, on ne sait plus ce que c'est. En Haute Savoie (a acheté un appartement) c'est différent. Ici, la Nationale fait des victimes de la route et de la pollution par l'air qui devient irrespirable et le bruit qui devient insupportable. Utilise l'avion car ça fait partie de la vie moderne mais Roissy est trop près de Paris ».
Toutes les nuisances environnantes évoquées ont des conséquences défavorables sur la qualité de vie et sur les valeurs immobilières qui en ont pris un coup. Si on vend ? Ici, les terrains se vendent chers, la crise ne nous a pas plus touchés qu'ailleurs. Mais on enregistre une chute sur la vente des biens.
La santé : « J'ai eu un problème cardiaque et à la suite d'un test (enregistrement électro en continu au domicile), on a observé que la courbe cardiaque variait pendant le sommeil. Ca, c'est une conséquence au bruit ». Se demande s'il va rester ici où il vit à côté de sa fille, ou partir en Haute Savoie. Ce qui le fera partir, c'est la mentalité des gens. Le bruit, on s'en fait une raison, on n’y peut rien. Les pétitions ne servent à rien, les pouvoirs publics ne répondent pas. E craint l'augmentation du trafic aérien et routier ainsi que toutes les nuisances qui en découlent.

Note qualité de vie 7
Note gêne 10
Incidence Enviro-santé  Sommeil, qualité de l'air se dégrade
Satisfait de sa qualité de vie car il a acquis ce qu'il voulait. Il n’a jamais quitté son village. Bien que son environnement soit devenu très bruyant il ne partira pour cela.
Ses échappées en Haute Savoie lui suffisent pour renouer avec le silence.
Pas d'illusion pour la revente de sa maison qui se fera à perte. Ce qui le gêne plus que le bruit des avions c'est la mentalité des gens. Pour lui, tout est agression : bruit ambiant, avions, télé, société.

   
   

MitMor02 femme 40 ans, assistante de vie et maternelle
maison de village, double vitrage, propriétaire depuis six années. 5 km des pistes
j'aime bien cette ville là, il y a tout ce qu'il faut.
J'ai quasiment toujours vécu par ici (sauf enfance en Normandie).
Avant, j'habitais GONESSE.
J'ai divorcé, puis je ne suis remariée et on a acheté cette maison.
J'habite ici depuis cinq ans.
Ce qui a changé, c'est qu'il y a plus de délinquance, plus de trafic automobile.
Mais sinon, il n’y a pas de beaucoup de changement, c'est peut-être juste un peu plus bruyant.
Mais je suis habituée est il y a moins de bruit qu'à GONESSE
je suis quelqu'un d'insomniaque, mais ça n’est pas à cause des avions.
Par contre, ici, c'est pollué et humide. J'ai de l'asthme. (Usine, voitures, produit toxique). Parfois aussi des avions qui lâchent du kérosène.
Mais les avions, les voitures, rien ne me gêne au niveau du bruit. Pour moi, c'est surtout l'air qui est malsain.
Les avions c'est juste un moyen de transport, j'aimerais bien le prendre un jour, pour des vacances.
Le plus fort, c'est le Concorde - au jardin, on ne s'entend plus parler. Il fait un bruit plus aigu que les autres avions. Les autres avions, ça va.
On dort les fenêtres ouvertes. Si on est ici, c'est pour le travail. Ce que j'aimerais, c'est repartir en Normandie. Ici, c'est le stress : les gens ne sont pas sympa, l'air n’est pas pur. Ici, on est plutôt tranquille, on a une maison avec un jardin. Mais on a peur pour les enfants : drogue, délinquance.
Quand je repars en Normandie, je trouve que c'est presque trop calme, mais je dors mieux parce que l'air est plus pur.
Le développement de l'aéroport ne m'inquiète pas du tout tant qu'il n’y a pas de pistes qui nous passent au-dessus de la tête. On est habitué aux avions. Mais parfois, quand on reçoit des amis, ils font des réflexions1sur les avions. D'autres aiment bien. Je trouve qu'ils ne sont pas bruyants à ce point là. A part Concorde.
Mitry-Mory c'est bien, il y a un parc, de la verdure. Mais les trottoirs sont tout abîmés, et les voitures roulent trop vite, on a peur pour les enfants. Il y a aussi le tout à l'égout qui aurait besoin d'être refait. Il faudrait moderniser le bourg de Mitry-Mory : c'est un peu abandonné.
Mais je suis bien mieux qu'à GONESSE: il y a moins de délinquance et moins de bruit.

Note qualité de vie : 5. Note gêne: zéro.
Incidence environnement: oui, l'air, mais pas à cause de l'aéroport.
A toujours vécu aux abords de l'aéroport
Plus préoccupée par la pollution (asthme) et la délinquance (enfants) que par le bruit
Troubles du sommeil non imputé aux avions
Les amis sont plus critiques
Pas d'inquiétudes particulières

   
   

Mont08 Enseignant, 36 ans, célibataire, propriétaire de sa maison depuis 5 ans, à 20 km de l'aéroport, au nord de Roissy : Il a trouvé une maison à rénover à Montmorency, commune qu'il connaissait déjà, ses parents habitant la région. Il a choisi en fonction de ses moyens financiers. Il était locataire à Mézière dans le 78 où il faisait un stage d'enseignement.
Il ne constate pas de changement sur Montmorency depuis son installation. C'est une commune tranquille avec des jardins. Il y a un peu de bruit en raison de la route nationale et le bruit des avions est un peu gênant.
Il faudrait qu'il y ait néanmoins plus de vigilance au niveau du bruit qui semblerait s'amplifier sur les communes proches comme Enghien.
Et il n’y a pas assez de surveillance et on commence à rencontrer des problèmes de sécurité.

La Nationale et les avions sont gênants : « Un enfant qui crie, ça ne me gène pas, du bricolage, c'est normal ». C'est en fonction des périodes, il y a des tunnels aériens détournés, et aux périodes de départs en vacances, il y a plus de trafic. Il y a une pétition qui a circulé mais rien de plus.
La Nationale, c'est quelques motos, par rapport aux avions, ce n’est rien. Les avions passent au-dessus de la maison. Les voitures sont gênantes mais -c'est surtout le samedi soir. Les avions, c'est le même type de bruit mais c'est toute la journée, un roulement.
Le problème des avions touche toute la région parisienne, il y en a partout.
J'ai le projet de quitter la région car je n’attends pas de miracle ici. E n’y a pas à attendre le changement. Pour la revente de sa maison, il va essayer de ne pas la revendre à perte mais il ne se fait pas trop de souci car il ne l'a pas achetée chère et il a fait beaucoup de travaux de rénovation lui-même.
Pense aller en Normandie où l'immobilier est moins élevé. Ce ne sont pas les avions qui le feront partir car ils ne le gênent pas à ce point. Ceux qui vivent en appartement supportent d'autres bruits que ceux des avions. Et puis, à Montmorency, on n’est beaucoup moins exposé qu'à Roissy.
De plus, se dit habitué aux avions: Les avions passent, je ne les remarque plus, Mais si je pars en Normandie quand je reviens, je ressens la Nationale et les avions comme un poids.
En appartement, on ressent moins le bruit des avions qu'en pavillon où l'on est plus exposé. Il prend rarement l'avion car il n’aime pas faire de grands voyages.
Constate une dégradation générale de la région parisienne en terme de bruit et de mentalité des gens : insécurité. Vivre tranquille devient un privilège. On n’arrive plus à être chez soi. Quand on achète, on souhaite avoir sa tranquillité. Mais maintenant, il faut penser à se barricader.
E y a nécessairement une incidence de l'environnement sur la santé du fait du bruit des avions et du trafic routier qu'ils engendrent et en plus il y a le stress du travail : on prend sur soi, on accumule. C'est pourquoi les gens partent. Il faudrait faire rester les gens dans la région en attribuant des aides : « La région ne fait pas assez d'effort pour garder les gens car elle ne leur montre pas assez d'intérêt ».

Note qualité de vie 7
Note gêne 7
Incidence Enviro-santé Dormir en présence des avions : c'est du mauvais sommeil mais l'environnement ambiant (Fair) n’est pas malsain pour la santé.
Gêné par la nationale et par les avions.
Mais il y a acceptation du bruit car tolérable: on s'y habitue. Néanmoins, le bruit engendre une note de gêne de 7
Insiste plus sur la mauvaise qualité de vie générale de la R.P. (les avions : une donnée supplémentaire).

   
   

Roiss02 Chauffeur poids lourds à la Mairie de Roissy, 36 ans, célibataire, propriétaire de son appartement depuis 12 ans, à 2 ou 3 km de l'aéroport, à l'est de Roissy : Installé ici en venant de Sarcelle car il a trouvé du travail à Roissy. Actuellement en congé maladie.
Constate le nombre croissant des installations sportives à Roissy : « Avant, il n’y avait rien ». Il évoque la ferme de Roissy où il a travaillé en allant y soigner les chevaux. Originaire de Bretagne.
Depuis son arrivée à Roissy, les mentalités ont changé : les gens sont devenus tristes : Es ont pourtant tout ce qu'il leur faut pour faire de la gym mais ça ne les intéresse pas : Es boivent de la bière...
Tout est bien, il y a des espaces verts mais en même temps, tout se dégrade, les entrées des immeubles, les voitures qui sont « bousillées ».
De plus, il y a des travaux pour faire une place publique et ça fait du bruit jusqu'à minuit. Finalement tout est négatif : « Je reste pour mon boulot ».
Il faut absolument faire quelque chose pour la sécurité, c'est le point faible de Roissy.
Son état de santé est lié au cadre de vie et au travail, c'est un grand nerveux. E fait des heures supplémentaires dans son travail ça lui change les idées.
Il n’impute pas son état de santé à la présence de l'aéroport mais à la mort de sa mère et « Quand je vois des choses saccagées dans la vie, ça m'énerve.
C'est l'insécurité, le mauvais entretien de la ville qui m'énerve.
En dehors de cela, il y a un peu de bruit dans l'immeuble, notamment avec un nouveau locataire. Rien d'autre, c'est calme. Le bruit des avions, « je n’y peux rien et je m'y suis habitué ».
C'est surtout le dimanche qu'on les entend. C'est un bruit sournois, ils poussent à fond les réacteurs, le dimanche soir. L'été c'est plus calme que l'hiver où il y a plus de départs.
Il ne craint pas les accidents d'avion car : « S'il y avait un accident, on ne sentirait rien ». E ne prend jamais l'avion car ça ne l'intéresse pas.
Je dors un quart d'heure par nuit. je ne pense pas que ce soit à cause des avions. Je prends des somnifères depuis toujours ».

Note qualité de vie 7
Note gêne 5
Incidence Enviro-santé non
Se plaint uniquement des problèmes d'insécurité sur Roissy et de la dégradation des biens de la commune et des habitants.
Ne se plaint pas du bruit des avions, ni spontanément, ni en suggéré. Il se plaint un peu du bruit des voisins.
Le bruit des avions est normal pour lui. C'est surtout le dimanche que ça le gène.

   
   

Sann04 : L'interviewé est un homme de 50 ans, marié et père de 3 enfants. Il est cadre supérieur dans la banque, sa femme est chirurgien dentiste en libéral. Ils habitent un grand pavillon cossu de 7p. avec un jardin de 800M2. Leur niveau de revenu est de 50-60 KF. L'important pour lui c'est un bon environnement, ils sont des parisiens venus s'installer en banlieue précisément pour le trouver. Il ne se plaint d'aucun petit problème « seulement de grands : la sécurité et l'urbanisation, la tendance à densifier ». Il participe à l'association de quartier qui regroupe 8000 habitants; ils ont obtenu une barrière pour se couper du centre de Sannois, et depuis ils se sentent tout à fait au calme. Il ne fréquente plus la maison de campagne de ses parents, qu'il laisse désormais à ses frères. À la campagne, les activités agricoles ne le dérangent pas. Les bruits, pour lui, c'est « le bruit des avions à certaines périodes. » Depuis quinze ans qu'il vit là, il n’a pas noté de différences dans le bruit; il perçoit celles entre Sannois et Paris, et le fait de devoir boire de l'eau en bouteille. Mais il a un voisin hypersensible, deux ou trois maisons plus loin, qui se plaint du moindre bruit, « sans doute un cas psychologique ».
Concernant le bruit des avions, ils ne dérangent que par vent d'Est, mais il redoute l'extension des pistes de Roissy et une modification des trajectoires d'envol. il ne perçoit pas de différence entre les décollages et les atterrissages et il n’a pas d'odeur de kérosène. Il est assez sensible au bruit, personnellement, il entend aussi bien les avions que le RER ou l'autoroute 115. Il entend bien le Concorde, mais il ne s'en plaint pas car c'est deux fois par jour seulement. Il n’est pas certain que les avions respectent les plans de vol, les altitudes etc.

   
   

StM02 : Entretien simple. F34 ans ; mariée ; 2 enfants : Propriétaire pavillon depuis 1 an Elle habite la région depuis qu'elle a 8 ans, et est contente d'avoir grandie ici. Elle craint l'arrivée de personnes de banlieues. Elle se plaint d'abord des mobylettes et des camions avant les avions. Elle dit que le bruit des avions est de pire en pire, mais qu'on s'habitue, et de plus, sans Roissy, il n’y aurait pas de travail. Elle se plaint des avions l'été, mais pas l'hiver parce qu'elle a du double vitrage. Elle fait bien la différence entre atterrissage et décollage. Elle estime que le Concorde fait beaucoup de bruit, mais il est beau et elle sort pour le regarder passer. Elle entend plus les avions en périodes de vacances, mais ça ne l'empêche pas de dormir les fenêtres ouvertes.
Elle ne comprend pas pourquoi le village est coupé en deux par la zone de bruit. Elle pense que pour beaucoup, dans son village, les avions sont un problème infime. Elle déclare que l'on ne peut rien faire contre les avions, c'est le progrès.

   
   

StM10 Homme de quarante ans pavillon en location depuis onze ans. Double vitrage. Envisage d'acheter. Logisticien. 10 km de l'aérogare dans l'axe des pistes.
Nous sommes venus habiter ici pour des raisons professionnelles. Il est originaire d'un petit village vers Saint-Quentin, dans le Nord. C'est ici un petit village agréable calme et bien fréquenté. Il n’y a rien de négatif, sinon je serais parti. On est bien ici avec toute la famille. E faudrait peut-être juste un peu plus de manifestations culturelles. Il y a bien sûr les avions, mais on s'habitue, on n’y prête plus attention.
Et puis, l'aéroport, c'est intéressant pour la région sur le plan économique, ça draine des entreprises. Pour mon métier, c'est sûr que c'est intéressant. L'aéroport, je dirais que c'est un voisinage auquel il faut s'habituer. Mais les avions, avec les enfants, ça a un air de fête. Le Concorde : c'est impressionnant. Au début, le bruit des avions, on y fait attention, puis de moins en moins. 'est une question de tolérance. En été, par exemple, je ne suis jamais réveillé par les avions, mais parfois par le train. Certains jours, en fonction du temps, c'est plus bruyant (bruit des avions).
C'est sûr que le climat, le temps jouent sur le bruit. Mais non, ça ne me gêne pas. Pourtant, on peut dire que je suis habitué au calme. Je suis chasseur et pêcheur, et je peux vous dire que c'est beaucoup plus calme ici qu'à Paris, où j'habitais avant. C'est sûr, que si le développement de l'aéroport était mai fait, ça deviendrait un problème. Mais il n’y a pas de raison de penser que ce serait mal fait. En plus ici, on est dans le sens où les avions atterrissent. C'est moins bruyant qu'au décollage.
Fermeture des fenêtres suggérée : oui, ça arrive, quelquefois, mais c'est rare. Non, on n’a pas peur des accidents d'avions.
C'est sûr que le trafic a augmenté, mais ils sont moins bruyants.
Des fois, ce sont les invités qui font remarquer que c'est bruyant.
La seule chose, c'est que des fois lorsqu'on écoute la télé, on entend plus rien.
Vous savez, je suis pêcheur et chasseur, et lorsqu'on part en week-end, c'est pour trouver ailleurs ce qu'on ne trouve pas ici. Mais ici, il n’y a pas de problèmes. Il y a un projet de zone industrielle sur la ville et c'est bien pour l'emploi.
Le seul problème d'habiter ici, c'est, peut être, pour les enfants, on est loin des cinémas.
Ici, on est bien, on vit un peu comme des privilégiés par rapport aux parisiens. Il y a peut-être juste un peu de stress lié au mode de vie (transports).
Ce qui serait vraiment bien, c'est un beau couloir aérien avec personne dessous et qui soit toujours respecté.

Note qualité de vie : 8. Note gêne: 2.
Environnement santé. Juste notion de stress lié au mode de vie.
Aéroport santé : pas d'incidence.
compromis cadre de vie (bruit, campagne, emploi) positif.
image auprès des autres (les parents ne comprennent pas toujours le choix résidentiel)
augmentation du trafic avions moins bruyants qu'avant
Écoute T.V. perturbée, rares fermeture des fenêtres
Sommeil non perturbé

   
   

StM12 homme 40 ans pavillon à double vitrage, 10 à 15 km, propriétaire, informaticien. Originaire de Levallois-Perret, habite ici depuis 1994 : Raisons du choix: prix du terrain, environnement rural. Se déplace en France, à l'étranger pour le travail. U y a plus de bruit qu'avant et beaucoup plus de trafic ( avions)
L'état avait pris des engagements qui n’ont pas été tenus (pas de développement de l'aéroport).
L'augmentation du trafic, elle se ressent en journée et la nuit.
Les avions ne respectent pas les couloirs aériens.
Mais globalement, par rapport à Paris, on a la pollution en moins, et la tranquillité en plus (plus d'espace, meilleur cadre de vie). Le stress : oui c'est de toujours courir, de travailler de nuit, les déplacements.
Le seul point noir ici, c'est l'aéroport : en 1994 c'était beaucoup plus calme ( non respect des couloirs, augmentation du trafic). Les calculs de zonage par rapport au bruit sont tout à fait incompréhensibles.
Ce qui montre bien que les avions sortent de leur axe, c'est qu'on les entend. Mais aussi, les couloirs aériens ont changé depuis 1994. Je dirais que je suis quelqu'un de plutôt sensible aux bruits.
Ici l'aéroport n’a aucune retombée au niveau des communes, au niveau des emplois. Pour l'avenir, je crains qu'il crée une plate-forme train route camions.
Je n’ai jamais pris l'avion à Roissy. Je le prends à Orly. Les avions, c'est toute l'année pareil.
il n’y a pas vraiment de changement en fonction de l'année, des saisons. Mais depuis que j'habite ici, je n’ai pas changé mes habitudes. : Je laisse toujours les fenêtres ouvertes, je vais dans le jardin.
La nuit il n’y a pas souvent d'avions mais ils sont très bruyants. Le train n’est pas très gênant. La nuit, je ne peux pas dire que ce soit gênant. Il y ajuste quelques rares fois où je suis réveillé
peut-être quatre ou cinq fois dans l'année). Mais je dors, par contre, toujours la fenêtre fermée
Globalement, je ne regrette pas d'être venu habiter ici, mais j'ai un peu de crainte si je devais revendre la maison. Ici, il y a peu d'immeubles, et c'est bien : on conserve un cadre de vie agréable. C'est une commune assez agréable à vivre : Ça se développe doucement, harmonieusement, et c'est bien entretenu.
Je suis peut-être plus sensible au bruit en vieillissant, surtout les cycles à moteur ! Le bruit de l'aéroport, je dirais que c'est un élément parmi d'autres, mais c'est un gros élément. Je suis inquiet face à l'arrivée du R.E.R., si l'arrivée est ici : il y a tout une faune qui arrive en queue de R.E.R.. si ils font un pôle ferroviaire avec tous les camions qui vont venir... c'est vrai que j'ai des inquiétudes quant' au développement du train et du R.E.R..
Mais je dirais qu'ici, on entend aussi les ânes et les chevaux, et on a la forêt et les champs autour de nous. Ma femme travaille à Aulnay et elle ne regrette pas d'habiter ici : le week-end, ça change vraiment du travail, on se détend.

Note qualité de vie: 7. Note bruit avions : 6.
Environnement - ici ça joue plutôt en notre faveur, habiter ici, à la campagne, que par rapport à Paris. On ne passera par notre vie ici : nous partirons à la retraite dans un endroit plus calme, quitterons la région parisienne, quand l'urbanisme nous aura rejoint.
Bilan environnemental globalement positif
Augmentation du trafic et de la sensibilité au bruit
Non respect des engagements, des couloirs aériens, zonage incompréhensible
Quelques réveils nocturnes
Rares incidences comportementales (usages extérieurs, réveils nocturnes)
Quelques craintes pour l'avenir (avions, développement industriel) et la revente de la maison

   
   

StM13. femme, 29 ans, mariée deux enfants, gérante de société de service, travaille à domicile. Pavillon en location depuis 1993. Double vitrage, à 10 kilomètres des pistes : Ici, ce qui est bien dans un lotissement, on se connaît tous, il n’y a pas de délinquance, on s'entraide entre voisins.
Je suis de la région, j'ai de la famille sur la commune. On est bien ici, c'est tranquille, c'est calme, bien plus qu'à la ville (habitait Drancy)..
En ville, on a peur. Ici, c'est aussi moins pollué, plus calme. Je pense rester ici, on a tout sur place et ça se développe bien.
Mais et il y a peut-être pas grand-chose pour les jeunes, pas d'équipement. et ça manque d'un peu de moyen de transport. On est une commune où il faudrait peut-être plus s'occuper des jeunes.
Ici vraiment, ce n’est pas pollué comme à Paris. Certains, ici, disent qu'ils ne veulent pas de la gare routière et trouvent qu'il y a du bruit à cause de l'aéroport.
Le train, les avions, c'est plus la nuit qu'on les entend. La journée, il y a du bruit dans la maison.
je me souviens que quand j'étais au collège, on s'arrêtait de parler quand le Concorde passait.
C'est sûr, qu'il y a plus d'avions qu'avant mais on a le double vitrage, et on s'habitue au bruit. Le plus embêtant, c'est quand on est dans le jardin, mais ça ne m'empêche pas d'y aller.
Je n’ai jamais pris l'avion. La nuit, les avions ne me réveillent pas. Il y a des nuits où je dors mal, mais, ce n’est pas à cause des avions, je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil.
E y a un projet de création d'une grande gare pour les années 2005 : risque de gêne réelle (que le village garde un esprit campagne, petite commune)

Mon activité professionnelle est très fiée à aéroport. Donc pour moi, le développement c'est aussi le développement de mon activité (location de voitures avec chauffeur.)
Ici, c'est sûr que c'est moins bruyant qu'à Goussainville, pourtant je connais (famille).
Et puis, l'aéroport a pris des mesures. Je dirais qu'on est gêné que par quelques rares avions plus bruyants, des problèmes d'environnement: ici, c'est l'écoulement des eaux pluviales.
Dans les grandes villes, il y a beaucoup plus à dire sur le bruit et les voisins qu'ici
Mon père est originaire du coin, et j'ai toujours connu l'aéroport.
Je sais qu'il va encore s'agrandir mais je n’ai pas d'inquiétude. Mes craintes, c'est la délinquance et éventuellement l'arrivée d'une gare.

Note de qualité de vie: 9.
Note gêne: 2.
Environnement: c'est bien ici: les bois, les champs, un bon bol d'oxygène
Originaire du site, l'aéroport fait partie intégrante de son cadre de vie (école, travail,).
Activité directement dépendante de l'aéroport
Bilan global cadre de vie positif :campagne, emploi, famille proche, pas de délinquance
Dénégation de toute difficulté liée à l'aéroport

   
   

6.2 Construction de l'indicateur de « territorialisation » TRT

   
   

variable

Acro nyme

facteurs

TRT
fort

TRT
moyen

TRT
faible

Individus

 

 

 

 

 

Entretien en couple ou individuel

 

Cpl= entretien en couple
Ind= entretien individuel

 

 

 

angoisse accident aérien

AAA

AAA1= fort sentiment de peur d’un crash très probable
AAA2= angoisse éventualité crash, souvenir Tupolev
AAA3= aucune inquiétude
AAA4= sans réponse

AAA1

 

 

négociations avec ADP

ADP

ADP1= relations positives avec ADP
ADP2= relations négatives avec ADP
ADP3= pouvoir absolu, pas de recherche de compromis
ADP4= isolation acoustique indemnisée
ADP5= sans réponse

ADP2, 3

 

 

animation/désertificat

ADS

ADS1= vie locale animée, taux d’équipement urbain satisf
ADS2= processus de désertification urbain réel
ADS3= crainte de désertification
ADS4= vie locale morne
ADS5= sans réponse

ADS1

ADS3, 4

ADS2

appr gle act aéroport

AER

AER1= l’aéroport est vital pour l’économie de la France
AER2= l’aéroport sauve l’emploi, développe la région
AER3= l’aéroport pervertit la région (afflux d’indésirables)
AER4= l’aéroport n’est qu’une source de nuis. environn.
AER5= l’aéroport constitue un pôle d’animation
AER6= l’aéroport est bien pratique pour voyager
AER7= sans réponse

AER4

 

 

âge

AGE

AGE1= jeunes
AGE2= matures
AGE3= vieux
AGE4= donnée manquante

AGE3

 

 

Appréciation de l’isolation acoustique

AIS

AIS1= très efficace
AIS2= efficace
AIS3= moyenne
AIS4= inefficace
AIS5= sans réponse

AIS4

 

 

Distance de l’aéroport

AKM

(valeurs réelles)

 

 

 

autoéval subj gêne/10
(variable LTE reconstruite pour Ipsha et Europsy)

ASG

ASG1= gêne maximale évaluée à 10
ASG2= gêne évaluée entre 9 et 7
ASG3= gêne évaluée entre 6 et 4
ASG4= gêne évaluée entre 3 et 1
ASG5= gêne minimale
ASG6= impossib à reconstruire

ASG1, 2

ASG3

ASG4, 5

augment du trafic aér

ATA

ATA1= augment du trafic aér insupp, de pire en pire, etc.
ATA2= réelle augment du trafic aérien
ATA3= inquiétude quant à l’augm future
ATA4= acceptation de l’augmentation du trafic aérien
ATA5= augmentation non-perçue, illusion d’une diminution
ATA6= sans réponse

ATA1, 2

 

 

Appréciation de la vie locale

AVL

AVL1= vie locale très appréciée
AVL2= vie locale appréciée
AVL3= vie locale moyennement appréciée
AVL4= vie locale peu appréciée
AVL5= vie locale pas du tout appréciée
AVL6= sans réponse

AVL1, 2

AVL3

AVL4, 5

bruit le plus gênant

BPG

BPG1= avions sans précision
BPG2= avions, pointes de bruit, décollages, vacances
BPG3= avions, fréquence/augmentation
BPG4= le Concorde
BPG5= avions la nuit
BPG6= autre source, humaine ou animale
BPG7= autre source, mécanique, moteurs
BPG8= sans réponse

 

 

 

Cadres moyens

CDR

CDR1= cadres moyens
CDR2= non cadres
CDR3= sans réponse

 

 

 

comment. Concorde

CNC

CNC1= Concorde triomphal, donne l’heure et sa rareté appr
CNC2= Concorde très beau mais très bruyant
CNC3= sans réponse

 

 

 

Perturbations de la communication

COM

COM1= perturbation de la parole ds le jardin ou la rue
COM2= perturbation de la parole à l’intérieur du logement
COM3= perturbation de la réception TV, son inaudible
COM4= perturbation de la TV, son et image
COM5= perturbation de la communic. uniqu. par Concorde
COM6= aucun pb de bruit d’avions
COM7= sans réponse

COM1

 

 

Degré de conscience politique du problème

CPP

CPP-1= forte conscience politique
CPP-2= moyenne conscience politique
CPP-= faible conscience politique

CPP-1

CPP-2

CPP-3

Catégories SocioProfessonnelles

CSP

CSP1= inactifs (retr, chôm, f. foyer)
CSP2= petit fonctionnaire, ouvrier
CSP3= employé bur, commerçant, technicien
CSP4= fonctionnaire, cadre moy
CSP5= prof libérale et assimilés
CSP6= cadre sup et assimilés
CSP7= sans réponse

 

 

 

durée de l'installation de l’interviewé dans son logement actuel

DIL

DIL1= moins d’un an
DIL2= de 1 à 3 ans
DIL3= de 3 à 5 ans
DIL4= de 5 à 10 ans
DIL5= de 10 à 20 ans
DIL6= de 20 à 30 ans
DIL7= plus de 30 ans
DIL8= sans réponse

DIL4 à 8

DIL2 et 3

DIL1

reconn diff types avions

DTA

DTA1= reconn. fine des diff. sonores entre les avions
DTA2= reconn. grossière (Airbus, vieux avions, Concorde)
DTA3= ne perçoit ou ne mentionne pas ces différences
DTA4= sans réponse

DTA1,2

 

 

état civil

ECV

ECV1= marié(e)
ECV2= concubins
ECV3= célibataire
ECV4= divorcé(e)
ECV5=veuf/ve
ECV6= sans réponse

 

 

 

Nombre d'enfants

ENF

Valeurs réelles ; 20=sans enfants ; 21=sans réponse

 

 

 

Appréciation globale de l’environnement
(y compris social)

ENV

ENV1= très positif
ENV2= positif
ENV3= moyen
ENV4= négatif
ENV5= très négatif
ENV6= sans réponse

ENV1, 2

ENV3

ENV4, 5

fonctionnaires

FON

FON1= fonctionnaires
FON2= non fonctionnaires
FON3= sans réponse

 

 

 

gêne décoll/atterr

GDA

GDA1= gêne décollages plus forte que gêne atterrissages
GDA2= gêne décollages équivalente gêne atterrissages
GDA3= gêne décollages moins forte que gêne atterrissages
GDA4= sans réponse

 

 

 

gêne saisonnière été/hiver

GSN

GSN1= gêne l’été sans précisions
GSN2= gêne l’été par ouverture impossible des fenêtres
GSN3= gêne l’été par augm. trafic et ouvert imposs fenêtres
GSN4= gêne l’été par augm. trafic et imposs utilis jardin
GSN5= pas de gêne particulière l’été
GSN6= sans réponse

GSN1

 

 

GT/dB= gêne trafic/dbA

GT/dB

GT/DB1= pas de dist. entre augm. trafic et intensité sonore
GT/DB2= l’augmentation du trafic est plus gênante
GT/DB3= l’intensité en dB(A) est plus gênante que le trafic
GT/DB4= sans réponse

 

 

 

habituation au br avion

HAB

HAB1= dit s’être habitué(e), sans précisions
HAB2= s’est habitué(e), mais en vacances remarque le stress
HAB3= ne s’habitue pas
HAB4= sans réponse

HAB3

HAB2

HAB1

Installation au bruit en connaissance de cause

ICC

ICC1= s’est installé là malgré le bruit des avions de l’époque
ICC2= s’est installé là en sous-estimant le br des av de l’ép.
ICC3= s’est installé là avant la construction de l’aéroport
ICC4= sans réponse

ICC3

 

 

imag chgt soc

ICS

ICS1= le progrès social est positif malgré tout
ICS2= le changement social est inquiétant
ICS3= le changement social est négatif, drogue, violence
ICS4= activisme contre immigrés, jeunes, SDF, etc.
ICS5= sans réponse

 

 

 

imag aviation

IMAV

IMAV1= image de l’aviation très positive en général
IMAV2= histoire de l’aviation seule très positive
IMAV3= image de l’aviat plutôt pos, utile personn
IMAV4= image de l’aviation indifférente en général
IMAV5= image de l’aviation négative à cause du bruit
IMAV6= sans réponse

 

 

 

réactions des personnes non-habituées au bruit des avions, ou réactions des interv. au retour de vacances

INV

INV1= des invités réagissent à du bruit que les int.. n’entendent plus
INV2= réhabituation nécéssaire après les vacances
INV3= sans réponse

INV1

 

 

Indic. Qual Vie (IQV)
(variable ipsha reconstruite pour doss LTE et europsy)

IQV

IQV1= très positif
IQV2= positif
IQV3= moyen
IQV4= négatif
IQV5= très négatif
IQV6= sans réponse

 

 

 

Isolation acoustique

ISA

ISA1= isolation acoustique existante
ISA2= isolation acoustique absente
ISA3= sans réponse

 

 

 

Taille du ménage

MEN

(nombre réél)

 

 

 

moteur modern moins br

MMM

MMM1= très positif (Airbus rien à voir avec Caravelle, etc)
MMM2= progrès positifs, mais survie vieux avions
MMM3= indifférence au thème des progrès des moteurs
MMM4= sans réponse

 

 

 

non-resp couloir aér

NRV

NRV1= couloirs, régl survols respectés sauf except
NRV2= couloirs, régl survols souvent transgréssés
NRV3= couloirs, régl survols caducs par augm trafic
NRV4= angle raide décollage très apprécié
NRV5= sans réponse

 

 

 

Statut d'occupation

OCC

OCC1=locataire
OCC2=propriétaire
OCC3= sans réponse

OCC2

 

OCC1

Origine urbaine/rurale

ORG

ORG1= origine urbaine
ORG2= origine rurale
ORG3= sans réponse

 

 

 

Récapitulation : Problème N°1

PB1

PB1-1= pb pointes bruit, pollut avions
PB1-2= pb augm fréqu avions et répercuss stress
PB1-3= pb mutat sociale nég, délinqu, dégrad relat
PB1-4= pb individuel/familial actuel
PB1-5= pb bruit/vibrat autre qu’avions
PB1-6= pb chômage, crise, avenir
PB1-7= pb dégrad cadre vie campagnard
PB1-8= aucun problème
PB1-9= sans réponse

PB-1

 

 

Récapitulation : Problème N°2

PB2

PB2-1= pb pointes bruit, pollut avions
PB2-2= pb augm fréqu avions et répercuss stress
PB2-3= pb mutat sociale nég, délinqu, dégrad relat
PB2-4= pb individuel/familial actuel
PB2-5= pb bruit/vibrat autre qu’avions
PB2-6= pb chômage, crise, avenir
PB2-7= pb dégrad cadre vie campagnard
PB2-8= aucun problème
PB2-9= sans réponse

PB-1

 

 

Récapitulation : Problème N°3

PB3

PB3-1= pb pointes bruit, pollut avions
PB3-2= pb augm fréqu avions et répercuss stress
PB3-3= pb mutat sociale nég, délinqu, dégrad relat
PB3-4= pb individuel/familial actuel
PB3-5= pb bruit/vibrat autre qu’avions
PB3-6= pb chômage, crise, avenir
PB3-7= pb dégrad cadre vie campagnard
PB3-8= aucun problème
PB3-9= sans réponse

PB-1

 

 

peur délinquance

PDL

PDL1= subi personnell. agression, cambriol.
PDL2= peur montée délinquance réelle, drogue, bandes
PDL3= peur montée sentiment d’insécurité
PDL4= activ aéroport crée popul. à problèmes
PDL5= peur de l’activisme anti-délinquance
PDL6= pas de pb de délinquance
PDL7= sans réponse

PDL6

 

 

peur perte financ

PPF

PPF1= perte valeur immob. estimée entre 31-50%
PPF2= estimée entre 21-30%
PPF3= estimée entre 10-20%
PPF4= pas de perte valeur immob, revente facile
PPF5= sans réponse

 

 

 

parcours rés

PRS

PRS1= enfance dans la région de l’aéroport
PRS2= vient de province, origine rurale
PRS3= vient de province, origine urbaine
PRS4= vient de Paris intra-muros
PRS5= vient de la banlieue, maison individuelle
PRS6= vient de la banlieue, HLM
PRS7= vient d’un habitat précaire (caravane)
PRSsr= sans réponse

PRS1

PRS5

 

résident captif/passage

RCP

RCP1= captif
RCP2= passage
RCP3= hésite à partir
RCP4= sans réponse

RCP1

 

RCP3

raison donnée pour l’installation

RDI

RDI1= enfance, racines, parents sur place
RDI2= profiter d’une bonne occasion immobilière
RDI3= proximité du lieu de travail
RDI4= mutation (enseign, admin, entrepr)
RDI5= trouver le bon air et le calme de la campagne
RDI6= fuite du stress parisien
RDI7= solution d’urgence en attente
RDI8= sans réponse

RDI1

 

 

rang du bruit des avions parmi les sources de gêne

RNG

RNG1= rang 1
RNG2= rang 2
RNG3= rang 3
RNG4= sans réponse

RNG1

RNG2

RNG3

résid second= fuite br

RSF

RSF1= la résidence second permet de fuir le bruit, le stress
RSF2= la rés second est indépendante du bruit, du stress
RSF3= pas de résidence secondaire ni possibilité
RSF4= sans réponse

 

 

 

sexe

SEX

SEX1= femme
SEX2= homme
SEX3= couple

 

 

 

perturbat sommeil

SOM

SOM1= très forte pertub noct, effets négatifs sur la santé
SOM2= réveils, sommeil perturbé sans précisions
SOM3= avions réveillent le matin tôt seulement
SOM4= boules Quiès, fermeture fenêtres
SOM5= sommeil perturbé par jeunes, camions, pas avions
SOM6= pas de problème de sommeil
SOM7= sans réponse

 

 

 

type de gêne face aux avions, et attitude consciente exprimée par l’interviewé

TGA

TGA1= gêne :augmentation gle du bruit, du trafic
TGA2= gêne : augment. bruit saisonnier, ou selon le vent
TGA3= gêne : invalidation du jardin malgré isolat. acoust.
TGA4= gêne : aff subjective, interrupt communication
TGA5= gêne : mutation sociale, délinqu. plus gênants qu’avions
TGA6= gêne : voisins, odeurs, route, etc. plus gênants qu’avions
TGA7= gêne : acceptée contre avantages (trav, logt, etc)
TGA8= gêne nocturne, non respect couloirs de vol
TGA9= sans réponse

TGA1, 3

 

TGA5,6

type d'habitat

THB

Pav= pavillon
Apt= appartement
Mvl= maison de ville
HLM= HLM

 

 

 

Territorialisa-tion : sentiment d’appartenn. locale

TRT

TRT-1= forte territorialisation
TRT-2= moyenne terr
TRT-3= faible terr

TRT-1

TRT-2

TRT-3

Toutes sources de gêne mentionnées par l’interviewé (y compris social), sans hiérarchis

TSG

TSG1= bruit des avions
TSG2= bruit des avions, et retombées de kérosène
TSG3= bruit des avions, et bandes de jeunes
TSG4= bruit des avions, et bruit routier
TSG5= bruit des avions, et mauvais voisinage
TSG6= trois sources de gêne, dont avions
TSG7= autres sources de gêne
TSG8= sans réponse

TGS1

 

 

vie de loisirs= fuite br

VLF

VLF1= la vie de loisirs permet de fuir le bruit, le stress
VLF2= la vie de loisirs est indépendante du bruit, du stress
VLF3= pas de vie de loisirs
VLF4= sans réponse

VLF1

 

 

   
   

   
   

6.3 Construction de l'indicateur de de qualité de vie « IQV »

   
   

Satisfaction/Insatisfaction concernant l'existence actuelle (interprétatif)

champ existentiel

instance

b- la bonne ou mauvaise situation psychologique et somatique

Individu

c- la réalisation dans le logement actuel.

Individu

e- la satisfaction ou l'insatisfaction quant à l'évolution des enfants;

Famille

f- l'ambiance familiale étendue (collatéraux, ascendants, belle-famille).

Individu

h- le degré de réalisation dans la trajectoire personnelle et le travail

Société

i- l'attitude envers le changement social en général;

Société

j- le degré de réalisation dans la vie de loisir, la nature;

Environnement

k- l'intégration à la vie du voisinage ou à l'image du quartier

Environnement

   
   

   
   

6.4 Recodage de l'identité des 84 interviewés

   
   

Origine du dossier

Sigle d'origine

Identité recodée
selon les sites d'enquête

 

 

 

eur01

 

MAm01

eur02

 

MAm02

eur03

 

MAm03

eur04

 

MAm04

eur05

 

Gouss01

eur06

 

Gouss02

eur07

 

Gouss03

eur08

 

Iver01

eur09

 

Gon01

eur10

 

Gon02

eur11

 

Gon03

eur12

 

Gon04

eur13

 

MAub01

eur14

 

MAub02

eur15

 

MAub03

eur16

 

StM01

eur17

 

StM02

eur18

 

StM03

eur19

 

Mont01

eur20

 

Mont02

eur21

 

Mont03

eur22

 

Sann01

eur23

 

Sann02

eur24

 

Bull01

eur25

 

Bull02

eur26

 

Bull03

ips01

Bul01

Bull04

ips02

Bul02

Bull05

ips03

Bul03

Bull06

ips04

Bul04

Bull07

ips05

VSG01

VSG01

ips06

VSG02

VSG02

ips07

VSG03

VSG03

ips08

VSG04

VSG04

ips09

Gonn01

Gon05

ips10

Gonn02

Gon06

ips11

Gonn03

Gon07

ips12

Gonn04

Gon08

ips13

Goussvill01

Gouss04

ips14

Goussvill02

Gouss05

ips15

Iverny01

Iver02

ips16

Iverny02

Iver03

ips17

Iverny03

Iver04

ips18

StMard01

StM06

ips19

StMard02

StM07

ips20

StMard03

StM08

ips21

StMard04

StM09

ips22

Montmor01

Mont04

ips23

Montmor02

Mont05

ips24

Montmor03

Mont06

ips25

Sannois01

Sann03

ips26

Sannois02

Sann04

ips27

LMnilAm01

MAm05

ips28

LMnilAm02

MAm06

ips29

LMnilAu01

MAub04

ips30

LmnilAu02

MAub05

LTE01

 

StM10

LTE02

 

StM11

LTE07

 

StM12

LTE08

 

StM13

LTE03

 

MAm07

LTE04

 

MAm08

LTE05

 

MAm09

LTE06

 

MAm10

LTE09

 

Iver05

LTE10

 

Iver06

LTE11

 

Iver07

LTE12

 

MAub06

LTE13

 

MAub07

LTE14

 

MAub08

LTE15

 

MitMor01

LTE16

 

MitMor02

LTE19

 

Gouss06

LTE20

 

Gouss07

LTE21

 

Gouss08

LTE22

 

Gouss09

LTE23

 

Deuil01

LTE24

 

Roiss01

LTE25

 

Roiss02

LTE26

 

Mont07

LTE27

 

Mont08

LTE28

 

Gon09

LTE29

 

Gon10

LTE30

 

Gon11

   
   

   
   

6.5 Variables présentes dans les trois groupes de l'ACP (actives et passives) (Chi-2 significatifs uniquement)

   
   

variable

Acronyme

GROUPE
A

GROUPE
B

GROUPE
C

âge

AGE

 

 

AGE2= matures

autoéval subj gêne/10
(variable LTE reconstruite pour ipsha et europsy)

ASG

 

ASG1= gêne maximale évaluée à 10

 

augment du trafic aér

ATA

ATA6= sans réponse

 

 

bruit le plus gênant

BPG

BPG7= autre source, mécanique, moteurs
BPG8= sans réponse

BPG1= avions sans précision
BPG2= avions, pointes de bruit, décollages, vacances
BPG4= le Concorde

BPG3= avions, fréquence/augmentation
BPG5= avions la nuit
BPG6= autre source, humaine ou animale

Perturbations de la communication

COM

COM5= perturbation de la communic. uniqu. par Concorde

COM1= perturbation de la parole ds le jardin ou la rue
COM2= perturbation de la parole à l’intérieur du logement
COM7= sans réponse

COM3= perturbation de la réception TV, son inaudible
COM6= aucun pb de bruit d’avions

durée de l'installation de l’interviewé dans son logement actuel

DIL

 

 

DIL5= de 10 à 20 ans

reconn diff types avions

DTA

DTA3= ne perçoit ou ne mentionne pas ces différences

DTA2= reconn. grossière (Airbus, vieux avions, Concorde)

DTA4= sans réponse

Appréciation globale de l’environnement
(y compris social)

ENV

 

ENV4= négatif

 

GT/dB= gêne trafic/dbA

GT/dB

GT/DB4= sans réponse

GT/DB1= pas de dist. entre augm. trafic et intensité sonore
GT/DB2= l’augmentation du trafic est plus gênante

GT/DB3= l’intensité en dB(A) est plus gênante que le trafic

habituation au br avion

HAB

HAB1= dit s’être habitué(e), sans précisions

 

 

réactions des personnes non-habituées au bruit des avions, ou réactions des interv. au retour de vacances

INV

 

INV1= des invités réag à du br que les int. n’entend. plus

INV2= réhabituation nécéss après les vacances
INV3= sans réponse

Taille du ménage

MEN

 

MEN=2 personnes

 

Récapitulation : Problème N°1

PB1

PB1-5= pb bruit/vibrat autre qu’avions
PB1-8= aucun problème
PB1-9= sans réponse

PB1-1= pb pointes bruit, pollut avions
PB1-2= pb augm fréqu avions et répercuss stress
PB1-3= pb mutat sociale nég, délinqu, dégrad relat

PB1-7= pb dégrad cadre vie campagnard

rang du bruit des avions parmi les sources de gêne mentionnées

RNG

RNG3= rang 3

RNG1= rang 1

RNG2= rang 2

perturbat sommeil

SOM

SOM3= avions réveillent le matin tôt seulement

SOM2= réveils, sommeil perturbé sans précisions

SOM1= très forte pertub noct, effets négatifs sur la santé
SOM5= sommeil perturbé par jeunes, camions, pas avions
SOM6= pas de pro­blème de sommeil

Territorialisation : sentiment d’appartenanve locale, lié à la qualité de certains attributs du cadre de vie

TRT

 

TRT-3= faible terr

 

Toutes sources de gêne mentionnées par l’interviewé (y compris social), sans hiérarchis

TSG

TSG4= bruit des avions, et bruit routier
TSG5= bruit des avions, et mauvais voisinage
TSG7= autres sources de gêne

TSG1= bruit des avions
TSG2= bruit des avions, et retombées de kérosène

TSG3= bruit des avions, et bandes de jeunes
TSG6= trois sources de gêne, dont avions

vie de loisirs= fuite br

VLF

 

VLF1= la vie de loisirs permet de fuir le bruit, le stress

VLF2= la vie de loisirs est indépendante du bruit, du stress
VLF3= pas de vie de loisirs